XVI, — ASIE
De 1848 à 1851 l'Asie a donné 1.052 35.
De 1852 à 1861 » 30.236 05, En plus 29.183 70 De 1862 à 1871 > 84902 37 » 54 666.32 De 1872 à 1881 » 107.308 36 » 22.406,09 De 1882 à 1891 » 89467 31. Dim, 17.841.053
Total en 44 ans : 312.966 44
En dernier lieu arrivent les missions naissantes de l'Asie : la Turquie d'Asie, les Indes, la Cochinchine et la Chine. En 1891 le total de ces cotisations s'est élevé à 7.195 fr. 53, C'est bien peu, mais c'est l'aumône du pauvre, qui est particulièrement chère au cœur de DIEU. À mesure que ces peuples lointains entreront dans la grande famille catholique, les missionnaires leur apprendront à venir au secours de ceux qui restent dans les ténèbres du paganisme,
Il faut voir maintenant comment sont distribuées ces sommes, dont le total paraît considérable, mais qui, partagées entre trois cents missions, ne fournissent à chacune qu'un budget très faible et absolument disproportionné avec les besoins des œuvres,
De 1823 à 1891, l'Association de la Propagation de la Foi a partagé entre des missions du globe une somme totale de 246.703.041 fr, 66 cent. ainsi répartie :
Missions d'Europe . . 42.615.942 fr, 98 Missions d'Asie . 101.352353 4 Missions d'Amérique. 46.595.648 19 Missions d'Afrique 31.599.669 27 Missions d'Océanie . . 24539.427 32
Voilà certainement de beaux chiffres, et pour quiconque ne voit les choses qu'en gros, il semble qu'un pareil budget doit suffire largement aux besoins de l'Apostolat ; mais il ne faut pas se contenter de cette vue d'ensemble, qui est singulièrement trompeuse, Si nous entrons dans le détail, nous verrons qu'en réalité, chaque mission ne reçoit qu'une subvention très faible et certainement insuffisante.
Prenons la dernière allocation de 1891: elle s'élève avec les dons particuliers, qui sont transmis fidèlement selon les intentions des donateurs, à une somme totale de 6.779.363 fr. 77. Or, ce total se partage entre 277 missions ; ce qui donne pour chacune une moyenne de 24.474 francs.
Là-dessus il faut prendre :
1° Le viatique du supérieur de la mission et des missionnaires ;
2° Le viatique des prêtres indigènes, s'il yen a ;
3° La subvention du Séminaire et des écoles de la mission ;
4° Les dépenses du catéchuménat, traitement des catéchistes, etc, ;
5 La construction et l'entretien des églises, chapelles, et autres établissements de la miss'on ;
6 L'entretien des hôpitaux, refuges, et autres établissements
de charité, suivant les lieux ; 7° Les secours aux chrétientés pauvres ou persécutées,
Voilà les œuvres indispensables de chaque mission ;
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sans ces œuvres, plus ou moins développées, selon les
localités, il est impossible de faire le bien et de fonder
ns 3 chose de sérieux, Or maintenant, je le de-
mande à tout lecteur équitable : qu'est-ce qu'une
somme moyenne de 24,000 fr, partagée entre ces six à sept chapitres d'une indispensable nécessité ?
Mais, pour mieux faire saisir l'insuffisance des allocations, dans l'état actuel de l'œuvre, je vais sortir des généralités et prendre un exemple dans une mission que je connais mieux que les autres, puisque j'ai l'honneur d'en faire partie :la mission de Cochinchine-
Occidentale, Certes, la mission de Saïgon est une de
celles qui se présentent avec des apparences florissantes, Fondée il y à cinquante ans, devenue le cheflieu d'une colonie française, elle possède de beaux
établissements religieux, ses œuvres sont en pleine activité, et elle compte 57.000 catholiques, en grande
majorité fidèles aux pratiques relirieuses, C'est une de ces missions dont un voyageur de passage à Saïgon ne manquerait pas d'affirmer, à première vue, la prospérité ! Quelle est pourtant sa situation vraie ?
Voici le tableau de ses déperises obligatoires en 1891 :
19 Double viatique du vicaire apostolique et viati-
que simple de 49 missionnaires à 660 fr. l'un, 33.660 fr. 2° Retraites ecclésiastiques, journées d'hôpital et
voyages des missionnaires , , . , . . , 4000 fr. 3° Viatique de 44 prêtres indigènes, À 330 fr, l'un. 14.520 fr. 4° Frais d’ordination, chapelles des prêtres indi-
gènes et entretien des ornements , , . + 2.000 fr, 5° 120 bourses au Séminaire, à 150 fr. l'une . 18,000 fr. 6 Entretien des bâtiments du Séminaire, varia 4 000 fr, 7° 120 écoles de paroisses, à 120 fr. l'une. . , . 24.000 fr. 8° Construction de nouvelles écoles et entretien
COR ANCIENNES de Le so , : 6.
