‹ Les minutes libertinesChapitre 75 sur 154 · UN MICROBE · texte numérisé non relu

UN MICROBE

Pour la prendre il est trop chrétien

Sans une dispense du Pape 1

Ah! mes amis, le bon billet !

Ah ! le bon billet qu'a La Châtre !

Le cousin, il faut qu'on le chaire!

Je le dis net en ce feuillet.

Car, astucieux et volap^e

Sous son air bénin de marmot,

Il est, pour tout dire d'un mot,

Le microbe du pucelage!

Ce n'est, d'abord, qu'un jeu d'enfants :

Petit mari, petite femme...

Mais il est peu de jeux, Madame,

Que celui-là plus échauffants.

Il commence très platonifjue,

Et n'offense point la vertu :

Puis, tout d'un coup, turlututu !

Il fait à la vertu la nique.

Et voici que, sans trop savoir

Comment la chose a pu se faire,

La cousine, hélas! quelle affaire !

Perd... la notion du devoir.

Et sort du bel état de vierge

Comme or boirait un verre d'eau,

Et sans plus d'effort qu'un bedeau

N'en fait, lui, pour soufUer un cierge î...

Dès lors, qui devient circonspect?

C'est le cousin, le presque frère !

Et c'est la cousine, au contraire,

Qui ne veut plus de son respect

Et désire que ce coq ose Recommencer sur nouveaux frais Et j'écris ce qui suit exprès Pour les besoins de celte cause.

Donc, un cousin s'était glissé Dans la chambre de sa cousine.

La mère, en la chambre voisine, Dormait en rêvant au passé...

Sans doute, par peur du scandale, La fille, en cette extrémité, Laissa s'étendre à son côté Le précoce et hardi vandale.

Disons, du reste, à son honneur Qu'elle ne croyait point le lâche Capable d'assumer la tâche Du haïssable rançonneur.

Pourtant, déception amère.

Il agit si mal, le bandit.

Que, très sincère, elle lui dit :

« Je m'en vais appeler ma mère!

Mais, aussitôt, pour l'apaiser Et, pour la réduire au silence, Ce cousin plein de violence Lui fit un bâillon d'un baiser.

Et qu'arriva-t-il? J'en ai honte!

Il agit si bien, cette fois, Que, perdant tout à fait la voix, La cousine y trouva son compte.

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Or, comme, chez lui, le désir, Dès la troisième ritournelle, Ne battait plus, même d'une aile, Mais qu'elle gardait au plaisir Une aptitude exorbitante, A son tour, le rusé garçon Lui dit, pour clore la leçon :

(( Je m'en vais appeler ma tante !

LU

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