‹ Les Mirabeau (volume 5)Chapitre 2 sur 21 · AVANT-PROPOS III · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS III

gine de la plus grande partie de ces documents dont l'intérêt égale l'autorité. Au début de sa carrière, M. de Loménie eut la bonne fortune de rencontrer le fils adoptif de Mirabeau, M. Lucas de Montigny. Trèsvite attiré vers cet homme si distingué par l'esprit, si excellent par le cœur, à la mémoire duquel il a toujours gardé le plus reconnaissant souvenir, il sut, de son côté, lui plaire autant par ses qualités personnelles que par sa curiosité vive et son intérêt intelligent pour tout ce qui touchait Mirabeau et sa famille. Aussi, dès 1848, M. Lucas de Montigny prêtait-il au jeune auteur de la Galerie des Contemporains illustres, un certain nombre de documents; ils lui servirent à ré- * diger huit articles sur Mirabeau, qui parurent dans le journal Le Pays, en 1849, et y furenk remarqués. Après la mort de M. Lucas de Montigny, son fils remit à M. de Loménie la totalité des précieux manuscrits rassemblés, avec un soin pieux par l'auteur des Mémoires de Mirabeau. Cette marque de confiance n'ôtait rien à l'indépendance de l'écrivain qui en était l'objet. Ce n'était ni une réfutation, ni une répétition des Mémoires de Mira-

beau, que M. de Loménie devait se proposer d'écrire, mais une œuvre toute différente par sa conception. Sous l'empire du sentiment le plus légitime, dans un but arrêté d'avance et loyalement avoué, celui de justifier le grand orateur des accusations portées contre lui, son fils adoptif a composé un livre qu'il avait pu , qualifier de Mémoires, quoiqu'il ne soit pas exactement l'œuvre de Mirabeau. Dégagé au contraire de toute prévention personnelle, libre de contrôler les documents les uns par les autres et de faire rentrer le récit de la vie de ses personnages dans le cadre des événements de leur siècle, M. de Loménie pouvait aspirer non plus seulement à préparer la voie aux historiens à venir, mais à écrire un livre d'histoire définitive. D'ailleurs, il n'entendait pas se borner à l'étude exclusive d'un seul homme, quoique la vie du célèbre orateur paraisse présenter à elle seule une matière suffisamment vaste et suffisamment intéressante. C'est la famille tout entière de Mirabeau qu'il voulait peindre, comme la personnification la plus originale de cette époque pleine de contrastes qu'on nomme le dixhuitième siècle.

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