SCENE IX MIRABEAU, HENRIETTE
Ce .n'est pas la première fois que mon visage repousse ainsi ceux qui me voient.
HENRIETTE
Je vous assure, au contraire, monsieur, que je me sens très rassurée avec M. Buflîères. La foule seule m'effraie un peu.
Il y a longtemps que M. Valras est à Paris?
HENRIETTE
Nous avons quitté la Hollande ensemble, lui pour venir trouver... quelqu'un... dont il est l'éditeur, là-bas, à La Haj'e...
M. de Mirabeau?
HENRIETTE
Vous le connaissez?
Beaucoup.
HENRIETTE
Ah!... oui, M. de Mirabeau!
Comme vous avez dit ce ah!... On croirait que c'est un suprême honneur de connaître M. de Mirabeau?
C'est que c'est un peu h\ ce que je pense.
Vraiment?
HENRIETTE
Je ne sais pas d'homme que je désire plus vivement connaître.
Vous parlez donc quelquefois de lui?
HENRIETTE
Souvent.
En Hollande?
HENRIETTE
En Hollande et à Paris.
Je vous demande pardon d'oser yous adresser une question, mademoiselle, mais tout à l'heure, je vous entendais dire à Valras que vous ne connaissiez pas Paris.
HENRIETTE
Je le connais, pour l'avoir entrevu à travers les fenêtres d'un couvent, et les jours de sortie, lorsque s'entr'ouvraient les grilles des Petites-Orphelines.
Vous êtes orpheline?
HENRIETTE
Mon père est mort il y a dix-huit mois.
Et madame votre mère?
HENRIETTE
Ma mère? (Hésitante et émue.) Je ne l'ai jamais connue!
Elle essuie lentement une larme.