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pour prendre le costume et la manière de vivre des Arabes, afin de se faire tout à tous, selon le précepte de saint Paul, et de les gagner tous à Jésus-Cnrisr.
Leur mode d'évangélisation n'est pas la prédication directe, qui serait prématurée, et n'aurait d'autre effet que de réveiller le fanatisme. Les missionnaires commencent par employer toutes
R. P. Pouplard, des Missionnaires d'Alger, mm + massacré dans ie Sahara tripolitain, près de R'damès, le 21 décembre 1881.
Chaque établissement se compose de /rois missionnaires, avec dispensaire et écoles. Les pauvres, les enfants se pressent aux portes de ces maisons ; les uns viennent chercher une consultation et des remèdes gratuits, les autres, très intelligents, réclament l'instruction, dont ils commencent à comprendre l'utilité, Les missionnaires reçoivent aussi de nombreux visiteurs, appartenant à l'aristocratie des tribus, qui viennent
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dente, une tournée d'exploration au milieu des tribus du Sahara : I
manière à concevoir les meilleures e pour le succès du voyage projeté ; mais dans
voir de leurs yeux ce que font chez eux ces étrangers si peu semblables aux autres, Au contact du prêtre catholique, bien des préjugés tombent, la lumière se fait dans ces esprits si longtemps fermés à tout ce qui vient de l'Europe, et l'on peut dire sans exagération que partout où ils ont eu le temps de se faire connaître, lés Missionnaires d'Alger ont appris aux indigènes
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sacrée par les Touaregs, sur la route de Tombouctou, Une seconde Catastrophe eut lieu, au mois de décembre 1881. Le P. Richard, chef de la future expédition, av
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artout il avait été reçu de
spérances
a Société des Missionnaires d'Alger, f de ia caravane de R'at, massacré le 21 décembre 1881.
rager les Missionnaires d'Alger, ont montré avec
à respecter le nom du christianisme et celui de la France,
On comprend qu'il ne peut encore en être de même là où les missionnaires ne font que passer. C'est ce qui explique l'insuccès des deux premières tentatives qui ont été faites pour traverser le Sahara, Au mois de décembre 1875, une Caravane composée de trois missionnaires, les
l'intervalle avait eu lieu le massacre de la mission
Flatters ; les tribus étaient surexcitées et redou-
taient les représailles de la France. Partis le 18
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décembre de R'damès, pour aller fonder une nouvelle station à Rhat, les PP, Richard, Morat et Pouplard furent mis à mort, le 21 du même mois, à peine entrés dans le désert,
Ces deux Catastrophes successives, sans décou-
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374 LES MISSIONS CATHOLIQUES AU XIXe SIÈCLE.
quelle prudence il faut s'avancer pas à pas dans ces régions inhospitalières, où tout étranger est considéré comme un ennemi et comme une proie envoyée du Ciel,
Voici la situation religieuse de la mission du Sahara (1890) :
Personnel : 37 missionnaires-prêtres, 16 Frères, 3 clercs indigènes et 4 catéchistes; 11 Sœurs des Missions d'Alger.
Œuvres : 1 noviciat à Maison-Carrée (Alger), 34 novices prêtres, 17 novices Frères, 1 école apostolique à Notre-Dame d'Afrique (Alger), 98 élèves.
1 institut à Malte pour former des médecins et des catéchistes indigènes, à l'usage des missions du Sahara et de l'Afrique équatcriale, 21 élèves au total, 3 grands établissements et 170 aspirants qui se préparent à porter l'Evangile dans les régions les plus inexplorées de l'Afrique. 8 stations de missionnaires et 3 stations de Sœurs, dans le Sahara et la Grande-Kabylie; chaque station a son dispensaire et ses écoles. Garçons, 520 élèves ; filles, 170 élèves. Au total, 690 enfants qui sont arrachés à la barbarie et qui subissent l'action civilisatrice du christianisme et de ia France,
Le nombre actuel des chrétiens du Sahara et de la Kabylie s'élève aux environs de 200. Outre deux villages entièrement chrétiens, qui comptent 160 habitants, les missionnaires baptisent chaque année environ 60 enfants en danger de mort, sur lesquels il n'est pas douteux qu'un certain nombre ont survécu.
