SIASTIQUE D'ADÉLAIDE
Archevêché : Adélaïde. 1 archevêque, 38 prêtres, 94 églises ou chapeiles, 36.0c0 catholiques.
Evêché : Perth, 1 évêque, 14 prêtres. 23 églises ou chapelles, 12 470 catholiques.
bbaye : Nouvelle: Nurcie. 1 abbé-évêque, 7 prêtres, à églises ou chapelles, 500 catholiques.
Vicariat apostolique : Kimberley, PR ER
Evéché : Victoria, 1 administrateur apostolique, 6 prétres, 3 églises ou chapelles, 260 catholiques.
Evêché : Port-Augusta. ? 15 prêtres, 30 églises
Total:1 archevêque, 2 évêques, 1 administrateur aposa 80 prêtres, 154 églises ou chapelles, 60.390 cathoiques.
La province ecclésiastique d'Adélaïde, qui vient d'être érigée, en 1887, comprend trois des six colonies australiennes, l'Australie méridionale, l'Australie occidentale et l'Australie septentrionale, La population des trois colonies ne dépasse pas 400.000 âmes, dont environ 60.000 sont catholiques, un peu plus d’un septième.
L'archidiocèse d’Adéljaïde a quatre suffragants : Perth, Victoria, Port-Augusta et Kim-
berley, plus l’abbaye bénédictine de la Nouvelleurcie,
l. — Archevéché d'Adélaide. Le diocèse d'Adélaïde, érigé en 1842, comprend toute la colonie de l'Australie méridionale, qu'il dépasse même un peu au nord, I] compte 36.000 catholiques, sur 232.000 habitants,
IT. — £véché de Perth. Le diocèse de Perth est un des plus anciens de l'Australie, puisqu'il date de 1845, mais il est resté stationnair et ne coinpte encore aujourd’hui que 12.470 fidèles, Sur une population totale de 650.000 âmes. Il comprend toute la colonie de l’Australie occidentale, à l'exception du vicariat apostolique de Kimberley et de l’abbaye de la Nouvelle-N urcie,
Cette vaste région, qui s'étend entre le 1 3° degré de latitude australe et le 35°, sur une longueur de 550 lieues et une largeur moyenne de 350, n’est guère qu'un vaste désert sans eau, impropre par conséquent à la culture, C'est ce qui fait que toute l’activité industrielle et comierciaie des Anglais s’est portée à l'est et au sud de l'Australie, dans les riches colonies de la Nouvelle-Galles et de Victoria, délaissant les côtes ouest et nord, à peu près improductives, au moins pour le moment. Aussi c'est dans ces régions peu fertiles et méprisées des Européens que se sont réfugiés ceux des naturels qui ont échappé à l’extermination en masse qui en fut faite au début. L'Église cat” olique s’est penchée avec amour vers ces déshérités, que le protestantisme avait déclarés incapables de connaître DIEU, et, comme on le verra plus bas, elle com-
mence à recueillir les fruits de son industrieuse charité,
III — Abbaye de la Nouvelle-Nurcie, A 85
milles au nord de Perth, est située. l’abbaye de la Nouvelle-Nurcie, dans laquelle les enfants de Saint-Benoît, marchant sur les traces de leurs ancêtres, les grands moines du Ve siècle, qui ont défriché les deux tiers de l’Europe et fait reculer la barbarie, s'efforcent de grouper autour d’eux et de civiliser ces indigènes que l’égoïsme protestant jugeait indignes du titre d'enfants de DIEU et condamnait, sans pitié, à périr.
