‹ Les missions catholiques au XIXme siècle [microforme] (volume 2)Chapitre 320 sur 478 · LA · texte numérisé non relu

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|» L'orphelinat de Kibanga est situé par 4925 | de latitude australe, sur la rive occidentale du Tanganika, presque en face d'Ouijiji. Peur l'établissement de villages chrétiens, la position de

ni l'espace qui nous font défaut pour l'avenir de notre œuvre,

| Kibanga est incomparable, Ce nest ni l'espoir,

> À deux reprises différentes, les chefs du

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pays nous ont cédé spontanément, en présence de nombreux témoins et moyennant cadeaux, deux immenses terrains de plusieurs milliers d'hectares de superficie, Le côté matériel de l'œuvre de nos villages chrétiens est donc assuré, N'étaient les sentiments hostiles des commerçants arabes, nous n'aurions aucune crainte matérielle pour l'avenir et la stabilité de la mission.

» À cette heure même, 140 enfants sont réunis dans notre orphelinat. Ils cultivent pour vivre et nous faire vivre avec eux, car nous sommes à la fois missionnaires, agriculteurs etbâtisseurs.

» À côté des trois villages chrétiens, douze autres villages se sont installés sur le territoire de la mission. Les noirs ont été admis, à la condition de n'avoir qu'une femme, de se faire instruire, et d'écouter le Père qui passe chez eux pour les catéchiser, Ces pauvres gens viennent chercher chez nous ce qu'ils ne trouvent pas ailleurs : la paix et la sécurité, car il arrive déjà qu'en cherchant le royaume de Dieu, notre mission de Kibanga a reçu le surcroit promis par Notre-Seigneur, c'est-à-dire la paix et une abondance relative, Au milieu de ces populations paresseuses, le travail auquel nous astreignons nos noirs leur procure, tout en les réhabilitant et en les gardant du mal, un bien-être inconnu à leurs voisins : € I] fait bon vivre chez les blancs, » disent-ils ; c'est la traduction de ce proverbe de notre moyen-âge catholique : I fait bon vivre sous la crosse. »

Le vénérable supérieur de la mission du Tanganika occidental continue en ces termes son intéressant exposé :

€ La foi est vive chez nos chrétiens. La plupart assistent chaque matin à la messe, pendant laquelle ils récitent dévotement leur chapelet. Après la messe, vient le travail ; il dure de six heures et demie à dix heures et demie, puis le soir de trois heures à six heures. Chaque semaine, trois jours sont donnés aux ménages mariés pour soisner leurs cultures : durant les trois autres jours, ils travaillent, moyennant salaire, au compte de la mission ; tous ces travaux sont obligatoires. Le travail est une expiation et une réhabilitation, d'après la loi divine. Sans lui, nous ne ferions jamais rien de natures aussi indolentes et aussi sensuelles que celles de nos noirs. Cette paresse naturelle au nègre serait,

456 LES MISSIONS CATHOLIQUES AU XIXe SIÈCLE.

si elle n'était combattue, un obstacle à une vie sérieusement chrétienne,

» Chaque jour, des catéchismes spéciaux sont faits aux différentes catégories de noirs. À la grand'messe du dimanche, les chrétiens et les catéchumènes entendent une homélie, et le soir, après le chant du cantique qui tient lieu de vêpres, un catéchisme en leur langue est fait aux indigènes des environs, qui y assistent toujours en grand nombre.

» La plupart de nos chrétiens participent aux sacrements de pénitence et d'eucharistie tous les quinze jours ; un certain nombre méritent cette faveur tous les dimanches. La foi de ces pauvres noirs est vive et simple ; l'action de la grâce de Dieu est visible en eux ; elle se touche du doigt, si j'ose ainsi parler.

» Ces villages forment avec l'orphelinat une population de sept cents âmes, catéchumènes et chrétiens. Notre action sur eux est immédiate ; ils sont chez nous et se disent nos enfants. Cet ascendant nous aide à les débarrasser d'une foule de superstitions cruelles et iniques : de l'épreuve judiciaire par le poison, par exemple, épreuve qui est chez les indigènes le prétexte et l'instrument d'une foule d'homicides.

