‹ Les missions catholiques au XIXme siècle [microforme] (volume 2)Chapitre 88 sur 478 · LISES · texte numérisé non relu

LISES

tine, 25 églises et 32 chapelles, et dans l'ile de Chypre, 2 églises et 3 chapelles.

Satistique comparée du Patriarcat de Jérusalem

En 1800 1850 1890 3.000 4.400 3.620 Latins.

Un mot maintenant sur la question des Lieux Saints, si malheureusement embrouillée par les

Mgr Bracco, Patriarche latin de Jérusalem.

intrigues des

Il est certain qu'en droit, tous les Lieux Saints

de la Palestine appartiennent aux Latins, qui ont arraché ces augustes sanctuaires aux profa-

nations des inusulmans, au prix du s:

pur de l'Occident. Les Grecs n'ont

ro

ve d'Occident. Quant à 1 intervenue aux Croisades pour une

ng le plus joué d'autre les faire avorter, en ndant aux infidèles Je sang

le aux Croisades que de de leurs frères a Russie, elle n'est pas

raison très

simple : elle n'existait pas encoïe,

Aussi, à la chute du royaume latin de Jérusalem, c'est avec le roi de France, et non avec l'empereur de Byzance, que les vainqueurs traitèrent de la reddition des Saints Lieux. La France catholique fut, jusqu'à ces derniers temps, la protectrice officielle du Saint-Sépulcre et de tous les sanctuaires de la Palestine. Elle y installa les religieux franciscains, qui s'en firent les gardiens, au prix de bien des avanies et de nombreux martyrs. Les Grecs, à ces heures troublées où il fallait souvent exposer sa vie pour la défense des sanctuaires, se gardèrent bien de nous en disputer la possession, Leurs prétentions

CO

E ——— Chapelle du Saint-Sépulcre, = "|

ne se révélèrent que plus tard, quand le danver fut passé.

C'est seulement au cours du xvue siècle qu'ils essayèrent de nous disputer les sanctuaires de la Palestine. Ts commencèrent par le tombeau de la Vierge, et, pour ameuter les Turcs contre les Latins, ils ne reculèrent pas devant la calomnie, Eux qui célébrent comme nous la fète de l'Assomption de Marie au Ciel, ne rougirent pas de dire que les religieux francs avaient dérobé le corps de la Mère de Dec, et l'avaient vendu au Pape pour une grosse somme d'argent. Après une enquête sévère, le gouvernement turc reconnut la fourberie des Grecs et l'innocence des Latins.

Sur l'ordre de Louis XIV, notre ambassadeur à Constantinople en profita pour faire reconnaître le droit exclusif des Latins à la possession des sanctuaires. Le firman de 1673 était ainsi conçu : € Les religieux francs qui sont établis au dedans et au dehors de Jérusalem, ne seront point molestés pour les lieux de pèlerinage qui sont entre leurs mains, et qui y resteront, sans qu'ils puissent jamais être inquiétés dans leur possession, »

En 1740, les Grecs ayant recommencé leurs intrigues, il y eut un nouveau firman pour confirmer le droit exclusif des Latins, cette fois, avec la garantie du Sultan : € Nous nous engageons, nous Sultan, sous notre serment le plus sacré et le plus inviolable, soit pour notre personne :périale, soit pour nos augustes successeurs, 1:08 suprèmes vizirs, nos honorés pachas et généralement tous nos ministres, que jamais il ne sera permis rien de contraire aux présentes stipulations, »

Le droit exclusif des Latins sur tous les sanctuaires de la Terre Sainte est donc diplomatiquement incontestable, Malheureusement, avec la malice des Grecs et la versatilité des Tures, on n'est jamais sûr de rien,

Le 2 avril 1757, veille du dimanche des Rameaux, les nombreux pèlerins grecs, à l'instiga. tion des moines schismatiques, renversent le magnifique autel que les religieux latins avaient élevé, selon la coutume,devant le Saint-Sépulcre, brisent les chandeliers, volent les lampes d'or et d'argent, dons de la piété des’ rois catholiques, et s'emparent violemment de l'église pour y célébrer leur culte, Le pacha de Jérusalem, que les schismatiques avaient gorgé d'or, leur donna raison, contre la foi des traités.