9 40 crtéchistes, à 250 fr. l'un, voyages compris. 10.000 fr. 10° Entretien des églises de chrétientés, construc-
tions nouvelles, secours aux catéchumènes
pendant leur instruction 35 000 fr,
‘Total des dépenses, , 150.180 fr.
Ainsi il ressort de ce document officiel qu'une somme de 150.000 fr. est strictement nécessaire pour assurer le fonctionnement des œuvres actuelles, sans rien fonder de nouveau. Si l'on disposait d'un budget annuel de 200.000 fr., de 300.000 fr., alors on pourrait largement développer les œuvres existantes et tenter en grand l'évangélisation des villages payens. Il n'est pas douteux qu'un grand nombre de payens se convertiraient, si on pouvait leur fournir des catéchistes, élever des chapelles et des écoles dans les nouveaux centres d'évangélisation,
Or non seulement cela est impossible dans la situation actuelle, mais encore nous sommes bien loin d'atteindre à ce budget de 150.000 fr. indispensable au bon fonctionnement de nos œuvres.
En effet, combien la mission de Cochinchine-Occidentale a-t-elle reçu de la Propagation de la Foi au dernier exercice ? 67.328 fr. 85, pas même la moitié de la somme indispensable,
Mais alors, dira le lecteur, comment vous en tirezvous ? La réponse est bien facile : on ne s'en tire pas ; c'est-à dire que tout souffre, les hommes et les œuvres, que le bien ne se fait qu'avec une lenteur désespérante et dans des proportions, hélas! beaucoup trop restreintes, Chacun s'ingénie de son mieux pour subvenir au déficit de son budget paroissial, et je connais tels de mes confrères qui, dans un climat débilitant, se privent de tout, pour prendre sur leur modeste viatique de 660 fr, (1) de quoi entretenir leurs œuvres, soutenir
Missions Catholiques
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leurs écolesfet nourrir leurs catéchumènes. Après tout, nous ne faisons en cela qu'imiter bien des généreux bienfaiteurs de notre œuvre ; ce ne sont pas ces privations matérielles qui sont la véritable épreuve du missionnaire ; sa croix de chaque jour, sa souffrance sans cesse renouvelée, c'est de se sentir paralysé par la pauvreté, de voir le bien à faire, facile à réaliser, là, sous la main, et d'être forcé d'y renoncer, faute d'un peu de cet or qu'on gaspille si facilement dans les fêtes du monde, Oh! combien de fois j'ai envié les riches subventions de l'apostolat protestant! Que de bien nous ferions, si nous pouvions, comme ces messieurs, multiplier les fondations, les écoles, les orphelinats, les hôpitaux, les dispensaires, toutes ces œuvres qui demeurent à peu près stériles aux mains glacées de l'hérésie et qui feraient germer dans nos missions une moisson de fervents chrétiens ! Le chiffre total des protestants ne dépasse pus, dans le monde entier, le tiers de celui des catholiques, Comment fournissent-ils, sans compter, cinouente À soixante millions chaque année au budget de l'erreur, alors que les enfants de la vérité, trois fois plus nombreux, ont bien de la peine de se maintenir au chiffre de six millions et demi ? Il est certain qu'on n’y songe pas assez et qu'un grand nombre de catholiques, surtout ceux des classes riches, ont de graves reproches à se faire à cet égard,
Il faut donc que les bienfaiteurs des missions s'appliquent à répandre autour d'eux la grande Œuvre catholique de la Propagation de la Foi, Cette œuvre n'est pas assez connue, même en France, Elle fait appel à tous les catholiques du globe ; par la simplicité du règlement, par la modicité de l'offrande exigée, elle est vraiment à la portée de tous. € Jusques à quand, » écrivait Ozanam, trouvera-t-on des hommes plus » disposés à aller chercher des âmes jusqu'aux extré- » mités du monde, que les deniers nécessaires pour » payer leur passage sur le pont d'un navire? »
A côté de la somme de 246,000.000 distribuée en 70 ans aux missions par l'Œuvre de la Propagation de la Foi, on trouve, dans les comptes de l'Association, une somme totale de 17.905.878 fr. 75 qui a été absorbée paï les frais généraux de l'œuvre. Ces frais généraux se divisent en deux chapitres :
