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LE CATHOLICISME DANS LES ILES DE L'OCÉANIE

» Nous n'avons pas à nous préoccuper des opi: » nions théologiques de: cet homme. Il ést cer- » tainement un héros chrétien, »

€ Voilà-vraiment l'esprit du CHRIs\,, disait un > autre journal, voilà un amour de l'humanité » inexplicable à l'intelligence, voilà Xavier pé- » nétrant dans les replis de la misère-humaine, > voilà un héros qui se précipite dans l’abîime » béant pour sauver un peuple ; son œuvre:est » au-dessus de toutes les œuvres de charité, ÿ

Bientôt les encouragements et les secours matériels arrivèrent de tous côtés au pauvre missionnaire, qui avait été laissé dans l'île sans même avoir un toit pour s’abriter, si bien! que, pendant les premières semaines, il dormait en plein air, sous un vaste Dandanus, qui ombrageait la place publique du village de Kalawoo, où il était descendu, Tout était à faire au milieu de ces huit cents lépreux, qui, séparés pour toujours de la société civilisée, se consolaient de leur exil en s'adonnant aux plus honteux désordres. Naturellement, le bon Père s'occupe d'abord de ramener à DIEU les cathcliques, et il leur éleva successivement deux chapelies, une à Kalaupapa, où, dès 1874, ‘in de ses confrères vint le rejoindre, Mais il Partagea toujours intégralement, et sans distinction de croyances, entre -catholiques et protestants, les secours matériels qui lui furent envoyés. Parmi les généreux bienfaiteurs du saint prêtre, il faut citer au premier rang le Rév. Chapman, vrcar anglican de l’église de Saint - Luc, à Londres, qui lui envoya, à diverses reprises, 2645 livres sterling (65.625 francs), en se recommandant à : ses prières, et un riche banquier protestant d'Honolulu, qui fit élever à Kalaupapa, pour les filles et les femmes lépreuses, un asile-hôpital, dont le gouvernement confia la direction aux Sœurs du Tiers-Ordre de Saint-F rançois,

Au bout de douze ans de ce rude apostolat, en 1885, le bon P. Damien ressentit les premiers symptômes de la lèpre ; il accepta joyeusement le dénouement prévu dès je premier jour, et quand il mourut de la mort des saints, le 15 avril 1888, il laissait derrière lui son œuvre, solidement établie, aux mains de deux prêtres et de six religieuses hospitalières.

Le bon Père fut enterré au milieu de ses enfants, sous l'arbre qui lui avait sert d’abri quand il débarqua dans l’île, Dès que la nouvelle de sa mort eut traversé l'Océan, il se forma à Londres

aux applaudissements de tous, l'éluge du saint prêtre qui, sorti d’une Congrégation française, est, allé aux antipodes faire admirer, des ennemis mêmes de notre foi, le dévouement du missionnaire et l’héroïque générosité du cäractère français. AE

En 1881, Mgr Maigret demanda à la S. C. de la Propagande de lui accorder un coadjuteur, et dès qu'il l’eut sacré, il lui remit la direction du vicariat apostolique, et .ne songea plus qu'à se Préparer saintement à la mort.

LE R, P, DAMIEN DÉVEUSTER, des Sacrés-Cœurs, missionnaire à la léproserie de Molokaï (lles Sandwich),

À cette occasion, le nouvel évêque fut reçu en audience solennelle par la régente (1), qui, bien qu’anglicane zélée, profita de la circonstance pour décerner à Mgr Maigret la croix de Grand-Officier, et au Père Damien celle de ‘Chevalier de l'Ordre de Kalakaua, « Jamais, écrivait la Gasette

