ACTE CINQUIÈME
JLLIE.
Allons donc! Est-ce qu'on se tue quand on est aimée!... Ce sont les autres qui meurent, mais elles meurent vengées. (Elle agite le papier qu'elle a pris dans le chiffonnier.; Et
voilà ma vengeance ! Elle est hideuse, mais on ne choisit pas.
HENRIETTE, lui prenant le papier d'un mouvement violent.
Ahi... je l'ai!... Maintenant vous, êtes désarmée!
Elle court rapidement à gauche vers le brûle-parfums et va y jeter la lettre. Julie, bondissant, lui saisit le bras et l'arrête.
JULIE
Rendez-moi cette lettre !
HENRIETTE
Je suis forte aussi, vous ne l'aurez pas !
JULIE
Rendez-moi cette lettre!
HENRIETTE
Vous me faites mal... Ah! misérable, vous me faites mal!
JULIE
Rendez-moi cette lettre!
HENRIETTE
Jamais ! (Elle se dégage violemment de l'étreinte de Julie, regarde le brûle-parfums dont elle est trop éloignée, et apercevant la fenêtre ouverte.) Ah! la fenêtre! (Elle court pour jeter le papier qu'elle veut déchirer, Julie, toujours rapide, la rejoint d'un élan. Les deux femmes sont au fond, devant la fenêtre sur le balcon.) Là... dans
l'eau !... Vous ne l'aurez pas!
Ah! cette lettre! cette lettre!...
Elle tord le poignet d'Henriette qui. sur le balcon, crie. HENRIETTE.
A moi!... A l'aide!... Au secours!...
JULIE
Ah! mais, tais-toi, tais-toi donc! malheureuse! Tais-toi pour toujours!
Elle le repousse, veut tout à la fois lui reprendre la lettre et lui fermer la bouche. Henriette, le dos appuyé contre le balcon, tombe. On entend, avec un cri aigu, le bruit d'un corps tombant dans l'eau.
HENRIETTE
Ah !... miser...