ACTE TROISIÈME 9i
de Paill}'!... — Que la fièvre qui vous ronge, c'est sa passion qui vous la donne ! que ces amours sont des amours maudites et que la première victoire d'un homme qui veut être libre, c'est de se reconquérir soi-même!
Ah ! je ne vous comprends pas, Valras!
Que voulez-vous que l'esclave d'une femme soit le libérateur d'un peuple? Je vous en conjure, Mirabeau, prenez garde ! arrachez de votre cœur cet amour pour Julie de Rieux, comme on arrache une plante empoisonnée !
Et pourquoi haïssez-vous madame de Rieux?
VALRAS.
Parce qu'elle ressemble à celle qui a fait de moi l'homme broj'é qui est devant vous ! et comme j'ai été blessé au profond de l'être par l'autre, je vous vois de même menacé par elle.
Moi? Je suis debout! Et à cette table de travail, je puis gagner une fortune !
VALRAS.
Encore une fois, votre place n'est pas ici, elle est dans cette Provence qui vous a vu grandir!... Vos compagnons d'Aix et de Marseille vous attendent, votre patrie vous réclame !
Elle me verra à sa tête !
VALRAS.
Oui, mais elle doit vous voir libre de ces liens qui vous entravent. Adieu !
Adieu!... pourquoi adieu?