TIRÉES DES MISSELS
lEONOGTLCEMRIENIRE
DALBERT (8). — Évêque de Pra-
gue et martyr. [Il trouva la mort,
en 997, chez les Slaves de la région de la Prusse orientale actuelle, à qui il était allé prècher l'Évangile. As-
sommé par les habitants, il fut en-
suite percé d'une lance par un prêtre
des idoles. Une représentation de S' Adalbert figure
sur la page du titre de certains Missels imprimés pour le diocèse de Gran: il est revètu des insignes épiscopaux, la crosse dans la main gauche, la main droite bénissante; sa poitrine est traversée d'une ou deux
lances.
AGATHE (Si). — Martyrisée sous Décius;
Quintianus, gouverneur de Sicile, la fit tourmenter
sur un chevalet avec des lames ardentes ; puis on lui
arracha les seins, et, ainsi mutilée, on la roula sur des
tessons et des charbons ardents. Dans certains Mis-
sels, un petit bois, placé en tête de l'office de la fête de cette sainte, représente une des phases de son martyre : elle est debout, adossée à un poteau auquel l’attachent des cordes, la poitrine
découverte ; devant elle, un bourreau armé de tenailles qu'il dirige vers la gorge de la vierge.
AGNEAU. — L'agneau est une des premières représentations symboliques du sacrifice du fils de Dieu. On voit souvent, notamment dans les Missels de Giunta, à la fin du Canon de la Messe, en regard de l’Agnus Dei, un médaillon circulaire qui renferme l’Agneau mystique, orné du nimbe crucifère, debout sur le livre aux contraire à la donnée de l’Apocasept sceaux de l’Apocalypse, la tête ypse, qui dit : Je vis l’Agneau tournée en arrière pour appeler à sa debout el comme immolé..: La
suite l'humanité rachetée, et rete- représentation de l’Agneau divin
nant de sa patte droite une croix de igure aussi sur la page de titre de
résurrection. Un autre petit bois. plusieurs Missels de Liechtenstein.
qu'on trouve quelquefois au-dessus
: : de è s. \NRG Qte ! vares du titre, représente l’Agneau divin nec AGNES (S+t). De petits couché sur le livre, interprétation no. bois la représentent égorgée par un
bourreau qui la tient par ses cheveux dénoués (Missels Stagnino).
AMBROISE (S'). — De vieilles monnaies milanaises portent l'effigie de St Ambroise armé
d'un fouet, image de sa sévérité à
ac arc de
Ariens. Les Milanais, pre- Missels :
Ambroise vètu nant au pied de la lettre d'une chape, la tête coiffée cette caractéristique de l'il- de la mitre et ornée du
ustre évêque, prétendaient nimbe, brandissant de la
qu'Ambroise était apparu à main droite un fouet à quacheval, un fouet à la main, tre lanières, et monté sur pendant la bataille de Para- un cheval fougueux qui biago, en 1330, pour mettre foule aux pieds des morts en déroute les ennemis de et des blessés étendus pêleson peuple. Cet épisode fait mêle avec des armes. Le e sujet d’une petite vignette Père CAHIER, dans ses
placée au titre de quelques racléristiques des Saints
(p- 430), donne une reproduction d'un petit tableau du quinzième siècle, dont la composition
est analogue à celle de la vignette que nous venons de citer.
ANGES.— Les Missels vénitiens nous montrent l ange sous quatre formes différentes. Tantôt, c'est un adolescent imberbe, dont la tête, nimbée, est quelquefois en outre ornée d’un diadème ou d’une bandelette que surmonte une petite croix
>S pieds sont nus, comme ceux des personnes
divines et des Apôtres, ou bien chaussés de sandales : il est ailé, comme il convient à un messager céleste ; il est vêtu d’une longue tunique serrée à la taille, que certains artistes échancrent sur les
1. — Cf. Croquer, Eléments d’Iconographie chrétienne, page 56.
(Co) ur
côtés ; dans quelques représentations, assez rares, un manteau est jeté par-dessus cette robe. Il porte un bâton pommeté ou tréflé, à la manière des hérauts de l'antiquité, dont il remplit précisément la fonction (ex, messager), ou bien le sceptre qui indique un ambassadeur du roi des cieux. Tel apparaît dans l'Annonciation l'archange Gabriel, avec d’autres traits distinctifs que nous indiquerons plus loin, à l’article concernant cette gravure. C'est le mème type de jeune homme ailé qui figure dans la représentation des Myrrhophores au tombeau, et dans maint petit bois, tel que: S’ Pierre délivré de la prison. Un ange parlant à S' Roch, ete. — Tantôt, l'ange a la physionomie et la taille d'un enfant, également nimbé, ailé et vêtu d’une robe flottante, comme ceux qui soutiennent le Christ sur le bord de son tombeau (Christ de pitié), dans les Missels de Giunta ; ou bien entièrement nu (pu/lo ailé), comme ceux qui portent les instruments de la Passion dans la Na
ivilé des mêmes Missels et dans certains bois d’encadrements. — Souvent, dans les Cruci- Jfixions, sans parler d’autres vignettes, les anges sont représentés en buste, issant des nuages. Me Barmrer ne Monraucr, dans son Trailé d'iconographie chrétienne (t, IT, p. 3), dità ce propos : « La partie inférieure du corps, dont la fonction est tout animale, a été omise par les peintres italiens du quatorzième siècle, qui ont compris que la forme humaine ne comportait ni les besoins ni les passions de l'humanité. L'ange en buste émerge des nuages, et les facultés dont il est doué se condensent dans sa poitrine, où bat le cœur, et dans sa tête, siège de l'intelligence. » — Enfin, les anges se réduisent parfois à de simples têtes d'enfants, pourvues d’une paire d'ailes ; c'est ainsi, par exemple, qu’on les voit environnant Dieu le Père dans sa gloire, ou enlevant la
St Vierge aux cieux.
