‹ Les mirabeauChapitre 129 sur 131 · ACTE CIiNQL'IÉME · texte numérisé non relu

ACTE CIiNQL'IÉME

Moi qui, seul, ici, ai le droit de châtier et qui vais punir!

JULIE, allant à Mirabeau perdu, comme évanoui devant le cadavre d'Henriette.

Ail! mais j'ai tué ton Henriette! Je l'ai tuée ! je l'ai tuée ! Frappe-moi donc, toi, Mirabeau!

VALRAS.

Julie Valras!... Devant cette martj're, je pourrais vous tuer, vous ayant condamnée dans ma conscience! J'aime

mieux... (ll s'approche du brûle-parfums à qui il présente le manche du poignard de Mirabeau en le tenant par la lame.) tiens... te

marquer d'un signe ineffaçable .. Oui, là, au front de la fleur de lis dont on marque les forçats sur l'épaule, afin que tu te caches désormais sous le voile des recluses ou que tu promènes sous le dégoût le stigmate de ton infamie .

Il s'avance, droit, impassible vers Julie qui recule. JULIE.

Ah! non!... non!... La mort! Tuez-moi! Mais la brûlure dans la chair! Pas cela! pas cela! Je l'ai vu! Grâce! grâce! Pardon!

VALRAS.

Il n'}" avait qu'un être ici qui eût pardonné... cette enfant... Priez, suppliez, appelez, vous l'avez tuée!

Valras saisit Julie et la marque au front d'une fleur de lis entre les deux yeux.

JULIE, poussant un cri terrible.

Mon Dieu!... Ah!... maudit! maudit!... maudit!...

Elle recule défaillante et s'enfonce dans la porte de gauche.

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