‹ Les minutes libertinesChapitre 37 sur 154 · FANNY BATEAU · texte numérisé non relu

FANNY BATEAU

N'oiis la jettent sur le gazon, Sans avoir égard à ses larmes, Et... (Mais, ce qui put se passer, Je ne saurais, en celtuy conte.

Mesdames, vous en rendre compte, Sans risquer de vous offenser ; Car ce que fit à la pauvrette Ce quatuor surexcité Ne peut s'écrire, en vérité!...

Croyez bien que je le regrette.

Quand elle revint au château,

Le dîner était sur la table.

Oh 1 sous quel aspect lamentable

Elle apparut, Fanny Bateau !...

Ah! de feu Gabriel Vicaire

Que n"ai-je aux doigts, en ce moment.

La plume dont Tesprit charmant

Nous ravissait encor naguère !

Quels jolis accents désolés

Je trouverais, alors, pour dire

L"air égaré de la martyre,

Ses blonds cheveux tout emmêlés.

Sa coquette jupe de laine

Si laidement mise en lambeaux

Par ces quatre cruels corbeaux,

Et l'horreur de la châtelaine

Et de tous les gens du château,

Voire même du petit singe,

En voyant, blanche comme linge,

Celle trisle Fanny Bateau!

Comme elle était toujours en larmes

El ne cessait de frissonner,

Sa maîtresse lui fit donner

De l'eau de mélisse des Carmes...

C'était un remède à propos

Et qui raviva ce pauvre être,

Ainsi que cela put paraître,

Quand elle eut pris quelque repos.

Eulin. la noble châtelaine,

La sachant en meilleur étal,

Obtint d'elle qu'elle contât

Son aventure, d'une haleine.

Donc, elle dit combien de fois

Celte vile troupe acharnée

L'avait sans pitié bâillonnée

Afin de la rendre sans voix,

Et la féroce frénésie

Dunt elle avait été l'objet...

Tant que la dame en enrageait

Et gronda, dans sa jalousie :

. On t'a fait, de quoi te plains-tu?

Plus de bien en une journée

Qu'on n'en fait en toute une année,

Hélas ! aux femmes de vertu ! »

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