19 Publication des Annales de la Propagation de la Foi, prospectus , tableaux des décuries, etc. — 14.912.105 fr. 47.
Les Annales sont tirées actuellement à 265.700 exemplaires ; savoir : français, 168,000, bretons, 6,500, anglais, 12,600, allemands, 31,400, espagnols, 14.000, flamands, 6,900, italiens, 19,000. portugais, 1,900, hollandais, 2.700, basques, 650, polonais, 2,050. Ce recueil, composé des lettres des missionnaires, forme en ce moment une collection de 63 volumes (plus 2 voi, de tables), qui font suite aux Lettres édifiantes et renferment, avec les actes authentiques de l’Apostolat, les noticas les plus variées et les plus intéressantes sur ces peuples encore si mal connus. Au simple point de vue historique, géographique et scientifique, ce recueil, qui n'est pas assez répandu, devrait avoir sa place dans toute bibliothèque sérieuse.
Les Annales sont distribuées gratuitement, par fas-
1. Pour comprendre l'insuffisance de cette allocation de 660 fr. donnée à chaque missionnaire, et celle de 330 fr. pour les prêtres indigènes, il faut se rappeler que la vie est très chère dans la colonie, Les moindres traitements des employés européens sont de 60 piastres
-(240 fr.) par mois ; quant aux employés ,annamites, ils gagnent couram-
ment 30 et 40 piastres par mois.
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cicules illustrés qui paraissent tous lestdeux mois, aux associés de l'(Euvre de la Propagation de la Foi, à raison d'un exemplaire pour dix associés, Elles tiennent les fidèles au courant des travaux et des souffrances de l'Apostolat, Que d'actes de vertus, que de pieux sacrifices elles ont inspirés! Que de jeunes lévites lui doivent leur vocation! — « Mère, » disait un jour à une femme en pleurs un futur confesseur de la foi, Mgr Ridel, mort vicaire apostolique de la Corée, « c'est ta faute si je te quitte. Enfant , Jai appris sur tes genoux à lire dans les Annales de la Propagation de la Foi, et dès ce jour j'ai résolu de me faire missionnaire, » — « Quand j'entendais lire au réfectoire du séminaire les Annales de la Propagation la Foi, écrivait un missionnaire qui est mort : -rnièrement (1), vhl comme le cœur me battait! Les yeux étaient pleins de larmes, les oreilles attentives À la lecture, et chacun de nous se disait : Et moi aussi, je serai missionnaire! » Grâce à ce recueil périodique, l'homme apostolique se sent en communion de prières et de bonnes œuvres avec les fidèles des cinq parties du monde, Perdu aux extrémités du globe, au milieu de populations étrangères et hostiles, il se sent encouragé, soutenu, fortifié dans ses épreuves et ses combats ; écrasé sous la cangue, enfermé au fond d'un cachot infect avec des brutes et des scélé ats, il se console en se disant : «Il y a, à cette heure, des âmes chrétiennes qui prient pour moi et qui sympathisent à mes souffrances, Je ne suis pas seul ; là-bas, sur les rivages du monde £tatholique, il y a des milliers de frères qui prient pour moi, qui demandent chaque jour à DIEU pour moi la persévérance et la force ; et quand ma tête sera tombée sous le fer du bourreau, ils s'associeront à mon triomphe et béniront DIEU qui, dans nos tristes temps, se suscite sncore, comme au premier jour, des apôtres et des martyrs, » 2° Une somme de 1.693.773 fr. 48 cent, a été
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dépensée depuis 1822 en frais d'administration propre-
ment dite ; mais il faut remarquer ici que, dans l'Œuvre de la Propagation de la Foi, les fonctions des administrateurs sont entièrement gratuites. Les frais d'administration comprennent donc uniquement les dépenses occasionnées, en France et dans les autres contrées du monde catholique, pour le bon fonctionnement de l'œuvre: location des bureaux, traitement des employés, frais de recouvrement et de correspondance avec les cinq parties du monde. En 1891, il a été alloué pour ces différents objets une somme de 5 1.345 fr. 84 cent. qui paraîtra bien minime, si on la rapproche des dépenses considérables des différentes sociétés protestantes, dont le quart du budget total, soit une somme annuelle de douge à quinse millions, reste en Europe pour rétribuer les services des administrateurs,
Les hommes éminents qui sont a la tête des deux Conseils de Lyon et de Paris, ménagent avec la plus scrupuleuse éconcmie ei le plus nobie désintéressement les ressources de l'Apostolat catholique, et dans la répartition annuelle des fonds aux différentes missions du globe, ils se sont toujours inspirés de la plus rigoureuse impartialité, C'est un témoignage que tous les missionnaires sont heureux de leur rendre.
