‹ Les missions catholiques au XIXme siècle [microforme] (volume 2)Chapitre 282 sur 478 · Cæcus cæco sf ducatum Preitet Math · texte numérisé non relu

Cæcus cæco sf ducatum Preitet Math

» 4mio in Joveam cadunt, 2. Wissions de la C ongrégation des Oblats

de Marie-Immaculée, n 113

des stations parmi les indigènes et leur ont parlé de la religion chrétienne ; ils n'ont pas su leur imposer le joug de la loi évangélique, mais ils l'ont rendu odieux. »

Et, dans une autre lettre de 186r, le même prélat ajoute :

€ Un des obstacles à la conversion des Cafres, ce sont les rapports qu'ils ont chaque jour avec les Européens, et spécialement avec les ministres protestants. Ceux-ci n'ont pas pu obtenir d'eux qu'ils renoncent à la polygamie et à leurs mauvaises coutumes. Ils ne les ont pas pressés sur ce point; de sorte que les Cafres s'imaginent que le christianisme est une affaire de forme, et que, pour satisfaire les missionnaires, il suffit de venir à la chapelle ! »

Le R. P. Gérard, de la même Congrégation des Oblats de Marie, apprécie comme son évéque la situation :

€ En général, les Cafres de cette colonie sont remplis de préjugés contre les missionnaires. Ces pauvres sauvages ont été habitués par les protestants à regarder la religion chrétienne comme quelque chose de fabuleux. Le petit nombre de Cafres convertis par eux est aussi corrompu que leurs compatriotes, mais beaucoup plus orgueilleux et plus fripons. » Et, faisant allusion aux trente ou quarante sectes qui se disputent les néophytes, le zélé missionnaire ajoute avec tristesse : € Quel malheur pour ces pauvres Cafres de voir ce chaos de religions diverses, eux qui sont déjà si indifférents et si pleins de préjugés !»

Malgré ces difficultés présque insurmontables, les missionnaires catholiques de l'Afrique du sud se sont mis courageusement à l'œuvre, et Dieu n'a pas laissé de bénir leurs travaux. C'est seulement en 1837 que fut érigé le vicariat apostolique du Cap. Le premier titulaire, Mgr Griffitz, trouva, à son arrivée, cnguante catholiques dans la colonie. Au bout de cénguante ans, il y a, dans l'Afrique méridionale, sept missions, quatre vicaires apostoliques, £roës préfets, cent missionnaires et vingt-trois mille catholiques. Les Cafres, qu'on disait inaccessibles à l'apostolat, sont accourus par centaines se grouper autour du prêtre catholique, qui n'avait pourtant à mettre à leur service que son dévouement et sa pauvreté. Déjà la nation des Zasutos compte un grand nombre de catholiques et parait prête

à embrasser en masse la foi de l'Église romaine : les Zoulous, plus difficiles et plus féroces, commencent à s'ébranler, Aujourd'hui que le catholicisme a solidement constitué ses cadres dans l'Afrique méridionale, l'avenir lui est assuré. Ce n'est plus qu'une affaire de temps ; les protestants eux mêmes en conviennent : € Le nombre des catholiques romains, écrivait, dés 1858, le Révérend Calderwood, s'accroit tous les jours. [ls ont deux évêques et un certain nombre de prêtres, tous hommes capables et énergiques. Il est certain que les protestants ne régneront pas seuls dans l'Afrique du sud (1), » € Les catholiques, dit un voyageur anglais, augmentent sensiblement, [ls feront, j'en suis certain, plus de véritables convertis parmi les hommes de couleur que toutes les autres sectes réunies (2). Puisse le pronostic se réaliser bientôt !

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