MOYRNS DE PAU V EN TU
Chez le tailleur le plus idoine
Je sus obtenir du crédit.
Et par mes cravates, mes ganses,
Mes chapeaux, mes gilets divins.
En fort peu de temps je devins
Un arbitre des élégances.
J'eus grand succès dans les salons.
Grâce au tact de ma culottière ;
Et je conquis une héritière
Par le chic de mes pantalons. »
11 se tut, et l'autre 'une dame.
Dont on ignorait le passé.
Mais dont le luxe était classé^
Dit alors : « Comme le vidame,
Je n'étais, quand j'ai débuté,
J'en jure, ni plus ni moins riche
Qu'un militaire de TAutriche ;
Et, même, j'étais sans beauté !
^lais, — et vcûci la dilTérence, —
Tandis que monsieur s'argenta
Simplement parce qu'il porta
Les plus beaux pantalons de France.
Moi, je le confesse tout bas.
Si je fis assez tôt fortune,
C'est que, ruse très opportune,
Mes amis, je n'en portai pas... •>
(fMMA MECi'M POHTO.
Dans une campagne discrète, L'n chirurgien de Paris, Ayant fait fortune, avait pris Ses derniers quartiers de retraite.
Or. avide disolement, D'oubli, de repos, de mystère, Une doyenne de Cythère S'éteignait là. pareillement.
Aussi, sans peine on conjecture Qu'en ce tout petit Sahara Le chirurgien rencontra Cette ex-Phryné de préfecture.
Mais, si le ci-devant saigneur, Pour animer sa solitude.
De la voir acquit Thabitude, Ce fut en tout bien tout honneur.
Selon la coutume tracée, Leur prime conversation
OMXIA MECUM l'OnTd... (.M
Roula sur la profession
Que chacun avait exercée.
«< J'eus dans la mienne peu d'entrain.
Car elle était peu ragoûtante,
Et c'est peu de gens qu'elle tente, >
Dit l'émule de Dupuvtren. -
« La mienne n'a pas de quoi plaire
Davantage, ^> dit, à son tour,
L'ancienne vendeuse d'amour.
<( On n'y vole point son salaire 1
Cependant, je n'y boudais pas;
Et, supérieure à telle ou telle,
De plus d'un de ma clientèle
Je sus avancer le trépas. >•
— « Etiez-vous donc de ma partie ?
iSloi, j'étais bourreau de la chair... »
— « Et moi, son délice, mon cher.
En dépit de ma modestie ! »
— a Pour ne pas entendre gémir Mes patients, moi, charitable.
Je les endormais sur la table. »
— " Moi, j'opérais sans endormir. •
— « Jai fait rien qu'en une journée Jusqu'à truis opérations ! ><
— « Moi, malgré mes répulsions, Jen ai fait mille par année! »
— (• Oui, mais il manquait d'agréments. Ce métier-là, je le répète...
Enfin, sans tambour ni trompette, J'ai vendu tous mes instruments I »
— « Assurément, c'était d'un sage.
Moi, je n'ai pas su le moyen.
Hélas! de vendre aussi le mien...
D'ailleurs, il était hors d'usage ! »
ALLÉ(tORIE
Souvent, la force d"un exemple A nous convaincre réussit Mieux que cent discours. Ce récit Le proi\ve sans débat plus ample.
Pour bien employer ses moments Va que sa recette, je pense, Couvrît rondement sa dépense, l'ne fille avait deux amants.
S'io-norant l'un l'autre, ces hommes Croyaient, chacun de son côté, A sa stricte fidélité, Et lui donnaient de fortes sommes.
Lecteurs, vous êtes convaincus Qu'ainsi plus d'une femme triche ; Et la nôtre était déjà riche, Grâce à sa couple de rocus.
LES MIMTKS UBP:RTINE.S
Pourtant, elle eût causé sa perte, Comme tant d'autres, à ce jeu ; Mais à jongler avec le feu Plus qu'une autre elle était experte Et, dans l'occurrence, elle put, Tant elle fut maîtresse d'elle.
Mettre à la hauteur d'un modèle Mon axiome du début.
Mais je crois bien que j'anticipe, Et ce n'est pas du tout mon fait.)
11 advint qu'un jour, en effet,
Les deux gars, qui. dans le principe,
Ne s'étaient point vus nez à nez,
Se rencontrèrent à la porte
De la fdle, et, diable m'emporte!
En furent assez étonnés.
Mais leur surprise fut plus nette
Et leur soupçon s'accrut encor
Quand leurs mains, d'un commun accord.
Mirent en branle la sonnette.
La belle, à ce point, descendit.
Et, les voyant pâles de rage,
Fit appel à tout son courage
Pour narguer ce hasard maudit.
Elle songea q«ie le cynisme
Est l'attitude qui convient,