À Constantinople, le grand vizir Raghib- Pacha, homme vénal, avait touché, lui aussi, des sommes considérables, Non content d'étouffer l'affaire, il accorda aux Grecs un firman qui les mit en possession du Saint-Sépulcre, du tombeau de la Vicrve, de Ja grotte de la Nativité et de la grande église de Bethléem.

Aux réclamations de l'ambassadeur de France, il répondit insolemment : € Ces lieux appartiennent au Sultan, mon maitre, qui les donne à qui il lui plait. Il se peut qu'ils aient toujours été aux mains des Latins francs, mais aujourd'hui Sa Majesté veut qu'ils soient aux Grecs. » La

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France de Louis XV accepta l'affront, elle n'était plus digne de monter la garde au tombeau du Cnrisr ; Mme de Pompadour avait d'autres préoccupations,

En 1808, les Grecs incendièrent l'église du Saint-Sépulcre, bâtie en 1120 par les Latins. Profitant de la détresse des religieux latins et de l'indifférence de l'Europe, occupée alors des guerres de l'empire, ils reconstruisirent l'é. glise à leurs frais, jetérent au vent les cendres de Godefroy de Bouillon et de Baudoin, détruisirent systématiquement tous les souvenirs des croisés, et s'emparèrent pour eux seuls de la grande nef et des principaux sanctuaires, ne laissant aux Latins que l'usage précaire des Lieux Saints. Plus d'une fois, on a vu les moines grecs chasser à coups de bâton les prêtres catholiques de l'autel vù ils célébraient.

Lors du rétablissement du Patriarcat latin de Jérusalem, Pie IX demanda, par l'entremise de la France, la restitution des Sanctuaires volés. Le général Aupick, ministre plénipotentiaire de la République, homme énergique et droit, présenta En 1849, au grand vizir, un long rapport au sujet des Lieux Saints. La Porte reconnut immédiatement que les anciens firmans étaient toujours en vigueur, Le droit des Latins était confirmé, Il ne restait plus qu'à constater quels étaient, en 1673, les sanctuaires possédés par eux,

C'est alors que la Russie intervint. L'empereur Nicolas, se portant comme protecteur des Grecs orthodoxes, écrivit de sa main au Sultan, pour demander le maintien du statu guo à Jéru- Salem. La guerre de Crimée était à l'horizon, On sait le reste : les prétentions des Russes allèrent en s'accentuant, la guerre finit par éclater, et Nicolas fut battu,

Au lendemain de la paix de 1856, la France était maitresse à Jérusalem, Rien de plus facile à ce moment, que d'exiger l'exécution du firman et la restitution des sanctuaires. Mais le libéral et chimérique Napoléon LI avait d'autres visées, I rêvait déjà d'affranchir l'Italie, cest-à-dire de détrôner moralement le Pape. La question des Saints Lieux fut abandonnée.

En 1866, il fallut refaire la coupole du Saint- Sépulcre. Le Pape, pour affirmer les droits des catholiques, offrit de la reconstruire à ses frais, Mais l'empereur refusa l'offre du pontife, ct s'en-

tendit avec le Czar pour refaire la coupole à frais communs, C'était abandonner les droits séculaires de la France et reconnaître au schisme un droit égal au nôtre sur les sanctuaires de la Palestine, La Convention elle-même s'était montrée mieux inspirée. En 1794, Robespierre avait écrit à notre ambassadeur à Constantinople de faire respecter les droits exclusifs de la France

Sur les Saints Lieux.

2. — ARCHEVÊCHÉ DE SMYRNE et VICARIAT APOSTOLIQUE DE L'ASIE MINEURE,

Le siège archiépiscopal de Smyrne fut rétabli par Pie VIT en 1818. Le titulaire fut chargé, en outre, d'administrer le vicariat apostolique de l'Asie-Mineure, A cette époque, l'archidiocèse et le vicariat réunis comptaient environ 4.400 catholiques, sous la direction des RR. PP. Capucins, Franciscains, Dominicains et Lazaristes,

En 1840, l'archidiocèse et le vicariat comptaient : 1 archevêque, 20 missionnaires appartenant aux divers Ordres religieux susnommés, 20 prêtres séculiers, 5 églises, 4 chapelles, 1 collège de Lazaristes,

En 1870, 1 archevêque, 59 prêtres, 8 églises et chapelles, 1 orphelinat, 6 communautés d'hommes, 1 maison de Sœurs de Charité,