Les excellents catholiques qui consacrent gratuitement leurs veilles au bon fonctionnement de l'œuvre savent, mieux que personne, que de sacrifices, que
1. M. Dourisboure, supérieur de la mission des Bahnars, Cochinchine-Orientale.
d'actes de vertus cachés représente ce total, Combien de traits édifiants, que de choses touchantes je pour. rais rapporter ici ! J'ai connu, pendant que j'exerçais le saint ministère en France, de pauvres filles qui jeûnaient littéralement, pour pouvoir chaque année prendre sur leur travail, si mal rétrihué, dix ou vingt francs pour l'œuvre de la Propagation de la Foi, Les Annales de l'œuvre, le journal /s Missions catholiques, nous ont raconté de temps en temps quelques-uns de ces traits vraiment héroïques : c'est un bon vigneron du Beaujolais qui, après avoir partagé son bien entre ses trois enfants en se réservant une rente viagère, vit d'épargnes et de privations pour apporter, chaque ainée, à la Propagntion de la Foi des aumônes princières de douse à quinse cents francs ; c'est un pauvre curé de campagne qui verse en une fois à la caisse tout ce qu'il avait épargné pour ses vieux jours, 1.477 fr. 45 c, Sa pieuse domestique ne veut pas rester en arrière de son maitre, et elle donne généreusement tout ce qu'elle possédait en ce monde : un titre de rente de 7.380 fr. C'est un vieux domestique de séminaire, que j'ai connu ; il avait amassé, sou par sou, ure somme de 800 francs, afin de faire dire des messes pour lui après sa mort; il iivra avec joie son petit trésor à un de mes confrères qui partait pour la Chine, s'exposant ainsi aux sévérités du purgatoire, afin de faire connaître et glorifier DIEU pendant sa vie ; c'est une pauvre veuve de St-Brieuc qui, incapable de travailler et vivant uniquement d'aumônes, se nrésente un jour au presbytère et offre avec orgueil au : teur une double cotisation, 104 sous «1! ile a mis trois mois à recueillir en mendiant à trave:s la campagne ; c'est une pauvre filandière qui, ne gagnant que juste ce qu'il lui faut pour vivre, travaille, pendant plusieurs années, une heure de plus chaque soir, pour se donner le luxe d'offrir à elle seule une décurie, 26 fr. par an ; c'est une femme du grand monde, qui économise sur sa toilette et voyage toujours en troisième classe, afin d'épargner pour les missions ; c'est une pauvre vieille de 75 ans, qui ne vit que de pain et de légumes ; un jour qu'on l'engageait à acheter un peu de viande pour soutenir ses forces : € De la viande! s'écrie-t-elle avec surprise, mais com- » ment ferai-je alors pour verser chaque année 200 fr » à la Propagation de la Foi? » laissant ainsi échapper son pieux secret,
Il semble que, dans les desseins de DIEU, l'œuvre le la Propagation de la Foi, qui a commencé par les humbiles cotisations des ouvrières de Lyon, a reçu une bénédiction spéciale pour attirer le cœur des pauvres et des déshérités du monde. Sans mépriser l'aumône des riches et des heureux de la terre, elle tire la meilleure part de ses ressources annuelles de l'offrande des pauvres, des petits, de ceux qe le monde dédaigne, Ce sont leurs aumônes accumulées qui ont constitué à la Propagation de la Foi un budget vraiment royal, auquel n'atteignirent jamais les monarques de l'ancien régisne, Comme ces milliards de gouttes d'eau qui, déposées par la pluie au flanc des collines, pénètrent lentement à travers le sol ét jaillissent en sources profondes, d'où sortent les grands fleuves qui roulent leurs eaux à la mer et fertilisent tout un pays, ces millions de sous, déposés chaque semaine dans la caisse de l'œuvre, arrivent à former, au bout de l'année, un budget total de six à sept millions, qui se répandent sur toute la surface du globe, pour arroser et féconder ce sol du paganisme, parfois si ingrat et si dur à défricher.
