MARINE D'ÉTÉ
Cas étrange et des moins fréquents, Alphonse était encore un être Aussi pur que qui vient de naître, Bien qu'il eût déjà vingt-cinq ans.
Il fût sorti du séminaire La veille qu'il n'eut pas été Plus parfait en viro'inité.
N'est-ce pas extraordinaire":' Or, récemment, ce coquebin.
Plus bête, avouons-le. qu'une oie.
Sans soupçonner que l'on s'y noie.
A la mer s'en fut prendre un bain.
C'était, sur la côte normande.
Un lieu désert plein de danger.
(Lorsque Ton ne sait pas nager, A'a-t-on là, je vous le demande?; Se voyant seul, il laissa choir Tous ses vêtements sur le sable.
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Et. dans un dessein saisissable,
Fit un pagne de son mouchoir.
Maigre de jambes, court de torse
A provoquer le quolibet,
Au grand soleil il exhibait
Une académie un peu torse.
Mais il n'était point de baigneur
Pour se moquer de sa structure ;
Nul (éil en ce coin de nature.
Sauf l'œil indulgent du Seigneur.
De sorte que, sans trop de crainte,
Ce mâle pudique et falot
Marcha jusqu'à ce que du Ilot
11 sentît la mouvante étreinte.
Et dans les vagues du jusant.
Dont chaque gifle vous suiïoque,
A la façon d'un jeune phoque
Il s'ébrouait en s'amusant.
Mais, voilà que l'espiègle Alphonse
Vint à perdre pied brusquement,
Et disparut dans le moment.
En criant : •< J'enfonce! J'enfonce! •>
Par bonheur, derrière un rocher.
Une pêcheuse à la crevette.
Qui drainait la vaste cuvette,
L'entendit, et sut s'approcher
Assez vite du nicodème
Pour pouvoir, d'un poignet nerveux,
Le retirer, par les cheveux,
Des eaux de ce mortel baptême.
MARINE DÉTK 3$
l^uis, le serrant sur ses appas Solides de fille sauvao-e.
Elle avait atteint le rivage.
Quand, crac ! elle fil un faux pas.
Et tomba si bien sous Alphonse Que, pris d'un vertige inconnu.
Le garçon, à lui revenu, Cria de plus belle : « J'enfonce ! ■
C'est ainsi qu'en un même jour
I Un jour que bienheureux je nomme)
Ce mélancolique jeune homme
PRESTiriE DES PROVERBES
Sur la pelouse du vieux parc,
Tout autour de la longue tente,
L'assemblée était dansTattente
Du Concours des Tireurs à TArc.
Le Maître de Cérémonie
Allait donner le son de cor ;
Mais il vit qu'il manquait encor
Une dernière compagnie.
11 cria que tout était prêt,
El que, si la retardataire
Passait riieure réglementaire,
Sans elle Ton commencerait.
Pour tuer le temps, dans les groupes,
Des archers on citait les noms,
Et Ton commentait les pennons
Qui ilottaient au vent sur leurs troupes.
Des antiques sociétés
Clinrime. selon sa manière.