En 1890, l'archidiocèse seul compte :

Personnel : 1 archevêque, 56 prêtres dont 17 séculiers et 39 réguliers,

Communautés religieuses d'hommes : 10 Franciscains, 11 prêtres; 20 Capucins, 6 prêtres, noviciat international, 20 novices ;: 3° Domini- Cains, 2 p ‘tres ; 40 Lazaristes, 11 prêtres ; 5° religieux arméniens méchitaristes, 8 prêtres ; 6° religieux maronites, 1 prêtre ; 79 Frères des Écoles chrétiennes,

Communautés de femmes : 1° Sœurs de Saint- Vincent de Paul ; 2° Dames de Sion.

Œuvres : 2 collèges de jeunes gens : 1° Lazaristes, 87 élèves ; 20 Frères des Écoles chrétiennes, 155 élèves, 2 pensionnats de filles 19 Dames de Sion ; 20 Sœurs de Saint-Vincent de Paul, 90 élèves, éco'es paroissiales,

Il y a dans le vicariat apostolique de l'Asie- Mineure une douzaine de stations avec 10 églises ou chapelles, des écoles et orphelinats tenus par les Sœurs de Saint-Vincent de Paul.

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Il y a, dans l’archidiocèse et le vicariat réunis, 16.300 catholiques, dont 15.500 Latins. Les Soo autres appartiennent aux rites arménien et maronite, Il y a dans la province environ 2.000.000 d'habitants.

Statistique comparée du diocèse de Smyrne

En 1800 1850 1890 3.000 arch, et vic. ap. réunis, 11.000 arch. : 14,000 Lat: Vic. : 1.500 Lat.

To*. 3.000 EE} — [todo » 15.500 Lat.

L'antique métropole d'Ephèse, dans la pro-

vince de Smyrñe, n'est plus qu'un amas de décombres ; de temps en temps, les catholiques de Smyrne s'y rendent en pèlerinage, pour vénérer les sciscruirs de la Vierge Marie et de l'apôtre bien-aimé.

à VICARIAT APOSTOLIQUE D'AÂLEP, Le vicariat apostolique d'Alep, détaché en

1762 du vicariat patriarcal de Constantinople, embrassait d'abord l'Asie Mineure, la Syrie, la

Université Saint-Joseph à Peyrouth, d'après une photographie,

Palestine, l'Arabie, Chypre et l'Égypte. Des démembrements successifs, opérés au cours de ce siècle, l'ont restreint à la Syrie. Il s'étend actuellement du wolfe d'Adulia à Saint-Jeand'Acre, Au sud, il est borné par le patriarcat de Jérusalem ; à l'est, par l'Euphrate ; au nord, par la chaine du Taurus, et à l'ouest, par la Médi: terrance,

Les villes principales du vicariat sont : Bey routh (l'ancienne Bérythe), Alep, Damas et Antioche. Le nombre actuel des catholiques latins y est de 4.400, répandus dans une tren-

taine de stations, [y à de plus, dans le vicariat, 344.500 chrétiens appartenant aux rites orientaux unis : maronites, arméniens, grecs et syriens, [y a dans le vicariat d'Alep, 182.000 schismatiques, 7.000 protestants, 1.572.0c0 musulmans, 220.000 paiens (Druses) et 12,000 juifs, Au total: 1,99 3.000 dissidents.

n'y à pas encore de clergé séculier latin dans le vicariat, Les paroisses latines sont desservices par les différentes familles religieuses dont les noms suivent

Communautés d hommes x

SES DU RIT-UNI, 1800-1890. 135 | de 1° Franciscains de l'Observance (depuis le temps de saint | Communautés de femmes Û 1G François d'Assise) : 1 couvents, s1 religieux. | < : : : ques Le : }t19 Vis 8 = 1° Sœurs de Saint-Vincent de Paul (1846), 8 maisons, 2° Capucins (1627), 3 Paroisses et 6 couvents, 112 reli. | s Jour lee | 150 Sœurs, gieux. | a Sœur , ñA Hs :

