ET LES ÉGLISES DE RIT=UNI
«— À ce compte, répliqua le Maronite, « haque fois que la France travaille pour Dieu, l'Angle. terre se croit obligée de travailler
diable, »
Le cheik avait raison : c'étaient bien de véri
pour Île |
tables démons que la trahison du gouvernement |
turc, de connivence avec l'Angleterre, avait
déchainés contre les Maronites : 3,000catholiques lurent massacrés à Déir ci-Kamar, 6,000 à
Damas, y compris 8 missionnaires franciscains, |
Vue de Deirel-Kamar, d'après une photographit
Semparer des enfants et les placer dans leurs orphelinats ;
—1g spéculè rent sur le désespoir ot la faim pour acheter les apostasies,
En même temps, le intriguait à la Porte et en Europe pour arrêter l'armée francaise, qui avait volé au
gouvernement anglais
secours de nos malheureux protégés. Lord Carnavon ne rougit pas de faire officiellement |
‘apologie des meurtriers :
il osa même écrire ces lignes vérita blement infâmes sous une plume chrétienne :
€ [est bien à désirer qu res puissants liens de
DE CSS
rome SG HE
gratitude d'une part, et de bons offices de l'autre, qui attachent les Druses à l'Angleterre, ne soient pas légèreinent rompus sous des prétextes moraux et politiques. » Voilà qui peint l'Angleterre protestante.
Tirons un voile sur ces iniquités et ces hontes de la politique humaine. Grâce à l'acc-rd des cinq grandes puissances européennes, un arrangement fut conclu pour régler la situation du Liban et prévenir le retour de pareilles horreurs, Le gouverneur général du Liban est toujours un chrétien ; il a sous lui huit caimakans (chefs de district): cinq sont maronites, un druse, un grec-catholique et un grec-schismatique. De la sorte, les intérêts religieux de chaque communauté sont équitablement représentés et protégés, Il y a en outre trente-neuf mudirs ou chefs de canton : ils sont choisis dans la nationalité qui domine dans la contrée. Pour l'administration de la justice, chaque district à un tribunal de première instance, dont le juge appartient à la l n de la majorité ; il a un adjoint du rite quivientie second comme importance numérique, et des assesseurs pris dans les autres rites. La cour supréme est composée de six membres de rites différents, avec un président maronite,
Ce règlement fort équitable à permis aux Maronites de se relever et de vivre en paix au milieu de leurs voisins jaloux, À l'heure actuelle, toute trace de ja catastroph de 1860 est effacée. Voici le tableau que trace de la situation du Liban un voyageur anglais ei protestant, sir Keating Kelly (1)
« L'exercice de lar: ion catholique est libre et respecté ; les églises et les couvents couronnent les montagnes ; les cloches qui résonnent et font entendre comme un chant de liberté et d'indépendance, in ‘tent nuitet jour à la prière. Cette nation est gouvernée par se: Dropres € hefs et par son clergé qu'elle aime ; une police rigoureuse, mais équitable, maintient l'ordre et la sécurité dans les villages ; la pro priété est respectée et transmise de père en fils; le com merce est actif, les meurs du peup'e sont parfaitement simples et pures. Il est rare de rencontrer une population dont l'apparence annonce plus de santé, avec lan blesse dans les manières et la civilisation, que celle de ces hommes du Liban. »
C'est à la France catholique que les Maronites opt rt de \ bles de le ur SÉCUTITÉ Au si, ch toutes les communautés catholiques de l'Orient, aucun
ne nous est plus sinecrement attachée, M Victor
Sainte, Ch
et Zerre
Oÿprt
Guérin, le savant archéologue de la Terre Sainte, raconte qu'ayant un jour dressé sa tente au pied d'une des montagnes du Liban, à peine eut-il arboré, selon la coutume, le drapeau français, qu'il vit accourir les villages voisins :
& Nou. sommes tous Français, lui dirent ces bonnes gens, et la France est pour nous une seconde patrie, Quand elle le voudra, nous nous lèverons comme un seul homme pour lui appartenir. »
Puisse notre cher pays se montrer toujours digne de ces ardentes sympathies !
Le concile du Liban, tenu en 1740, par ordre de Benoit XIV, a partagé la nation maronite en huit diocèses ; voici le tableau de la hiérarchie maronite, avec la population catholique de
chaque diocèse :
patriarche du titre d'Antioche, qui réside dans la montagne et administre le diocèse de Djébail,
2 évêques auxiliaires, l'ün pour l'administration spirituelle, l'autre pour l'administration civile de la communauté.
Ô arclet échiés ÿ Alep, r archevêque, ? prêtres, ? églises ou chapelles, ? écoles,
Beyrouth, 1 archevêque, 30 prêtres, 50 églises ou chapelles,
? écoles, 50.000 crtholiques.
Chypre, 1 archevêque, 120 prêtres, 20 églises ou chapelles,
20 écoles, 20.000 catholiques.
Damas, 1 archevêaie, 05 prêtres, 89 églises ou chapelles,
? écoles, 26.c09 catholiques.
Tyret Sidon, 1 archevèque, 10 prêtres, ? églises ou chapelles,
? écoles, 40.000 catholiques.
Tripoli (Syrie), r archevêque, ? prêtres, ? églises ou chapelles,
? écoles, 36.000 catholiques Djébail et Batroun, 30 prêtres, 50 églises ou chapelles,
? écoles, 60.000 catholiques.
Balbeck, 1 évêque, ? prêtres, ? églises ou chapelles, ? écoles,
Soit au total pour le rite maronite : 1 patriarche, 6 arche vêques, 3 évêques, 2°5 prêtres, 209 églises ou chapelles, ? écoles, 277.000 catholiques,
[faut remarquer que cette statistique est très incomplète et beu coup trop fuble I SX hittre des prêtres, qui manque pour trois diocèses, doit étre élevé à près de 400, sans parler de 1,800 religieux Antonins, dont 600 sont revétus du
sacerdoce ; 500 cylises où « hapelles, 35 couvents
d'hommes, $ séminaires patriarcaux, 8 collèges,
des écoles catholiques dans 20 paroisses, voilà ce que des documents positifs me permettent d'afhirmer étre la situation vraie de l'Eglise
maronite en 1800.
ma |