Illuminare his qui in tenebris et in umbra mortis sedent. Illiminez, Seigneur, ceux qui, depuis des siècles, sont assis dans les ténèbres et à l'ombre de la mort!
Statistique comparée des Missions de l'Afrique septentrionale.
En 1800 : 2 préfets, F prêtres, ? églises ou chapelles, ? écoles, 15.000 catholiques.
En 1840 : 1 évêque, 2 vicaires apostoliques, 2 préfets, 85 prêtres, ? églises ou chapelles, ? écoles, 58.000 catholiques.
En 1870 : r archevêque, 2 évêques, 3 vicaires apostoliques, 3 préfets, 289 prêtres, 179 églises ou chapelles, rr9 écoles, 329.623 catholiques.
En 1890 : 2 archevêques, 2 évêques, 2 vicaires apostoliques, 5 préfets, 7;9 prêtres, 412 églises ou chapelles, 527 écoles, 505.100 catholiques.
Sur ce chiffre de 505.100 catholiques, la plus grande partie, soit 400.000 environ, appartient à l'immigration, et ne peut par conséquent être portée à l'actif de l'apostolat. Néanmoins, en voyant ce qui s'est fait dans l'Afrique du Nord au cours du xixe siècle, on ne peut qu'admirer et remercier. Après douze siècles de servitude, l'Église romaine a repris position sur ces rivages,
si longtemps désolés, de la Méditerranée. Partout, à Alger, à Carthage, en Égypte, à Tripoli, au Maroc et jusqu'au fond des déserts du Sahara, le nom chrétien est connu et se fait respecter, même de ses ennemis, par les merveilles de son inépuisable charité, En Algérie, après un demisiècle d'attente, les barrières qu'on avait élevées entre les indigènes et nous sont renversées en partie. Désormais le disciple de Mahomet peut s'approcher des prêtres catholiques et les voir à l'œuvre. En Égypte, le schisme séculaire des Cophtes est profondément ébranlé. Comme toutes les vieilles hérésies de l'Orient, le mono. physisme croule au contact de la civilisation. et à la lumière de l'histoire mieux étudiée, Ce n'ést plus qu'une affaire de temps, et si les intrigues de la politique ne venaient se mettre à la traverse, si surtout le catholicisme avait des ressources plus abondantes et un plus grand nombre d'ouvriers, la réconciliation entre Rome et Alexandrie serait faite, ou bien près de se faire,
Mais si l'on peut raisonnablement espérer le retour des Cophtes à la vraie foi, si l'on peut se promettre de rapprocher de nous les anciens chrétiens d'Afrique, les Berbères de l'Atlas et du Sahara, il faut bien reconnaitre que, jusqu'ici du moins, la race arabe pure demeure réfractaire aux tentatives de l'apostolat. Son fanatisme meurtrier a fini avec sa puissance ; mais son orgueil religieux refuse toujours de s'incliner devant la supériorité pourtant évidente de la civilisation chrétienne, Les sectateurs du Pro. phète reviendront-ils un jour au Dieu qui a fait guérissables toutes les nations de la terre ? C'est le secret de l'avenir. En attendant, l’apostolat catholique prépare ses cadres, organise des légions de religieux pour prêcher la foi aux Arabes, quand l'heure de la Providence aura sonné pour eux, Puissent ces courageux apôtres voir bientôt se réaliser la prophétie que fit, diton, il y a un siècle et demi, un vieux marabout de Laghouat (1) :
« Une armée chrétienne, protégée de Dieu, s'avance vers nous. Le pouvoir des chrétiens n'aura pas de limites. Les mosquées seront abandonnées. La religion des vrais croyants est morte à Alger. C'était écrit! »
1, On peut consulter sur cette prophétie, très répandue parmi les Arabes de l'Algérie, plusieurs ouvrages : Z'A/gérie, par Carette, A/gérie et Tunis, par le capitaine Kennedy, etc., etc.