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LE CHAPEAU DU FERMIER

Non un cours de littérature.

Mais bien des récits polissons.

Dimag'ination modeste.

Parfois j'appelle à mon secours Les conteurs des défuntes cours, Vous le savez déjà de reste.

Et, précisément, ce Maynard, Autre diseur de riens futile, Ce soir, va m'être très utile Par quelque huitain goguenard.

Duquel je prétends, là. sans honte, Messieurs, pour votre amusement, Tirer le développement D'un inoiTensif petit conte.

Certain moderne châtelain,

Passant sur son noble domaine

Son inspection de semaine.

Fit la rencontre d'un vilain,

Ou, plutôt, — car trop archaïque

Est ce mot-là! -- d'un sien fermier.

Qui, ce jour-là. comme cimier,

Portait la coifiure laïque

Qu'on appelle le chapeau haut.

En dépit de toute euphonie.

A sa vue, avec ironie.

Le fier châtelain dit : " Ho! ho !

Pars-tu pour lamoureuse fraude ?

Que te voilà, mon cher garçon,

Coiffé de galante façon !

Voyez cette mine faraude!

Çà! dis-moi vite, vieux renard,

Serait-ce, aujourd'hui, jour de fête ?

Et qui donc t'a mis sur la tête

Ce beau couvre-chef de cornard ?

Hé?. .. Réponds, voyons ! Pourquoi faire

Cet œil-là, rond comme un écu?

D'oii vient ce chapeau de cocu

Qui te vaut cet air conifère ? >^

Alors, confus, le paysan

Lui répliqua: <c Monsieur, bédame !

C'est un des vôtres, dont madame,

Hier matin, ma fait présent. »

RÉCrDIVISïES

Au dire de l'esprit grognon, Le mariage n'est qu'un bagne, Dans lequel l'iiomnie à sa compagne Et la femme à son compaq-non Vont, liés par la même chaîne Et traînant le même boulet, Sans cet espoir — où se complaît Le forçat — de fuite prochaine.

La chose étant, le célibat Devrait compter bien plus d'adeptes Et nous sommes vraiment ineptes De nous charger du mauvais bat De l'union dite légale.

Si valable est l'opinion Courante que cette union Est pire même que la gale.

Alors, pourquoi voit-on tel veuf, Et pourquoi voit-on telle veuve.

Après une si rude épreuve.

Se rebàter ^aimeni de neuf?

Eh! oui. pourquoi, s'il vous plaît, llierbe

N'ayant pas même encore crû

Dun pouce sur le disparu.

L'autre convole-t-il?... Malherbe

Rimait pour un déparié

Un poème de circonstance:

Mais, avant la troisième stance.

Son veuf était remarié!...

Quel est donc cet épais mystère ?

D'où vient qu'on retourne, content,

A l'hymen, puisque Ion prétend

Qu'il procure l'enfer sur terre?

Pourquoi, s'il n'est de joie empli,

L'homme en est-il enthousiaste?

Suffit-il que TEcclésiaste

Ait dit. comme on sait : J'x soU !

Certes, c'est là de quoi confondre

Le plus subtil entendement!

A la question clairement,

Pour moi. je ne saurais répondre.

Il, est des choses, ici-bas.

Même en dehors du mariage,

Qui provoquent le verbiage,

Et que l'on ne s'explique pas.

Mais, ces problèmes en souffrance,

Obscurs autant que du sanscrit.

Toujours par quelque mot d'esprit

On a su les résoudre en France.

RECIDIVISTES

F,t sur mon sujet, de ce train, Jen vais fournir ce témoignage

De son troisième mariage

A son camarade, un marin,

Un homme, un jour, faisait l'annonce.

Ce marin dit : < J'en perds la voix!

Quoi donc ! une troisième fois

Vous vous mariez? Je renonce

A vous croire sage et prudent !

Deux fois, passe! mais, la troisième!... »

— « Bah! » répondit l'autre, « vous-même

Qui me tancez, mon commandant,

Vous allez avoir le courage

De prendre encore un coup la mer ;

Et pourtant, souvenir amer,

Vous avez fait deux fois naufrage. »

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