C'est à l’année 1845 que remonte cette utile fondation. Deux Bénédictins espagnols, les PP. Salvado et Serra, furent envoyés, sur leur de: mande, par la Sacrée Congrégation de !a Propagande, pour fonder un monastère de Saint-Benoît au milieu des forêts de l’Australiz. Arrivés dans le diocèse de Perth, qui venait d'être fondé, les deux religieux, après avoir reçu la bénédiction de l'évêque, s'enfoncèrent dans les bois, à la recherche d'un emplacement convenable. Il faut lire dans Dom Bérengier (1) le récit des souffrances et des épreuves de cette première fondation. Il y a là des pages ravissantes, que je craindrais de déflorer en les écourtant ; qu'il me suffise de dire qu'au bout de cinquante ans de travaux et d’efforts, le succès est complet. :
Déjà en 1860, un voyageur eméricain (2) écrivait, au sujet de cette fondation : « Le clergé » catholique romain possède un établissement de > missions indigènes à Victoria- Plain, où il utilise » les naturels, en employant les moyens les plus » propres à les civiliser. » Que dirait-il aujour: d’hui, en voyant l'abbaye de la Nouvelle-Nurcie devenue, comme au moyen-âge, un centre de vie agricole, industrielle et intellectuelle? car il ne faut pas oublier que toute fondation bénédictine est doublée d'un atelier et d’une éccle. Quels changements opérés en quelques années parmi ces Sauvages enfants des bois! Quand Mgr Salvado revint, pour la première fois, en Europe, en 1855, il put présenter au Saint-Père deux des plus intelligents de ces jeunes sauvages, qui furent admis à faire profession dans l'Ordre de Saint-Benoît, après avoir fait leur noviciat dans un monastère d'Italie.
Voilà ce que le catholicisme a fait de ces Australiens, dont un évêque anglican, le Très Révérend Brougton, disait : ç J'ai reconnu qu'il » est absolument impossible de leur donner > aucune rotion de DIEU, aucune teinture de > christianisme (3),»
Et de fait, tous les témoignages s'accordent à reconnaître que tous les essais, entrepris à grands frais pour civiliser les indigènes, ont misérablement échoué, 4 Dans la colonie de Victoria, » plusieurs milliers de livres sterling ont été » dépensés pour l'instruction morale et religieuse » des enfants. Ils étaient bien vêtus et bien » logés, mais le résultat fut un insuccès douloutr a
1, La Nouvelle-Nurcie, 1 vo}, in:18 avec gravures,
2, Will. Bradshaw, Voyage aux Indes et en Chine, ch, 6,
3: Déposition faite par l'évêque au Parlement colonial. 1840,
reux. Le seul effet de tous ces dons en nature et en vêtements fut que les indigènes s'engraissèrent, devinrent paresseux et désobéissants, Ils disaient que le travail n’est pas fait pour l'homme roir, mais pour le blanc, que cela amuse. Au bout de neuf ans, les instructeurs, vaincus sur tous les points, furent obligés d'abandonner leur œuvre (1).» Cet insuccès ne fut pas le seul. C’est l’histoire de toutes les tentatives du même genr: essayées en Australie par les protestants. « De grandes dépenses furent » faites dans la mission du lac Macquarie, mais » ce sol trop ingrat fut bientôt abandonné par la » Société découragée. Il n’y a pas d'exemple »> qu'un seul indigène ait accepté les dogmes du > christianisme (2). » Un voyageur italien, Rienzi, raconte l'histoire d'un jeune Australien élevé avec soin par un philanthrope anglais. Quand son éducation fut achevée, il fut amené à Londres, où il fut exhibé, dans plusieurs réunions de la Société biblique, comme un spécimen de l’éducation donnée par les missionnaires. Mais, de retour en Australie, il s'enfuit dans les bois et retourna à la vie sauvage, vivant comme ses congénères, dans un état complet de nudité. A la fin, il fut condamné ct pendu pour crime de viol. Ce misérable n'avait pris de la civilisation que ses vices.