» Les indigènes des environs sont aussi l'objet de la sollicitude des missionnaires. Ils visitent régulièrement ces pauvres gens, les soignent dans leurs maladies et les instruisent peu à peu. Chez beaucoup, il y a de la bonne volonté, et à la mort,un grand nombre s'en vont avec la grâce du baptême. Deux cent cinquante à peu près, depuis l'établissement de la mission, ont reçu, au seuil de l'éternité, la grâce de la régénération, Le chef du pays, Poré, un vieux sorcier qui compte à son avoir beaucoup trop d'homicides, nous est très favorable, Il vient à la mission, ses enfants aussi. [ls y trouvent un catéchisme oral toujours, et de petits présents ensuite,

» À soixante-dix lieues au sud, sur la même rive occidentale du Tanganika, est la station de Mpala, résidence de trois de nos Pères. Leur œuvre est à peu près la même que celle de Kibanga, avec cette différence qu'un plus grand nombre d'adultes rachetés de l'esclavage sont sous l'action immédiate des missionnaires. Par contre, l'œuvre de l'orphelinat n'y a pas reçu une extension aussi considérable qu'ici.

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» Cette station de Mpala est destinée à être plus spécialement un poste de mission proprement dite, c'est-à-dire que les Pères, n'ayant pas le soin, la sollicitude d'un nombreux orphelinat, pourront appliquer tout leur zèle à l'évangélisation des indigènes. Avec la grâce de Dreu et si les circonstances le permettent, la moitié de l'année, c'est-à-dire la saison sèche, sera employée en courses apostoliques.

» Les Pères de Mpala font déjà des instruc-

Le R. P. Guil'et, avec deux petits enfants nouvellement baptisés.

NTRALE, 1800-1890. 457

tions régulières dans les villages des environs. Un de ces villages, situé à dix heures de marche de leur résidence, est un centre de réunion pour les indigènes, quand la présence du Père y est signalée, »

Je n'ajouterai que quelques lignes à ce rapport intéressant, qu'on peut lire tout au long dans les Missions catholiques (tome XX, année 1888).

On a vu plus haut que l'hostilité des négriers arabes est le seul obstacle sérieux que redoutent

TANGANIKA, — Une rue du village de Kibanga, d'après une photographie.

les missionnaires, C'est qu'en effet, là est le grand danger des missions de l'Afrique équatoriale, C'est pour y obvier, en partie, que le cardinal Lavigerie a annexé à son œuvre de Missionnaires des auxiliaires laïques. Déjà le commandant Joubert a mis en état de défense le poste de Mpala, ancien fortin élevé d'abord par les officiers de l'Association internationale belge, et cédé par eux aux Missionnaires d'Alger. On comprend de quel intérêt il est, pour la

Missions catholiques

civilisation et l'avenir de l'Afrique équatoriale, de défendre contre les convoitises des négriers arabes des populations paisibles et laborieuses qui ne demandent qu'à s'initier aux habitudes de la vie chrétienne. Dans ce ministère de protection, les missionnaires ont couru, à plusieurs reprises, de véritables dangers. En 1888, la station de Kibanga fut cernée pendant trois jours par les esclavagistes. Sans l'intrépidité et le dévouement du P. Vyncke, ancien zouave

pontifical, la mission du Tusacite occidental aurait eu à enregistrer une catastrophe de plus.

Situation religieuse du vicariat au 1* janvier 1890 :

Personnel: 1 administrateur apostolique, 8 missionnaires d'Alger.

Œuvres : à stations avec résidences, Kibanga et Mpala. — 4 chrétientés primaires, 11 chrétientés secondaires, 3 chapelles,

3 orphelinats : 450 garçons et ? filles,

Population catholique baptisée : 1.000, sans compter un plus grand nombre de catéchumènes,

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