‹ Les missions catholiques au XIXme siècle [microforme]Chapitre 328 sur 404 · Pontifical romain, Benedicsio novi militis · texte numérisé non relu

Pontifical romain, Benedicsio novi militis

I, Missions Catholiques,

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NOTRE-DAME DE KaAMoGa

Nyanza se mirent en route un mois plus tard, 19 juin 1879, un an après leur départ de

Bagamoyo, ils arrivèrent chez Mtésa, souverain

l'Ouganda,

avec les royaumes e à quinze millions d'habi.

tats de l'Afrique Stanley avait ntin noir(1)», des ministres t celui des prôtres catholiqres. Prince

atoriele, Le roi Mtésa, dont

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intelligent, ouvert aux idées de civilisation et de progrès, il accueillait également bien les explorateurs européens et les représentants de toutes les confessions religieuses. Quant à se convertir au dogme et à la morale évangéliques, il n’en eut jamais sérieusement la pensée. Adonné, comme tous les potentats africains, à la polygamie, maitre absolu de la vie et des biens de ses sujets, grand chasseur d'esclaves, dont la vente aux négriers arabes formait une bonne part de son revenu, il était séparé par un abîme du christianisme et de la vraie civilisation. Dans l'établissement chez lui des missions chrétiennes, il ne voyait qu'une question d'influence politique et de profits personnels. Avec ces dispositions, il reçut parfaitement les missionnaires catholiques, et il leur permit de s'installer à Rubaga, sa capitale, et de prêcher l'Évangile dans ses Etats. :

€ Sous le rapport matériel, écrivait, peu de semaines après son arrivée, le R. P. Livinhac, supérieur de la mission, nous devons rendre à DIEU de très grandes actions de grâces. Mtésa a été très généreux à notre égard. Il nous a donné environ un hectare de bon terrain, planté de bananiers, et une trentaine de bœufs. De temps en temps, il nous fournit les matériaux et les ouvriers nécessaires à la construction d'une habitation assez grande pour nous loger tous. »

Le roi ne tarda pas à dévoiler ses arrièrepensées politiques ; il pria les missionnaires de lui ménager l'appui de la France, pour se défendre, en cas de besoin, contre les esclavagistes du Zanzibar, et contre les Anglais, dont il redoutait, non sans raison, l'influence prépondérante et les visées ambitieuses. Assez intelligent pour comprendre qu'il faut compter désormais en Afrique avec les envahissements de la civilisation européenne, le prince noir aurait voulu faire au moins la part du feu, et neutraliser, en les contre-balançant les uns par les autres, ces étrangers suspects et génants, tout en cherchant à les exploiter de son mieux.

Les missionnaires commencèrent par ouvrir un orphelinat d'enfants rachetés de l'esclavage ; mais bientôt ils s’aperçurent que la population 3% l'Ouganda était mûre pour la prédication évangélique. Le 27 mars 1880, veille de Pâques, quatre adultes, prémices de la mission, recevaient le saint baptême. Deux mois plus ta, i, le 15 mai de la même année, quatre nouveaux catéchumènes, dont trois des fils d'un des chefs les plus influents du pays, venaient doubler la chrétienté naissante.

Deux nouvelles caravanes vinrent grossir le chiffre des missionnaires ; en 1882, leur nombre s'élevait déjà à douze. Le roi Mtésa, complètement refroidi à l'égard des protestants, avait provoqué une conférence publique entre ces messieurs et les prêtres catholiques, conférence qui tourna naturellement au profit de la vérité, et après laquelle ie roi Miésa avait conciu, sans hésiter, en faveur de l’enseignement catholique ;

lui-même avait demandé un catéchisme, pour s'instruire à fond des dogmes du catholicisme, et si ses passions le retinrent dans le paganisme, il n'est Las douteux qu'il ait entrevu la vérité et qu’il fut crtholique dans son cœur.

\ Cependant les succès du Mahdi au Soudan avaient surexcité à l'excès l'orgueil des Arabes esclavagistes, et un complot s'était organisé pour se débarrasser des missionnaires. Dans ces ce 1jonctures, Mgr Livinhac, élevé à la dignité de vicaire apostolique avec caractère épiscopal, jugea prudent d'évacuer, pour quelque temps, l'Ouganda, et de se réfugier avec les enfants de la mission au sud du lac Victoria, où deux nouvelles stations furent ouvertes chez \ les Bukumbi.

Le centre de la nouvelle mission fut fixé à Notre-Dame de Kamoga (1883).

Sur ces entrefaites, Mtésa vint à mourir, et son successeur, Mouanga, ayant témoigné, avant son avènement au trône, des dispositions très favorables à la mission catholique, les PP. Lourdel et Géraud rentrèrent, en 1885, dans l’'Ouganda, où le nouveau roi les accueillit parfaitement. À leur grande joie, les missionnaires purent constater que, pendant leur exil, les néophytes étaient restés fermes dans la foi, et avaient même fait autour d'eux de nombreux prosélytes ; un seul de ces nouveaux chrétiens avait préparé au baptême cent cinquante catéchumènes. La moisson se présentait donc sous le plus bel aspect, et les ouvriers apostoliques n'avaient qu’à jeter la faux pour recueillir les nombreux épis qui levaient de toute part. En quelques mois, ils eurenc des catechumènes et des chrétiens dans plus de vingt villages autour de Rubaga.

L'homme ennemi ne pouvait voir, sans frémir de rage, de pareils succès : il allait susciter contre la mission naissante de l'Ouganda une violente tempête, dont le résultat final serait de le convaincre d’impuissance et d’affermir, dans le sang de nombreux martyrs, les bases de la nouvelle chrétienté. « Sans effusion de sang, pas de rédemption, > dit l'Ecriture. C'est la loi inéluctable de l’histoire. Née au Calvaire, du sang du CHRIST, l'œuvre apostolique veut du sang pour fructifier. La mission de l'Ouganda allait recevoir ce baptême du sang, étonnant l'Église par

la générosité et l’héroïsme de ses jeunes marty'rs. C'était le gage des bénédictions de l’avenir.

L'imprudence des missionnaires protestants déchaîna la tempête. Les annexions anglaises et allemandes du Zanguebar, dont les esclavagistes grossissaient encore aux yeux du roi le péril, avaient excité les défiances de Mouanga contre tous les Européens. Dans ces conjonctures fâcheuses, un évêque anglican, M. Harrington, se présenta et, fort de l'appui de son gouvernement, voulut, contre la volonté du roi, pénétrer dans l'Ouganda. Cette démarche imprudente excita

| fes fureurs du prince, qui, sans égard aux représentations des missionnaires et de ses conseillers

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