Voici maintenant les résultats de l'éducation protestante attesies, non plus par des voyageurs, mais par les ministres eux-mêmes : ( Les natu- » rels, écrit le R. Johnson (3), ont constamment » résisté à tous les efforts qu'on a faits pour les >» convertir. }
Et cependant, ce que n'ont pu faire, aidés de larges subventions, les efforts d'hommes intelligents, et quelques-uns, je me plais à le reconnaître, animés d’un véritable zèle humanitaire et civilisateur, de pauvres moines, dépourvus de toute assistance, l'ont essayé et ils ont réussi. Les Anglais, excellents appréciateurs des choses, sont les premiers à rendre hautement justice au succès complet des moines de la Nouvelle-Nurcie, et les nombreux enfants déjà sortis de leurs écoles ont trouvé à se placer très avantageusement dans la colonie. D'où vient cette différence de résultats, avec des ressources si disproportionnées ? Ne serait-ce pas qu’au missionnaire catholique seul a été adressée la grande parole : Docete omnes gentes ? Seuls, ils ont reçu la promesse de l'assistance divine pour enseigner toutes les nations du globe ; et voilà ce qui explique leurs merveilleux succès auprès des tribus les plus sauvages de l'Australie, comme auprès des. noirs les plus abjects du centre de l'Afrique. Ils sont les seuls instructeurs des nations envoyés de DIEu. Les autres, quels que soient d’ailleurs leurs talents et leur bonne volonté, se sont donné eux-
1, Docteur Lang, Æistoire de la Nouvelle-Galles du Sud.
2, Thomas Lloyd, 33 ans dans la Tasmanie et la colonie de Victoria, ch, 18, 3. L'Australie, ch, 7,
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mêmes la mission d'enseigner. Il n’est pas étonnant qu'ils échouent là où la tâche dépasse visiblement les forces humaines.
Le monastère de la Nouvelle-Nurcie, élevé en 1867 à la dignité d'Abbaye relevant directement du Saint-Siège, est sorti désormais des difficultés inhérentes à tout début. Il est permis d'espérer que l'œuvre ira en se développant e“ que de nouveaux monastères deviendront, au milieu des déserts de l'Australie, des centres de christianisme et de civilisation. Ces moines, dont l'ingratitude moderne affecte de dédaigner les services, pirce qu’elle croit pouvoir désormais s’en passer, civilisèrent le Nouveau-Monde par.le travail, l'étude et la prière, comme leurs ancêtres, les premiers fils de Saint-Benoît, ont civilisé l'Ancien,
IV. — Vicariat apostolique de Kimberley. Le district de Kimberley est situé à l'est de Perth. Î! compte très peu d'Européens, mais a environ 106.009 sauvages, vivant dans les forêts. Un saint prêtre du diocèse de Perth, le R. Mac-Nab, s'est appliqué avec succès à la conversion de ces malheureux. Sur sa demande, la Sacrée-Congrégation érigea, en 1857, le district de Kimberley en vicariat apostolique, qui fut confié aux Bénédictins de la Nouvelle-Nurcie,
Les renseignements me font encore défaut sur ce nouveau vicariat, mais il est permis d'espérer que les enfants de Saint-Benoît, avec l'expérience acquise de l'évangélisation des sauvages, réussiront, d'ici quelques années, à renouveler, dans ce district les merveilles de la Nouvelle- Nurcie.
V. — Evéché de Victoria - Palmerston. Ce diocèse, érigé en 1847, comprend toute la colonie de l'Australie septentrionale. Par ordre du Souverain-Pontife, il vient d'ajouter à son nom celui de Palmerston, capitale de la colonie.
L'Australie septentrionale n'a presque plus d'habitants. Au recensement de 1891 on n’en comptait plus que 5.088, sur lesquels on trouve à peine 260 catholiques. Jusqu'à ces dernières années, l’abbé-évêque de la Nouvelle-Nurcie était chargé du diocèse de Victoria A sa demande, il en a été récemment déchargé.
Actuellement le diocèse est gouverné par un administrateur apostolique, apparterant, comme tous les missionnaires, à la Compagnie de Jésus.
VI. — Evéché de Port-Augusta. Ce diocèse, érigé en 1887, a pour limites, au nord, le diocèse de Victoria ; à l’ouest, celui de Perth ; au sud, l'archidiocèse d'Adélaïde ; à l’est, la colonie du Queensland.
La population totale est de 45.000 habitants, sur lesquels 11.160 sont catholiques.
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