‹ Les missions catholiques au XIXme siècle [microforme]Chapitre 118 sur 404 · LV. — PROVINCE DE MADRAS · texte numérisé non relu

LV. — PROVINCE DE MADRAS

À province ecclésiastique de Madras comprend tout l'ancien royaume de Deccan,

c'est-à-dire l'Inde centrale, du Bengr * Ma. dras. L'évangélisation de ce pays est ‘oup

moins avancée que dans le sud de l'Ina, va. les quatre missions qui forment la province sont toutes de fondation récente. En 1800, en dehors de l'évêché portugais de Saint-Thomas, il n'y avait encore rien dans ce pays, sauf deux ou trois chapelains militaires, attachés à l’armée anglaise,

En 1832, Grégoire XVI érigea Madras en vicariat apostolique ; mais le premier titulaire, Mgr Poiding (mort archevèque de Sydney)ayant

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Levicariat de Madras fut donné alors àdes prêtres |

séculiers irlandais, qui l'ont toujours conservé.

De 1841 à 1882, NN, Ss, Jean et Etienne Fennely, les deux frères, se succédèrent à la tête du vicariat ; ils consacrèrent leur fortune au développement des œuvres de la mission. Leur sollicitude se porta principalement sur la fondation d'écoles et d'orphelinats, afin de lutter contre la propagande protestante.

En effet, pendant les quarante premières années du siècle, les protestants profitèrent habilement de l’absence des missionnaires pour<couvrir la province de Madras de temples et d'écoles richement entretenus. Comme l’écrivait, en 1860, un des chapelains de l’évêque anglican, € la présidence de Madras est par excellence le diocèse des missionnaires de l'Inde » (1). Heureusement, il semble prouvé que les protestants, à leur ordinaire, ont fait plus de bruit que de besogne, si l'on s'en rapporte au témoignage, très désintéressé, de sir Baber, président de la cour de Madras, déclarant au Comité de la Chambre des Lords que € un converti par nos missionnaires est chose inconnue dans le pays ÿ (2). Cet aveu d'impuissance totale est confirmé au fond par les prédicants eux-mêmes : ( Quant à des conversions réelles, écrivait de Madras un ministre, l’un de nous prétend qu’on n’en trouverait pas plus de deux ou trois dans toute la ville et les faubourgs ; un autre ajoute : une douzaine au plus » (3).

Le catholicisme, sans avoir à son service les immenses ressources de l'hérésie, travailla avec plus de résultats, A mesure que le vicariat de Madras s'organisait, le nombre des catholiques, infime au début, devint assez considérable pour

L'ÉGLISE CATHOLIQUE DANS LES INDES

refusé, le vicariat ne fut définitivement organisé | Madras compte: 1 qu'en 1834, par Mgr Daniel O'Connor, Augustin, Ce prélat ayant donné sa démission en 1840, fut remplacé par Mgr Carrew, de la Compagnie de | Jésus, qui fut transféré, la même année, à Calcutta, |

archevêque, 3 évêques, 74 mis-

sionnaires, 26 prêtres indigènes, 263 églises ou

| Chapelles, et 78,550 catholiques. La population totale des suatre diocèses étant de 40,000,000

| d'habitants, la proportion des catholiques, en

| tenant compte de ceux de l'évêché portugais de Saint-Thomas, est de 1/286.

[. L'archidiocèse de Madras est limité par les diocèses de Saint-Thomas et de Pondichéry, au sud, par ceux de Poona et du Mysore, à l'ouest, par celui d'Hydérabad, au nord, par la mer, à l'est.

Il compte en ce moment : 1 séminaire à Nellore, 35 élèves : 1 collège, à Madras, affilié à l'Université,250 élèves : 17 écoles pour les jeunes Anglais des deux sexes, 44 écoles paroissiales, 5 orphelinats ; au total, 4,727 enfants.

En 1875, les Missionnaires de Mill-Hill vinrent, à la demande du vicaire apostolique, partager les

travaux des missionnaires, trop peu nombreux jusqu'alors,

qu'au bout de quinze ans, la Sacrée Congrégation érigeât dans la province deux nouveaux vicariats: Vizagapatam (1847), qui fut donné aux Missionnaires de Saint-François de Sales d'Annecy, et Hydérabad (1851), aux Missions Étrangères de Milan.

Les choses allèrent ainsi jusqu’à l'établissement de la hiérarchie. A cette époque, la mission de Vizagapatam {+ divisée en deux, et la province de Madras se trouva ainsi constituée : archevêché, Madras ; trois évêchés suffragants : Hydérabad, Vizagapatam et Nagpore.

En résumé, au commencement du siècle, la mission de Madras n'existait pas, et le catholicisme n'était représenté que par quelques rares fidèles, à peu près abandonnés sans pasteurs,

Aujourd'hui, la province ecclésiastique de

1. R. Ed. Whithead, Recherches sur l'Eglise établie dans l'Inde, ch. LE

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