de : EN | ‘urs de Saint-Joseph de l’Apparition (1846 8 mai. de 3° Carmes (1658), 1 Paroisse et 4 couvents, 19 religieux Æ Josp PP (1846), : Res ; | Sons, 54 sœurs, dont le supérieur a la dignité de préfet apostolique. | ; ee ; ti) he | 3° Dames de Nazareth, 1 maison, 50 religieuses, \ 4° Jésuites (1831), 126 religieux. | ; nee : S i 4 = | 4° Sœurs Trinitaires, 1 maison, 7 Sœurs. 5° Laïaristes (1784), 6 maisons, 46 religieux. : : in : . î : Es 5° Sœurs Mariamettes indigènes, 14 écoles de paroisse, 6° Trappistes, 1 maison, 17 religieux. En | : à ; ñ : 80 Sœurs. | 7° Frères des Écoles chrétiennes, 1 maison, 5 Frères. - | 8° Frères Xavériens (indigènes), une vingtaine d'écoles | Œuvres d'éducation : Un grand et un petit | ens | paroissiales. | Séminaire à Beyrouth, sous la direction des ple, , la

Atelier et personnel de l'imprimerie de l'Université Saint-Joseph, d'après une photographie.

‘lat, ê ien- RR. PP, Jésuites : 60 élèves, L'université de Salima, Capucins, So élèves. Totai : 870 élèves | ons. Beyrouth, sous la direction des mêmes Pères ! dans les collèges catholiques. mat- avec une école de médecine, 521 élèves. Outre Neuf maisons d'éducation supérieure pour les ins, leur université, les Jésuites ont à Beyrouth une jeunes filles : à Alep, Sœurs de Saint-Joseph, tal: imprimerie, et font Paraître un journal hebdoma- | 38 élèves : A Bérythe, Sœurs de Saint-Joseph, daire, pour répondre aux calomnies de la presse | 57 élèves: Dames de Nazareth, Sœurs Triniatin maçonnique et protestante, taires, Sœurs de Charité, 1.202 élèves; À Damas, les- I y a, de plus, dans le vicariat d'Alep, Sœurs de Charité, 73 élèves : À Tripoli, Sœurs ISCS

( grands collèces pour les jeunes gens : à Alep, l'ranciscains, 200 élèves à Antoura, Lazaristes,

250 élèves : à Damas, Lazaristes, 340 élèves : à

de Charité, 95 élèves; À Sidon, Sœurs de Saint- Joseph, 30 élèves, Au total, 1.495 élèves, Il y a en outre, 331 écoles primaires, 267 pour les

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garçons, 8.270 élèves, 84 pour les filles. Total : 8.580.

Cela fait, au total, tout près de 20.000 enfants qui reçoivent l'enseignement primaire, secondaire ou supérieur dans les écoles catholiques.

Œuvres de charité : 1 orphelinat et 3 crèches, 125 garçons.

8 orphelinats et 1 crèche, 535 filles.

4 hôpitaux, plusieurs pharmacies et dispensaires,

Telles sont les principales œuvres du vicariat apostolique d'Alep. +

Quelque riche qu'en soit le développement, ces œuvres suffisent à peine à lutter contre l'influence maçonnique et protestante. Depuis vingt ans surtout, ce malheureux pays est travaillé par les sectes. L'Angleterre, qui s'est installée à Chypre comme dans un poste avancé, inonde le Liban d'une multitude de ministres, de prédicants et de maitres d'écoles.

Richement entretenus par l'or des Sociétés bi- »

bliques, appuyés par l'influence politique du gouvernement anglais, les missionnaires anglicans font chaque jour des progrès redoutables. Il s'agit beaucoup

moins d'amener les populations orientales au protestantisme, dont la sécheresse glaciale leur fait horreur, que de les détourner de Rome, et de faire échec à l'influence séculaire de la France.

C'est, cependant, à cette heure décisive pour l'avenir de l'Orient que la France expulse les religieux, qui seuls la font connaitre et aimer dans ce pays, tarit par ses lois militaires la source

Mgr Altmayer, archevêque de Bagdad.

EE nommer ER Su

de l'apostolat, diminue ou supprime les modestes subventions qu'elle accordait aux écoles d'Orient. C'est le triomphe de la déraison et de l'esprit sectaire,

Statistique compare du vicariat apostolique

d'Alep.

En 1800 1850 1890 500 1.200 4.400 latins.

Le vicaire apostolique d'Alep est en même

temps délégué apostolique auprès des différents rits unis de la Syrie.

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