PRÉFECTURE APOSTO- LIQUE DE LA GUYANE FRANÇAISE
E pays, découvert par Christophe Colomb, commença seulement à être évangélisé en 1043 par les RR. PP, Capucins de la province de France, auxquels succédèrent bientôt les Jésuites, et, après la ruine de la Compagnie, les Pères du St-Esprit. La Révolution française vint brutalement interrompre leur œuvre, qui ne fut reprise qu'en 1816. Depuis ce temps, les Pères du Saint-Esprit n’ont cessé de se dévouer dans la mission.
La Guyane étant devenue, en 1850, lieu de déportation et colonie pénitentiaire, les Pères Jésuites, au nombre d’une trentaine, travaillèrent pendant plusieurs années à l'œuvre ingrate de l'évangélisation et du retour à DIEU des forçats déportés, ces sauvages de la civilisation, bien plus difficiles à atteindre et à convertir que les vrais sauvages. [ls avaient obtenu de très consolants succès dans ce ministère héroïque ; mais on sait que la présence des enfants de saint Ignace sur le sol français est considérée par l'administration comme un délit, Les Jésuites furent donc remerciés de leurs services, et ils quittèrent la colonie en laissant derrière eux les corps d'un bon nombre de leurs frères, tombés au champ d'honneur de l’apostolat. Depuis leur départ, l'œuvre des forçats a été à peu près abandonnée. Du reste, il n'y a à Cayenne que très peu de condamnés catholiques. Depuis plusieurs années, l’administration dirige les déportés européens vers la Nouvelle-Calédonie, et n’envoie plus guère à la Guyane que des musulmans d'Algérie ou des Annamites païens, qui supportent mieux que Le déportés français les rigueurs de ce climat de eu.
L'administration française a dépensé dés centaines de millions à la Guyane, sans obtenir, de son propre aveu, aucun résultat sérieux pour l'amélioration morale des condamnés et leur rentrée dans la vie sociale ; seule, l'Eglise catholique a le secret de relever les Âmes et de “acheter les coupables.
L'échec de l'administration était bien facile à Î
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prévoir ; d’un côté, il paraît prouvé qu'il est impossible à un Européen, surtout s'il est déjà amolli par les habitudes vicieuses contractées dès l'enfance, de travailler sérieusement à la culture sous un climat comme celui de la Guyane ; d'un autre côté, parmi les centaines de mariages arran. gés par l'administration entre condamnés des deux sexes, trs peu ont réussi à fonder des familles. La plupart de ces tristes unions s'éteignent dans la stérilité et la débauche. Quelques enfants rachitiques, qui ont apporté en naissant les dispositions vicieuses de leurs parents, voilà tout le fruit recueilli, au bout de quarante ans, de ces coûteux essais,
On n'a pas été plus heureux jusqu'ici avec les noirs et les sauvages ile la colonie, Une simple religieuse, dépourvue de tous moyens humains, la R. Mère Javouhey, fondatrice et première supérieure des Sœurs de Saint-Joseph de Cluny, dont Chateaubriand a écrit : « Cette femme était un grand homme,» a seule réussi, à force de sacrifices, à former, à Mana, un village prospère de plus de 800 noirs,
Quart aux sauvages qui peuplent les forêts du Haut Maroni, de l'Oyapock et du Territoire contesté, ils sont demeurés à peu près inaccessibles à l'action de l'administration française, De temps en temps, les Pères du Saint-Esprit vont les visiter et en baptisent un certain nombre. Mais pour obtenir un résultat sérieux, il faudrait pouvoir les réunir en Réductions, avec l'église, l'école et la présence permanente du missionnaire. Hélas ! les temps du Paraguay sont bien loin de nous! La pénurie de missionnaires a empêché jusqu'ici de s'établir au milieu des sauvages. Cela est d'autant plus regrettable que ces peupladses, formées du mélange des anciens indigènes avec les nègres fugitifs, dont un bon nombre, en particulier ceux qui viennent du Brésil, sont déjà chrétiens, paraissent en général bien disposées, Ces sauvages sont doux et dociles, il serait facile de les amener en masse au christianisme ; mais les ouvriers manquent. Depuis le départ des Jésuites, les Pères du Saint-Esprit, demeurés seuls dans la colonie, ont assez à faire de subvenir au ministère de leurs 29.000 catholiques.
La population totale de la Guyane française est de 31.000 hahitants, dont plus des deux tiers appartiennent à ;a race noire. Quant aux sauvages, les appréciations les plus sérieuses portent leur nombre à 200.000.
19 Personnel : 1 préfet apostolique et 25 missionnaires de la Congrégation du Saint-Esprit ; Frères de l’Instruction chrétienne (Ploermel) ; Sœurs de Saint-Joseph de Cluny.
20 Œuvres : 12 paroisses et 2 missions chez les sauvages, 15 églises, 4 chapelles, 10 écoles primaires catholiques, 1 orphelinat, 1 refuge pour les filles. Des hôpitaux tenus par les Sœurs de Saint-Paul de Chartres sont attachés aux diffé-
ents pénitentiers,