‹ Les missions catholiques au XIXme siècle [microforme] (volume 2)Chapitre 326 sur 478 · PRÉFECTURE APOSTOLIQUE LE FERNAND9-P · texte numérisé non relu

PRÉFECTURE APOSTOLIQUE LE FERNAND9-P

Les iles espagnoles de Fernando - Poo et d'Annobon forment, au fond du golfe de Guinée, une préfecture apostclique, qui fut érigée en 1855, à la demande de la reine Jsabelle, Après avoir été dirigée pendant deux ans par des prétres séculiers, elle fut confiée à la Compagnie de Jésus, qui y travailla avec fruit pendant une douzaine d'années, Avec ieur zèle accoutumé, les RR, PP. Jésuites s'appliquèrent à civiliser les indigènes, dont le marquis de Compiègne, explorateur français, nous fait ce portrait peu flatteur :

€ Les Zoubis sont des hommes extrêmement laids, vivant constamment au milieu des broussailles, dans un état presque complet de nudité ! Ce sont peut-être les sauvages les plus dégradés de l'Afrique... Sans cesse dans les montagnes, dans les lieux les plu ireltes, les Jésuites demeuraient des mois e."ers au milieu de ces indigènes , qu'ils traitaient avec une douceur évangélique. [ls étaient arrivés à comprendre et à parler parfaitement leur langue, qui cependant présente, paraît-il, des difficultés presque insurmontables pour les Européens (1). »

M. de Compiègne s'exprime au passé : c'est qu'en effet, au moment où il écrivait, la mission des Jésuites n'existait plus. Au lendemain de la révolution qui renversa Isabelle du trône, les libres - penseurs, momentanément maitres de l'Espagne, trouvèrent patriotique et urgent d'enlever aux noirs de F ‘rnando-Poo leurs instructeurs spirituels. Des Jésuites se permettant, malgré la loi, de se consumer de travaux et d'aller mourir dans une contrée malsaine, pour civiliser de pauvres sauvages et donner de riouveaux sujets à l'Espagne, il y avait là un abus intolérable, qu'une république éclairée et libérale ne devait pas supporter plus longtemps. La mission des Boubis demeura donc interrompue, et il ne resta dans la colonie qu'un seul prêtre séculier, pour le service des Européens que la révolution exila dans ce pays malsain, un des plus redoutés de l'Afrique, puisque l'ile Fer-

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