LE GAZETIER
Penh! il n'y a rien de nouveau. De l'esprit. On savait bien que Beaumarchais a de l'esprit. Et après?
LE CHEVALIER, entrant avec Nanette.
Comment après?... Un feu d'artifice! Et quelle salle!.. Trois hommes étouffés à l'ouverture des bureaux! Un triomphe! On a fait, à son entrée dans la salle, une petite ovation au bailli de Suffreu, parce qu'il a gagné des batailles, et une grande à la Dugazon, parce qu'elle a été ma-
lade. Ah! les yeux qu'ils ouvriront quand je leur raconterai ça à Aix, sur le Cours!
LE VICOMTE, entrant avec les deux dames.
Quelle chaleur!... J'ai les lèvres en feu! A boire, garçon!... Et quelle impertinente pièce!
LISON
Je la trouve amusante, moi !
MIRABEAU, à part, assis à droite et s'abritant derrière un journal.
André! Mon frère! Et ne pouvoir l'embrasser!
PICAKDKT, rentrant enflammé.
Ah! que c'est beau, monsieur le vicomte, que c'est beau:
LE VICOMTE
Tu tes donc fourré là-dedans?
PICAKDET.
Oui. J'ai pu entrer avec la protection de la garde. Et puis j'ai un cousin machiniste. Je suis en haut, en haut. Je ne vois que le bout des l>onnets et de la perruque des acteurs. Mais j'entends!... Ah! que c'est beau!
LE VICOMTE
Et qu'est-ce qui te semble beau là-dedans, maroufle?
PICAKDET.
Mais, monsieur le vicomte, ce domestique qui dit comme ça tant de vérités à son maitre : « Mutiseiynciir, il y a de Cabus!... Me souffler ma femme!... Le droit honteux du seigneurl... » Ah! monsieur...
LE VICOMTE
Mesdemoiselles, beaucoup de pièces pareilles et vos femmes de chambre vous tutoieront.
LISON
Je les renverrai.
PICARDET.
Eh bien ! ce n'est rien : mon cousin le machiniste ma