‹ Les minutes libertinesChapitre 18 sur 154 · MARINE D'ÉTÉ · texte numérisé non relu

MARINE D'ÉTÉ

Cas étrange et des moins fréquents, Alphonse était encore un être Aussi pur que qui vient de naître, Bien qu'il eût déjà vingt-cinq ans.

Il fût sorti du séminaire La veille qu'il n'eut pas été Plus parfait en viro'inité.

N'est-ce pas extraordinaire":' Or, récemment, ce coquebin.

Plus bête, avouons-le. qu'une oie.

Sans soupçonner que l'on s'y noie.

A la mer s'en fut prendre un bain.

C'était, sur la côte normande.

Un lieu désert plein de danger.

(Lorsque Ton ne sait pas nager, A'a-t-on là, je vous le demande?; Se voyant seul, il laissa choir Tous ses vêtements sur le sable.

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Et. dans un dessein saisissable,

Fit un pagne de son mouchoir.

Maigre de jambes, court de torse

A provoquer le quolibet,

Au grand soleil il exhibait

Une académie un peu torse.

Mais il n'était point de baigneur

Pour se moquer de sa structure ;

Nul (éil en ce coin de nature.

Sauf l'œil indulgent du Seigneur.

De sorte que, sans trop de crainte,

Ce mâle pudique et falot

Marcha jusqu'à ce que du Ilot

11 sentît la mouvante étreinte.

Et dans les vagues du jusant.

Dont chaque gifle vous suiïoque,

A la façon d'un jeune phoque

Il s'ébrouait en s'amusant.

Mais, voilà que l'espiègle Alphonse

Vint à perdre pied brusquement,

Et disparut dans le moment.

En criant : •< J'enfonce! J'enfonce! •>

Par bonheur, derrière un rocher.

Une pêcheuse à la crevette.

Qui drainait la vaste cuvette,

L'entendit, et sut s'approcher

Assez vite du nicodème

Pour pouvoir, d'un poignet nerveux,

Le retirer, par les cheveux,

Des eaux de ce mortel baptême.

MARINE DÉTK 3$

l^uis, le serrant sur ses appas Solides de fille sauvao-e.

Elle avait atteint le rivage.

Quand, crac ! elle fil un faux pas.

Et tomba si bien sous Alphonse Que, pris d'un vertige inconnu.

Le garçon, à lui revenu, Cria de plus belle : « J'enfonce ! ■

C'est ainsi qu'en un même jour

I Un jour que bienheureux je nomme)

Ce mélancolique jeune homme

PRESTiriE DES PROVERBES

Sur la pelouse du vieux parc,

Tout autour de la longue tente,

L'assemblée était dansTattente

Du Concours des Tireurs à TArc.

Le Maître de Cérémonie

Allait donner le son de cor ;

Mais il vit qu'il manquait encor

Une dernière compagnie.

11 cria que tout était prêt,

El que, si la retardataire

Passait riieure réglementaire,

Sans elle Ton commencerait.

Pour tuer le temps, dans les groupes,

Des archers on citait les noms,

Et Ton commentait les pennons

Qui ilottaient au vent sur leurs troupes.

Des antiques sociétés

Clinrime. selon sa manière.

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