‹ Les missions catholiques au XIXme siècle [microforme]Chapitre 352 sur 404 · I.— COLONIES HOLLAN DAISES. Ya · texte numérisé non relu

I.— COLONIES HOLLAN DAISES. Ya

ES Hollandais possèdent les deux grandes

îles de Sumatra et de Java, une partie de Bornéo, les petites ‘’'s de la Sonde, l'archipel des Célèbes et celui des Moluques, une portion de la Nouvelle-Guinée et la partie méridionale de l'ile de Timor. La capitale de cette riche colonie, q"i compte environ vingt-six millions d'habitants, est la ville de Batavia, dans l'île de Java.

Ce sont les Portugais qui découvrirent les premiers les îles de la Sonde et y portèrent le christianisme avec la civilisation, Âu xvre siècle, la ville de Malacca, théâtre des travaux et des miracles de saint François Xavier, devint le centre de l'activité religieuse, politique et commerciale du Portugal dans les régions environnantes, La province dominicaine de Sainte-Croix des Indes orientales, chargée spécialement d’évangéliser la contrée, avait son centre À Goa, mais la ville de Malacca était comme ses avantpostes, d'où partaient chaque année de nouvelles expéditions apostoliques. Naturellement les Frères Précheurs ne tardèrent pas à franchir le détroit de Malacca pour aller porter l'Evangile dans les îles de la Sonde, les Moluques et les Célèbes. Ni l'insalubrité du climat, ni la barbarie des habitan.…, .: le martyre de Plusieurs de leurs |

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confrères ne parvinrent À décourager le zèle des apôtres de JÉSUS-CHRIST. En 1560, d'après les mémoires de la province de Sainte-Croix, on comptait déjà dans ces îles 18 résidences et environ 60.000 néophytes. Un vicaire-général de l’évêque de Malacca, établi à Macassar (Célèbes), dirigeait de là le travail des missionnaires, et la foi chrétienne faisait tous les jours de nouveaux progrès parmi ces populations, déjà atteintes mais non encore gangrenées par l'Islam,

Mais cette efflorescence de christianisme allait finir avec la puissance politique du Portugal, En 1602, s'était formée en Hollande la Compagnie néerlandaise des Indes orientales. Les cupidités commerciales s'unirent aux animosités religieuses Pour ruiner la puissance du Portugal dans tout l’Extrême-Orient. Après s'être emparés de Ceylan, de la côte du Malabar et de Malacca, les Hollandais se répandirent dans les îles de la Sonde, dont ils devinrent les maîtres, à l’exception d’une portion restreinte de l'île de Timor, qui resta seule aux Portugais. Ce fut la ruine de la mission catholique, encore au berceau : une persécution implacable s'organisa contre les catholiques ; partout les églises furent livrées aux flammes ou transformées en comptoirs, les missionnaires exilés ou jetés à la mer. Ce sera la honte éternelle du calvinisme d’avoir, pour un vil intérêt mercantile plus encore que par esprit sectaire, étouffé le christianisme dans les colonies néerlan-

daises, pour faire dominer à la place le paganisme, ou, comme dans les îles de la Sonde, la religion impure et antisociale de Mahomet.Ces marchands, qui, pour obtenir le droit de trafiquer seuls au Japon, acceptèrent de fouler aux pieds la croix et de subir toutes les avanies, n’ont pas eu même assez de foi pour initier les peuples subiugués par eux au christianisme qu’ils professaient ; à cet égard, ils sont descendus dans l'apostasie audessous de toutes les nations chrétiennes, On dit qu'ils ont fait longtemps, et qu'ils font encore de bonnes affaires dans les Indes néerlandaises, C'est très possible, mais un fait bien certain, c'est que leur influence morale et civilisatrice est

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nulle sur ies habitants musulmans ou païens de ces îles. S'ils venaient à disparaître demain, il ne resterait rien d'eux pour apprendre aux générations futures qu’un peuple qui se dit chrétien a régné là pendant près de trois siècles.

C'est seulement en 1808 que deux missionnaires catholiques s'étahlirent dans les îles de la Sonde, après que le roi Louis, frère de Napoléon Ier, eut proclamé 2n Hollande la liberté religieuse. Le gouverneur de Batavia, lui-même fervent catholique, reçut avec joie les deux prêtres, dont ui portait le titre de préfet apostolique. En 1842, Grégoire XVI éleva la préfecture au rang de vicariat apostolique, et depuis lors le catholicisme n’a cessé de faire des progrès dans la colonie : de zéro, le chiffre des catholiques est monté progressivement à 45.271. Soit 1 catholique sur 722 habitants. En dehors des métis et des Hollandais fixés dans la colonie, la population catholique se recrute surtout parmi l'élément chinois, qui pullule dans ces îles ; jusqu'ici la race malaise s’est montrée à peu près réfractaire à la prédication.