ANIMAUX ÉVANGÉLISTIQUES. — Cf. ÉvancéListes.
ANIMAUX SAUVAGES. — Emblème attribué aux ermites, pour exprimer leur vie retirée au fond des solitudes où n’habitent que les bêtes farouches; par exemple: l'ours qu'on voit dans la
vignette des Srigmates de St François d'Assise de certains Missels.
ANNONCE AUX BERGERS. — Cette composition, réduite à ses traits essentiels, repré-
sente un paysage plus ou moins accidenté, généralement une prairie où paissent des moutons; au
premier et au second plan, trois bergers, posés en différentes attitudes, mais presque toujours la tête levée vers le ciel, où plane un ange tenant un phylactère avec ces mots : ANNUNTIO VOBIS GAUDIUM
MAGNUM, où bien : GLORIA IN EXCELSIS DEo.
ANNONCIATION. — La scène de l'Annonciation, donnée par les Missels vénitiens, se passe dans une chambre à coucher, ou dans un oratoire, ou près d’un portique. Marie est le plus souvent à droite’, à genoux devant un prie-Dieu, dans une attitude de soumission et d'humilité.
1. — Dans toutes les descriptions faites au cours de cet ouvrage, il faut entendre les termes droite et gauche comme se rapportant au spectateur, et non aux personnages de la gravure décrite. Ainsi, dans la Crucifixion, la Ste Vierge, qui est toujours à droite du Christ, se trouve à gauche par rapport au spectateur, et c'est de cette dernière façon qu’elle sera indiquée.
Nous avertissons également le lecteur que, pour les deux sujets de l'Annonciation et de la Crucifixion, en raison du nombre
des représentations décrites, nous avons adopté un numérotage en chiffres romains, qui nous permettra de désigner plus facilement chaque gravure, lorsque nous aurons à la rappeler, surtout dans la partie bibliographique.
Vers la fin du seizième siècle, on la voit quelquefois debout ou assise, ayant près d'elle une
té
corbeille à ouvrage ; sa posture perd de sa simplicité ; ses bras largement ouverts, son corpsr
de côté ou en arrière, expriment la surprise mêlée de frayeur bien plutôt que le recueillement. Quelques artistes, s'inspirant visiblement des chefs-d'œuvre de l'antiquité, dépouillent même le personnage de la Vierge de son caractère chrétien, et en font une véritable statue grecque (nous pouvons citer comme exemple gauche tient une branche de lis une vignette d’un Missel de indiquant qu'il est le gardien de Scoto quisera décrite plus loin). la virginité de Marie, ou un scep- L'archange Gabriel est à gau- tre que termine parfois un lis che, debout, à quelque distance florencé'. Dans le fond, au-desde Marie; dans certaines vi- sus de l’ange, apparaît Dieu le gnettes il est porté par un nuage, Père bénissant, en buste, dans
mais ce n'est guère que dans les une auréole rayonnante ou fran-
dernières années du seizième gée de nuages que bordent des
siècle qu'il est représenté en têtes d'anges ailées; le plus marche. Sa main droite fait le souvent, la colombe descend
geste de la bénédiction, ou bien sur les rayons qui émanent de
montre, de sonindex tendu, soit j Dieu le Père et se dirige vers
le ciel, soit la colombe céleste " , SR RP RP l'oreille droite de la Vierge Annonciation I. — Miss. Rom, 89, 30 juillet 1306, F
qui vole vers la Vierge; sa main So 0 (conformément à la tradition
établie par les Pères de l'Eg
e, S' Augustin, S' Bernardi
1, Grégoire le Thaumaturge et
autres : «.... ef Virgo per aurem imprægnabatur…..»). Plusieurs compositions offrent, au lieu
de la colombe, un enfant Jésus portant une croix et s'élançant vers Marie, ou bien assis sur le bord des nuages au-dessous de Dieu le Père. En somme, la conception du sujet est partout sensiblement la même, et les représentations que nous allons décrire comme types n'offrent entre elles que des différences de détail.
L. — Missaze Romanum, &, 30 juillet 1506, Bernardinus Slagninus. — Au premier plan, à droite, la S* Vierge, agenouillée; sur le prie-Dieu, qui se dresse à sa droite, est posé un livre
ouvert; der
ière Marie, un lit à colonnes et à baldaquin. À gauche se tient debout l'ange Gabriel ;
de la main gauche il porte une branche de lis; sa main droite fait le geste de la bénédiction.
Au-dessus de l'ange, apparaît Dieu le Père en buste, dans une auréole de nuages bordée de têtes d'anges ailées ; un peu au-dessous, assis sur les nuages, l'enfant Jésus, nu, tient une croix qui repose sur son épaule droite. Aucun des personnages de cette composition n’est nimbé. — Jolie gravure.
IT. — Missare Romanum, #, 22 janvier 1509, L.-A. Giunta. — Petite vignette. A droite, la S' Vierge, nimbée, les cheveux flottants sur les épaules, est agenouillée, presque de profil, accoudée,
les mains jointe
sur un prie-Dieu dont la face latérale est ornée d’une chimère assise. L'ange est à
gauche, nimbé, posé de profil, le pied droit en avant ; de la main gauche, cachée par son corps, il tient une branche de lis
sa main droite levée fait le geste de la bénédiction. Dañs l'angle au-dessus
de l'ange, apparaît Dieu le Père en buste, nimbé, regardant vers Marie. Au second plan, à droite,
1. — Terme de blason, désignant la fleur de lis du centre de laquelle sortent des boutons de fleurs pédonculés.