SCENE VIII
LÉONARD puis JULIEN.
LÉONARD, sc retournant. Ils sont tous partis... Je n’en suis pas fâché, je pourrai me livrer sans contrainte à la rage qui me poigne.
(11 frappe râr une table.)
JULIEN , entrant. Voilà!.. Que désire monsieur ?
Léonard. Je voudrais tenir le genre humain en hachis...
julien. Nous n’avons pas ça.
Léonard. Je ne veux rien. Si., garçon , un beefteck au beurre d’anchois... Je veux me nourrir beaucoup... Garçon !
JULIEN, revenant. Monsieur...
léon ard. Vous forcerez la sauce. Je l’adore, moi, la sauce. C'est un parti pris, je ▼eux engraisser... J’ai des ennemis, je veux les narguer par un embonpoint des plus monstrueux. Je boirai beaucoup, de sorte que j’aurai le nez très-rouge, les yeux brillans. Enfin, le bonheur sera affiché sur mon visage ; alors mes ennemis enrageront à leur tour... Tous ces hommes jaloux de mou immense talent sur la timbale crèveront de dépit ; et moi, je pourrai tranquillement poursuivre dans cette vie la route qui m’a été tracée par la providence... Garçon ! mon beefteck ?
JULIEN. Voilà, monsieur, voilà!
(Il apporte le bccftel, et en t'approchant de Leonard, il lai marche sur le pied.)
léonard. Aye! sur inon cor. . le seul que j’aie... Encore un ennemi!
JULIEN. Est-ce que je vous ai fait mal?
LÉONARD. Au contraire. (A port.) Je ne veux pas qu’il jouisse de son triomphe.
Mangeons d’un air joyeux. (.Haut.) Ciel !
il est brûlé.
julien. C’est vrai, il est un peu cuit.
LÉONARD. Un peu cuit!C’est un charbon, un vrai charlron. Va-t’cn, garçon ! va-t’en, ou je me porterais à ton égard à quelque extrémité désagréable pour ton physique
11 s’est entendu avec le cuisinier vraisemblablement, et l’on dira que ce n’est pas une conspiration européenne ourdie contre mon repos? Qui est-ce qui dit ça? Je le briserai aussi facilement que... (Il irise sa, canne.) Bon ! une canne de deux francs cinquante centimes. Comment ! et moi aus- *i je m’acharne contre moi-même ! Voilà oui n’a jamais paru sur la scène du mon-