Qu'on me permette encore un dernier trait : un reli-
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gieux de la Compagnie de JÉSUS allait partir pour la mission des Indes ; il est rppelé au parloir, où il irouve mne vieille femme du pevols : € Mon Père, lui dit-elle, » j'ai appris que vous alliez partir ; je voudrais dépo- > ser entre vos mains un dépit pour moi désormais » inutile ; je suis bien avancée en âge, j'ai 71 ars, et » DIEU ne peut manquer de m'appeler bientôt À lui ; » j'ai 500 fr. vour toute fortune ; je veux les employer » en bonnes œuvres ; sur cette somme, recevez, je vous » prie, 400 fr. pour les besoins de votre mission, » Ft ouvrant un vieux morceau d'étoffe, elle étale sur la table son petit trésor, composé uniquement de pièces de 50 cent. et de 1 fr. ramassées une à une, À force de privations, Malgré ses instances et ses larmes, le mis. sionnaire ne consentit À prendre que 150 fr.
Et comment ne pas mentionner encore cet humble épicier de la Drôme, mort en 1889, à l'hôpital de Romans, après une vie de dévouement héroïque? La charité a fait de ce pau’ .e artisan un des plus grands bienfaiteurs de l'œuvre de la Propagation f + la Foi ; il lui consacra tous les bénéfices de son petit co.nmerce, et l'on a calculé qu'en trente ans, le total de ses aumônes s'élevait à 116.000 fr, C'est ains: que, forcé de rester dans le monde, cet humble épicier sut être apôtre sans sortir de sa boutique, et au grand jour des Rétributions, nous le verrons placé au-dessus de bien € mission aires d'une vertu plus médiocre et d'un zèi moins inielligent,
C'est na; milliers qu'on pourrait rapporter des faits de ce genre, dont on ferait facilement un livre intér sant ; mais ce n'est pas ici la place, Ce que je tiens à dire, c'est que les miss’nnaires apprécient, comme ils le doivent, les sacrifice, de leurs bienfaiteurs, et qu'ils ne sont pas ir,grats, Sans parler des milliers de messes qui se célebrent, chaque année, dans nos missions pour les associés vivants et défunts, nous apprenons à nos chrétiens à aimer ceux qui se dévouent à leur envoyer des prêtres et à soutenir leurs œuvres. Chaque semaine, dans nos missions de Cochinchine, on fait des prières solennelles pour les bienfaiteurs défunts, et cette union de prières et de sacrifices est la démonstration vivante, quotidienne, de ce grand dogme de la coinmunion des saints, qui est la gloire de l'Église catholique et sa force la meilleure pour triompher de ses ennemis.
Dès les premiers jours de la fondation de l'œuvre, la voix des Souverains-Pontifes s'est fait entendre, pour la recommander au monde catholique et l'enrichir de faveur spirituelles. Dans les 70 premières années de son existence, 22 rescrits ou lettres pontificales sont venus attester la sollicitude des Vicaires de JÉSUS-CHRIST pour la grande œuvre catholique, Voici, par ordre de dates, la liste de ces précieux témoignages :
523. 15 mai. — Bref de Pie VII, instituant canoniquement l'œuvre et l’enrichissant d’indulgences.
1824. 11 mai. — Rescrit de Léon XII, accordant de nouvelles indulgences.
1829. 18 sept, — Rescrit de Pie V'II, confirmant les faveurs précédentes.
1831. 25 sept. — Bref de Grégoire XVI en faveur de l'œuvre.
1835. 12 déc. —. Rescrit de Grégoire XVI.
1838. 22 juil. — Kescrit de Grégoire XVI.
1840. 15 août. — Lettre encyclique de Grégoire XVI à tous les partriarches, archevêqnes et évêques du monde chrétien, pour leur recommander l'œuvre de la Propagation de la Foi,
1846. 19 août, — Lettre de Pie IX aux deux Conseils de Paris et de Lyon,
1847. 17 oct. — Rescrit de Pie IX,
AU XIX" SIÈCLE. Li
1850, 10 sept, — Rescrit de Pie IX.
1851, $ août, — Rescrit de Pie IX en faveur des associés
pauvres.
1853. 31 déc. — iref de Pie IX, accordant la faveur de l’au- 1 privilégié cinq fois par semaine, au:
prêtres collerteurs de cent décurier,
(2600 fr.)
1855 17 avril, — Rescrit de Pie IX en faveur des associés. \! n'ont pas encore fa: leur première Communion,
1463. 7 mars, — Kescrit de Fie IX, accordant de nouvelles indulgences,
1865. 26 janv, — Rescrit de Pie IX,