Depuis longtemps l'intolérance calviniste a fait place à des sentiments de sympathie. Appréciant d'après ses résu'tats l’œuvre des missionnaires catholiques, le gouvernement colonial ne craint pas de les favoriser et il leur accorde une subvention annuelle, à la condition qu'ils soient tous de nationalité hollandaise, ce qui est très équitable. Il ne paraît pas d’ailleurs que les ministres protestants aient jamais fait de tentatives sérieuses auprès des indigènes. Même auprès de leurs compatriotes établis dans la colonie, l'influence morale des pasteurs calvinistes paraît être à peu près nulle, Il est vrai, qu'à l'exemple de leurs ouailles, beaucoup ne sont plus guère chrétiens que de nom, puisque la grande majorité des ministres de l'Eglise établie nient carrément la divinité de JÉSUS-CHRIST. Il en résulte que la plupart des colons hollandais sont plutôt incrédules que calvinistes: ils reconnaissent sans difficulté que leur église n’a plus de doctrine et que, s'ils croyaient à 1a nécessité d’avoir une religion, ils se feraient catholiques. Ces dispositions négatives, qui sont celles de la majorité des calvinistes hollandais, ramènent de temps en temps à l'Eglise romaine quelques familles, et font qu'à heure de ‘à mort, surtout dans les hôpitaux, les missiunnaires ont la consolation d’en:egistrer chaque année des conversions de protestants.

Les pasteurs eux-mêmes, dans un rapport officiel qui vient d’être publié, ont reconnu, avec une impartialité bien digne d’éloges, cette supériorité du catholicisme dans la colonie, Voici Jes passages les plus remarquables de ce rapport (1).

& On ne peut nier que Rome ne fasse aux

» Indes (néerlandaises) des progrès inquiétants, |

1. Compte-rendu de la troisième Conférence de la Société des Missions protestantes, tenue à Batavia, 1887.

>» Unis comme la phalarge macédonienne, les > catholiques marchent en avant et remportent » victoire sur victoire. Comme Église, l'Église » romaine fait sur l'esprit des indigènes une > impression plus favorable que l'étabiissement > connu sous le nom d’Église protestante, En » dépit des circonstances difficiles, l'Église ro- > maine nous offre au moins l'image d’une Église » véritablement we. Elle n'a qu’une confession » de foi, ses prétres ne se contredisent pas en » public, ce que l’un tient pour vérité révélée, > l’autre ne vient pas le combattre.

» Quant à son organisation, elle est bien pré- » férable à la nôtre. Le président de notre collège » supérieur ecclésiastique nous est assigné par » le gouvernement. C’est d'ordinaire un conseiller » d'Etat. À la tête des missions de Rome, on » trouve un évêque nommé par le Saint-Siège et >» reconnu simplement par le gouvernement. Cet » évêque, qui a pour l'ordinaire vieilli dans ces » contrées, possède une autorité sérieuse et gou- » verne d'une main ferme et respectée. Le désin- » téressement des prêtres de Rome est vraiment »y admirable. On les voit partager en frères les » honoraires que le gouvernement assigne à » quelques-uns,

» Ces missionnaires ont des écoles dans toutes y» les villes. Ces écoles, sous 5lus d'un rapport, » sont éxsellentes ; tout le monde les estime, et » il est plus d'un protestant qui ne redoute pas » pour ses enfants l'éducation du cloître. Les » religieuses catholiques dirigent les jeunes filles » confiées à leurs soins avec un tact vraiment » admirable ; il est bien rare de trouver une de » leurs élèves qui ne parle pas de ces Sœurs avec » la plus grande sympathie.

Le zèle des prêtres romains à visiter les

» hôpitaux et les prisons est digne de tout éloge. » L'armée n’a qu'une voix pour louer leur cordia- » lité et leur esprit de sacrifice. De là vient la » bienveillance que le pullic et le gouvernement > leur témoignent de temps en temps. Ces » prêtres sont pleins de courage et de conviction; » ils se présentent partout, partout ils voient » s’accroiître le nombre de leurs adeptes. [ls » savent même profiter du matérialisme et de >» l'indirférentisme qui règne dans ces contrées » C'est ce qui arrive à l’occasion des mariages » mixtes. Combien de protestants, indifférents » pour le protestantisme, se conforment aux » exigences des parents catholiques, sous l'in- » fluence des prêtres de Rome, et font élever » leurs enfants dans la religion catholique! »

De pareils aveux en disent plus sur la situation respective du catholicisme et du protestantisme, aux îles de la Sonde, que tout ce que je pourrais ajouter. Le tableau suivant montre bien d'ailleurs le développement progressif de la mission de Batavia, au cours du XIX£ siècle.

En 1828 : commencement de la mission,

En 1840 : 1 préfet apostolique, 3 missionnaires, 3 églises ou chapelles, ? écoles, 1.200 catholiques,

ne, les portent l'Église les une sement ite, En lise ro- : Église \fession pas en révélée,

en précollège mé par nseiller me, on siège et nt. Cet ans ces et goue désinraiment tres les

signe à

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: cordiavient la rnement ps. Ces viction ; s voient tes. Ils e et de contrées nariages ifférents nt aux ous l'int élever 1e!»

situation antisme, pourrais d'ailleurs ssion de

s, 3 églises

En 1870: 1 vicaire apostolique, 30 missionnaires, ? églises ou chapelles, ? écoles, 30.000 catholiques,

En 1896 : 1 vicaire apostolique, 47 missionnaires, 34 églises ou chapelles, 20 écoles, 1461 enfants, 45.900 catho-

ie Sur une population totale de 29.000.000 d'habitants 1/630°,

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