SCÈNE IV
Les Mêmes, MIRABEAU.
MI.RABEAl', cunduit par Germain, parait au fonda droite et, doucement, tête nue, respectueux, s'avance vers le marquis.
Il est surtout, ayant durement expié les folies de sa jeunesse, respectueux devant son seul maître, son père!...
LE MAUQriS, au bailli.
C'est toi qui... Ah! tu me le paieras... (Haut, à Mirabeau.) Ah! c'est vous, monsieur l'agitateur. Eh bien! depuis nos dernières rencontres qu'êtes-vous devenu?
Un homme !
LE MARQUIS
Vous bouleversez le monde, parait-U?
MIRABEAU, un genou en terre.
Et je m'agenouille devant vous.
LE BAILLI
Tu vois, il s'adoucit !
LE MARQUIS
Il est bon de montrer du respect, monsieur, quoiqu'il vienne un peu tard.
JII R A B E A U .
Une main tendue jadis et, comme aujourd'hui, je tombais à vos pieds!
LE BAILLI
Qu'en dis-tu?
LE MARQLIS.
Ah !... il sait bien comment on me prend!
LE BAILLI, à part.
On te prend par toi-mùme!
MIRABEAU, se levant.
Si VOUS saviez ce que j'ai souffert!
LE MARQLIS.
La misère ne fait pas qu'on écrive... quand on porte notre nom, des livres inavouables!...
MIRABEAU, allant au fond prendre des mains de Germain un volume que celui-ci apporte.
En voici un, plus sérieux, plus digne de vous et de moi, et que j'ai pris la permission de vous dédier...
LE MARQUIS
A moi?... ça?...
Oui, ù vous, le profond pens&ur, le philosophe qui a toujours combattu pour le progrès!
HENRIETTE, bas, montrant le marquis.
Il est ému!
LE BAILLI, mèine jeu.
U est flatté!...
A vous dont la vie entière donne raison à mes révoltes!... Car vous avez voulu être l'ami des hommes et les rois pour vos écrits vous ont emprisonné.
LE MARQUIS
Parfaitement... A Vincennes!
Comme moi !
On v est mail
LE MARQUIS