ACTE DEUXIÈME
ESTRAGEL, à des paysans qui lui tendent des outils de labourage ornés de rubans qu'il place dans l'arrangement du trône rustique à gauche.
Là !... là !... Très Lien !... ça doit faire assez bonne figure tout ça !... et monsieur le marquis sera content !
GERMAIN
Lui?... Il ne trouvera jamais rien d'assez beau pour madaine de Pailly.
ESTRAGEL.
Ce ne serait pourtant pas plus élégant pour la reine Marie- Antoinette.
PASCALETTE, en costume de bergère.
Est-ce que je suis bien comme cela, monsieur fiermain ?
GERMAIN
A croquer... voulez-vous?
PASCALETTE.
Gourmand, à votre âge? Chut ! monsieur le vicomte !
LE VICOMTE, entrant en lorgnnnt.
Charmant, charmant ! Voilà Mirabeau transformé en couhsses d'opéra ! Qu'en dirait notre aïeul le vieux Mirabeau Col-d' Argent ? (a Pascaiette.) Toi, petite, dans ce costume-là tu ferais fureur à la Comédie Itahenne. Veux-tu que je Vy présente?... Tu seras... Sais-tu ce que c'est qu'une primeur ?
PASCALETTE.
Non, monseigneur !
LE VICOMTE
Et un fruit mùr ?
PASCALETTE.
Oh ! parbleu, monseigneur !
LE VICOMTE
Ehbien !... le fruit mùr c'estle contraire de la primeur et
au théâtre les fruits mûrissent si vite, si vite 1... qu'on est enchanté d'y rencontrer des fleurettes à peine écloses ! Comme toi !
PASCALKTTE.
Comme moi ! Oh ! alors les primeurs savez-vous ce que ça fait, quand on y veut mordre trop tôt, monsieur le vicomte? Vous ne. le savez pas? Ça vous casse les dents.
LE VICOMTE, qui veut lui prendre le menton et qu'elle repousse vivement, en lui donnant sur les ongles.
Et les doigts. Eh bien ! elle ira loin, la petite ! Elle est peut-être même déjà partie !