Indiens catholiques Honduras
75:000 San-Salvador , 120.000 Nicaragua 125.000 Costa-Rica. , 110.000
Total : 1.030.000 Indiens catholiques
Le reste de la population catholique est formé presque uniquement de métis, qui sont enrôlés en majorité dans l'armée des Sociétés secrètes : ce qui fait que, surtout à partir de 1870, l'Église catholique n'a cessé d'être persécutée dans ces contrées, Le Guatémala, le plus considérable des cinq États, a donné naturellement le signal de la lutte,
Tous ces pays avair at été évangélisés, pendant trois siècles, par les reiigieux, en particulier les Dominiceins et les Franciscains, qui là, comme dans tout le reste de l'Amérique, avaient complétement transformé les populations, Ils conti nuaient paisiblement leur apostolat au milieu des Indiens, à côté des diocèses régulièrement établis dans les villes, lorsqu'aux mois de mai et de juin 1872, tous les religieux qui travaillaient dans le pays, Jésuites, Capucins, Franciscains, Dominicains, furent expulsés à la pointe des baïonnettes ; tous les biens des communautés, maisons, terres, bibliothèques, vases sacrés, furent confisqués, au profit des écoles sans Drev, On donna aux proscrits seulement une heure pour faire leurs préparatifs de départ, et on ne leur permit d'emporter que les habits qu'ils avaient sur le corps; plusieurs, qui résidaient dans l'intérieur du pays, durent faire, pieds nus et tête nue, trente et quarante lieues, sous un soleil brûlant, pour rejoindre le port d'embarquement,
| Ils étaient accompagnés d'une troupe de soldats,
| Chargés de les garder à vue, ct de tirer sur le
| peuple, en cas de résistance. C'est ainsi qu'on entend là-bas la liberté des cultes et l'inviolabilité des citoyens. Le Père gardien des Capucins, Vénérable vieillard de 76 ans, mourut en arrivant à San-Francisco, des souffrances endurées au moment de l'embarquement,
Après les religieux, on s'en prit, selon l'usage, au clergé séculier : l'archevêque de Guatémala ct un grand nombre de prêtres furent exilés, ‘l'autres jetés en prison.
Depuis, la situation religieuse s'est un peu améliorée : les Jésuites ont pu rentrer à Costa- Rica, les Lazaristes et les Sœurs de Saint-Vincent de Paul ont ouvert des établissements au Guatémala et dans la République de San-Salvador. Mais la situation est toujours très précaire, et la loi qui exclut les religieux du territoire n'a pas été rapportée, Au Guatémala, sx cent mille Indiens catholiques sont toujours sans pasteurs, Voici comment un missionnaire Dominicain de la Californie, de passage dans le pays, décrivait en 1887 leur situation :
€ Le caractère des Indi-ns catholiques est naturellement doux et pacifique ; mais, hélas ! abandonnés à eux-mêmes, sans prêtres, sans écoles, ils retournent peu à peu à l'idolâtrie, Leurs belles églises, bâties autrefois par les
missionnaires, tombent déjà en ruines, faute d'entretien, »
Voilà, prise sur le fait, l'œuvre de la francmaçonnerie dans l'Amérique centrale. Au nom de la civilisation et de la liberté de conscience, on arrache aux Indiens les apôtres qui les ont enlevés à la barbarie ; on ravit aux sauvages
catholiques leurs églises, leurs presbytères, leurs
écoles, tous les biens consacrés depuis des siècles
au service du culte; on supprime leurs fêtes, leurs cérémonies religieuses, tout ce qui élevait l'esprit et formait le cœur de ce peuple encore enfant. On force ainsi les nouvelles générations, demeurées sans instruction et sans culte, à retourner à la vie sauvage, En même temps qu'on s'oppose à ce que les missionnaires reviennent au milieu de leurs troupeaux, les protestants ct les libres-penseurs ont toute liberté de travailler à pervertir la foi de ce peuple infortuné, Les églises tombent en ruines, mais le pays se couvre de temples hérétiques et de loges maçonaiques,
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LES MISSIONS CATHO et l'on trouve déjà cinq cents protestants au Guatémala.
