‹ Les missels imprimés à Venise de 1481 à 1600Chapitre 57 sur 238 · ICONOGRAPHIE — ÉLÉVATION · texte numérisé non relu

ICONOGRAPHIE — ÉLÉVATION

| ILIENAINIOINS = LA représentation de cet acte du rituel de la Messe, lorsqu'elle n'est pas

traitée en un bois de page, comme dans les Missels in-4° et in-8° de

Giunta et de Stagnino, est le plus généralement placée au recto en regard de la Crucifixion, c'est-à-dire au commencement du Canon de la

Messe, où l'officiant prononce les paroles: Te igitur, clementissime pater,

per Jesum Christum filium tuum dominum nostrum supplices roga-

mus ac pelimus. La composition est très souvent appliquée à la lettre

majuscule T qui commence ce texte : le corps du prêtre, debout devant l'autel et élevant l’hostie des deux mains, simule la barre verticale du T; un ornement qui LR LR TVR PR) ? ÈÈ NI A Z se développe à droite et à gauche forme la c 6 ë - Z g Es En NE traverse. = € SIÈ AL: | Le premier bois de page où soit traitée Æ d Vi LEE 5 de (2 ul à l'Elévation, dans les Missels Giunta, se trouve nn ll | dans le Missale ord. fratr. Carmelilarum, 8, 1504. Deux colonnes, décorées d’un orne- Se £ ment de feuillage au trait, et supportantune EE) bi) Z pl D voûte en plein cintre, ouvrent la perspective Se F5 le Ÿ d’une abside en cul-de-four, où se dresse l'au- D, « tel. L'officiant, debout sur la marche de l’au- f* ] À : Me LE) tel, est vu de dos, vêtu de la chasuble et de : . me ’aube parée au bas d’un orfroi; des deux mains, il | 1 ÿ à ; : : à ; NICE. f élève au-dessus de sa tête l’hostie timbrée d'une | re (ur croix. Sur l'autel, à sa droite, est posé un cierge ; à TE | sa gauche, unautre cierge, et le missel ouvert sur un ne à : Ste RP Vu pupitre. À droite, un servant, agenouillé au bord de ml 1 ; n : IL AL la marche de l'autel, la tète tournée de profil vers la LS PRIX gauche, tient de la main gauche le bord de la cha- St Dominique et les illustrations de son ordre. — Miss. ord. suble du prêtre. Du même côté, devant la face laté- HE ar ON ES NT rale de l'autel, sont agenouillés deux assistants, de profil, le corps coupé par l’arête postérieure de

la colonne d'encadrement. À gauche, sur les carreaux, en avant de la marche de l'autel, est age-

nouillé un autre servant, de trois quarts, les mains jointes; du même côté, devant la face latérale

de l'autel, deux assistants de profil et, comme les deux autres, ayant le corps coupé par l’arè

postérieure de la colonne d'encadrement.

Presque identique est la composition qui se voit dans le Missale Romanum, 8, 30 juillet 1506,

Stagnino; il n’y a guère de différences que dans la posture du servant de droite qui est posé de

trois quarts, dans le vêtement du servant de gauche qui a le surplis par-dessus la robe, et dans

le pavé en avant de l'autel, formé de carreaux alternativement noirs et blancs: à gauche, devant la

face latérale de l'autel, ce sont deux femmes qui sont agenouillées de profil; derrière elles, sont indiquées par de simples traits les têtes de trois autres assistants.

La disposition de la scène est quelquefois modifiée dans les petites vignettes et les lettres ornées. Nous pouvons en donner comme exemple la belle initiale fleuronnée qui se trouve au recto 117

du Missale ord. Vallisumbrosæ, fol., 4 décembre 1503, déjà cité. L’autel est sur la droite, por-

tant un crucifix entre deux cierges, le calice posé sur le corporal, et le missel ouvert. L'officiant est

incliné, les mains jointes reposant sur le bord de l'autel ; un servant, agenouillé à gauche, tient le bord de la chasuble ; du même côté, à la suite du servant, cinq assistants sont agenouillés; au second plan, un enfant de chœur agite une sonnette suspendue à un pilier. À droite, au delà de l'autel, deux religieuses sont agenouillées, les mains jointes, tournées vers la gauche. Le fond est fermé par un mur percé de deux fenêtres en plein cintre.

Signalons, comme particulièrement curieuse, l'Élévation qui se trouve au recto 110 du Mis-

sale Romanum, fol., 1542, Hie- = nêtre carrée. — Toutes ces gra-

ronymus Scotus. Le retable de vures, au point de vue artistique,

l'autel, entre deux colonnes, repré- n'offrent qu’un intérêt médiocre.

sente une Crucifixion avec la St Vierge et S' Jean; le prêtre

est vu de dos, élevant l’hostie, le

EMBRASSEMENT ne-

vANT LA Porte Dorée (L'). —

Cette scène, une des plus ancien-

pied gauche un peu rejeté en ar

nes interprétations de la Concep-

rière ; en avant de la marche €

autel, à gauche, sont agenouillés tion de Marie, est tirée des évan-

giles apocryphes. M# Barmier DE

rois assistants, dont le premier

ient un livre ouvert; à droite, trois MoxrauLr, dans son Tratlé d'icoautres assistants à genoux, le pre- nographie chrétienne (t. Il, p.

mier tenant de la main gauche le 203), résume ainsi l'histoire des

bord de la chasuble du prêtre. parents de la S' Vierge, ou plu-

Au premier plan, dans le milieu, tot la suite des représentations

se trouve un chien posé de profil, qu'elle inspira du treizième au sei-

L'Élévation. — zième siècle: « Anne et Joachim

Rom. fol.,

regardant vers la gauche. Dans le

Hieronymus Scotus

ur à droite et à gauche, une fe- apportent au temple chacun un

agneau et une colombe pour le sacri ice. Leur offrande est repoussée par le grand-prêtre, parce qu'ils n’ont pas d'enfant. — Ils descendent du temple; Joachim fait l’aumône, puis il se séparent. __ Anne reste à Jérusalem; Joachim se retire à la campagne pour veiller à la garde de ses troupeaux. — Un jour, Anne, assise dans son jardin, se désole en voyant dans un arbre un nid de tourterelles. Sa servante Judith essaie de la réconforter. — Pendant qu’elle est en prière, un ange lui

apparaît et lui dit: Exaudita est oratio tua. En même temps, il lui ordonne de rejoindre son

époux. — Joachim reçoit la visite d'un ange qui lui commande de retourner à Jérusalem. — Les deux époux se rencontrent à la Porte Dorée, et de leur chaste baiser Marie est conçue. » La composition où est traité ce dernier épisode n’est pas une de celles qu’on trouve fréquem-

ment répétées dans les Missels vénitiens. Nous allons décrire, comme type, la gravure ombrée,

signée t@, du Missale Romanum, 8°, 30 juillet 1506, Stagnino. Elle comporte deux scènes distinctes par la superposition des plans, comme la gravure Le Christ devant Hérode, du même 44, que nous

avons décrite précédemment. Au fond, s'étend Jérusalem, en avant de laquelle commence la décli-

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