Heureusement, jusqu'ici du moins, tous les efforts qu'on à faits pour pervertir la foi des Indiens sont demeurés à peu près sans résuliats, Les rares apostats qui sont passés à l'hérésie, ne sont en réalité pas plus protestants qu'ils n'étaient depuis longtemps catholiques , ce sont deslibrespenseurs, qui ont cru faire merveille et jouer un bon tour au re holicisme ; mais la population s'est bien gar le les suivre,
€ Au Gu: la, écrit un ministre protes-
tant (1), un juit est un peu parent du diable, > Mais un protestant est encore au dessous d'un » juif, et il est regardé comme bien plus dangereux, »
Le même auteur, froissé sans doute de l'insuccès complet de la mission protestante auprès
des Indiens, s'emporte jusqu'à dire que le Romanisme est la plaie putrescente de l'Amérique centrale, € J'ai vu, ajoute.t-il, des femmes carai- » bes prosternées en adoration devant une > poupée ridiculement attifée, qui représentait » l'image de la Vierge, et j'ai en vain tenté de » les arracher à cette calamiteuse idolâtrie. »
Finalement, malgré la protection d'un gouvernement athée, malgré les sommes considérables envoyées d'Angleterre, € Caraibes à l'idolâtrie papiste, » la mission pro-
pour arracher les testante dut être abandonnée, au bout de quelques années ; la maison des ministres fut vendue et devint un asile d'aliénés,
Un autre voyageur protestant, moins fanatique et plus désintéressé dans la question, en sa qualité de laïque, rend meilleure justice à la religion des naturels :
€ Quoique vivant à l'écart des blancs, les » Caraibes du Guatémala sont complètement » civilisés. Dans chaque maison, on voit une » image de la Vierge ou de quelque saint pro- » tecteur. Je fus extrêmement frappé des progrès » qu'ont faits dans la civilisation ces descendants » des cannibales, les plus féroces de toutes les » tribus indiennes conquises autrefois par les » Espagnols (2). »
Puisse un gouvernement réparateur permettre bientôt aux apôtres de reprendre leurs travaux
1. R, Croves, l'oyage dans | Amérique centraie, ch. 12. 2. {ncidents d'un voyage dans l'Amérique centrale par John Stephens, ch 2.
< — LIQUES AU XIX° SIÈCLE
interrompus et de revenir au milieu des troupeaux qui les appellent de tous leurs vœux !
LE” population de la Colombie est de 3.200.000 habitants, sur lesquels on compte environ 350.000 Indiens catholiques et 150.000 paiens, Ces sauvages habitent, au revers des Andes, dans les plaines boisées qui forment le bassin supérieur de l'Amazone,
Le Vénézuéla, de son côté, a 2,200.000 habitants, sur lesquels 325.000 Indiens catholiques et 75.000 paiens,
Mais la situation religieuse des uns et des autres est lamentable, Depuis l'émancipation, mais surtout depuis quarante ans, le Vénézuéla et la Colombie sont le théâtre de révolutions perpétuelles. Les religieux de Saint-François, qui ont autrefois converti le pays, avaient une province de Colombie et deux beaux collèges apostoliques à la Nouvelle-Grenade, Ils ont été expulsés, comme tous les autres religieux, Plus d'apôtres' pour annoncer l'Évangile aux paiens, plus de pasteurs pour instruire et garder dans la foi les Indiens déjà convertis. Les bons prêtres ont été éloignés du pays, et l'esprit chrétien a bien diminué, sinon péri, chez un peuple autrefois tout catholique,
Il y a quelques années, un Père Jésuite, passant par la ville épiscopale de Carthagène, voulut aller rendre ses devoirs à la tombe de saint P. Claver, l'apôtre des nègres, qui baptisa à lui seul quatre cent mille idolatres. Dans cette ville embaumée, il y a deux cents ans, des vertus héroïques et des miracles du Bienheureux, le nom de Claver ne réveillait plus aucun écho, et sa tombe était inconnue, À l'ancienne maison des Jésuites, transformée en hôpital,une chambre vide et malpropre, qui avait longtemps servi de geôle, était l'ancienne cellule du saint ; sa tombe fut retrouvée sans honneurs, dans l'église profanée des Jésuites, transformée en préau. L'évêque avait bien eu l'intention de faire trans porter à la cathédrale le corps du Bienheureux ; puis il avait été banni à deux reprises, et son projet n'avait pu aboutir, Quelques mois avant d'être assassiné, le catholique président de l'Équateur, Garcia Moréno, avait entamé à son
des trouœux !
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LES MISSIONS INDIENNES DE
tour des négociations avec le gouvernement Colombien, afin de faire exhumer le saint corps et de le transporter à Quito, où on lui aurait rendu les honneurs qui sont dus aux reliques des saints, Là encore la mort vint arrêter le | projet. Un pareil abandon d'une des gloires les | plus pures de l'Église catholique en dit long sur | la situation religieuse d'un pays. .
Voilà où en arrive un peuple catholique, quand il s'abandonne à la direction des Sociétés secrètes. Au lieu de procéder d'une manière san- | glante, comme aux premiers siècles, on attaque l'Église à coups de décrets et de lois forgées | exprès pour l'asservir. On commence par expulser les religieux, on exile ou l'on annule les bons prêtres, tous ceux qui seraient capables de parler et de faire obstacle au programme de la secte.
Peu à peu le silence se fait, toutes les têtes, même les plus hautes, se courbent sous le joug, l'esprit chrétien s'éteint, faute d'aliment, et un jour, on s'aperçoit avec stupeur qu'un peuple tout catholique est devenu apostat, sans presque y penser, La persécution sanglante l'eût réveillé de sa torpeur et eût fait, au moins, des martyrs ; la persécution bureaucratique, hypocrite et lâche, n'a pas même laissé aux victimes l'honneur de la résistance, et n'a produit que des apostats.