un comité, sous la présidence du prince de Galles; | » ts ces décorations n D} M er son Em. le cardinal Manning, l'archevêque an- | ? pu et TA ag ee S. UNE Id glican de Cantorbéry, l'évêque de Londres, le | ? évêque d'Arathie, cet honneur lui arrive au Rév. Chapman, et d’autres illustrations, en | ? moment où il termine sa longue et honorable faisaient partie, On résolut d'élever un monu. | ? carrière, Comme prêtre et comme évêque, ment funèbre sur la tombe du P. Damien, et | > il s'est acquis non seulement la vénération, , , __—. mé d'ouvrir, à Londres, un Institut médical pour | » es à P, De de de ele East Le Soigner les personnes atteintes de la lèpre, et | > Pour le Lee à 1E495 çe-Uitre d'honneur étudier les moyens de guérir cette terrible ma- | ? Comme prix d'un PNOAVNS. CGI Die pau

ladie.

En France, Mgr Perraud fit à l'Académie,

> d'hommes seraient capables. À notre avis,

CR ee 1. Le roi Kalakaua était alors en Europe,

» l'œuvre de ce saint prêtre est une des plus » admirables qu'on puisse entreprendre, »

On voit par ces extraits, que j'ai multipliés à dessein, combien l'opinion publique est revenue aux missionnaires catholiques.

L'année suivante, 1882, Mgr Maigret s’en alla recevoir la récompense de ses quarante-six ans d’apostolat. L’exilé de 1837 fut visité sur son lit de mort par le roi et la reine, qui se firent représenter aux obsèques du prélat,

Son successeur s’appliqua surtout à développer l'œuvre des écoles. En 1883, il appela aux îles

Sandwich les Petits-Frères de Marie, qui ouvrirent

à Honolulu le collège de Saint-Louis de Gonzague, qui compta bientôt 100 élèves. Deux autres écoles furent ouvertes plus tard dans l’intérieur, l'une avec 130 élèves, l’autre qui en compte plus de cent.

De leur côté, les religieuses du Sacré-Cœur, pour lutter contre la concurrence des dames puséystes, ouvrirent des pensionnats où se pressèrent bientôt les jeunes filles des meilleures familles,

Comme on jouit aux îles Sandwich de l’enseignement obligatoire et sans D'EU, la mission a dû s'imposer de lourds sacrifices pour former des maîtres chrétiens et ouvrir, dans les principaux postes, des écoles libres, qui sont fréquentées, à ce moment, par plu” de 1.500 enfants cataoliques.

En 1885, à la demande même du roi, un missionnaire fut envoyé en Amérique, pour chercher des religieuses hospitalières, Il ramena avec lui sept Sœurs du Tiers-Ordre de Sainc-François (diocèse de Syracuse), que là reine envoya chercher au débarcadère avec les voitures de la cour, et auxquelles le gouvernement confia deux hôpitaux, un à Wailuku, pour toute espèce de maladies,et un à Kalaupapa (Molokaï),pour les femmes et les filles lépreuses.

Depuis 1870, la culture de la canne à sucre a amené aux îles Sandwich de nombreux étrangers, qui sont venus combler en partie les vides qu’une dépopulation continue fait chaque année parmi les indigènes. Il y a, en ce moment, dans l'archipel, 20.000 Chinois, dont 50 sont catholiques, 1.500 Japonais, dont une trentaine de catholiques, 12.000 Portugais, tous catholiques, sans parler du commerce, qui est tout entier aux mains des Américains et des Anglais, en grande majorité protestants,

Cette situation a compil .:ment changé les conditions anciennes de l’apostolat, et créé à la mission de lourdes charges. La plus grande partie des anciens postes ont dû être abandonnés, les indigènes dont ils étaient formés étant morts ou fixés sur les nouvelles plantations. D'un autre côté, il a fallu ouvrir de nouvelles chapelles dans Jes endroits où les émigrants catholiques se sont établis. La population actuelle des îles Sandwich est d'environ 90.000 habitants, dont 50.000 à peine représentent l'élément indigène, Sur ce nombre, il y a 27.600 catholiques, dont 13.700

LES MISSIONS CATHOLIQUES AU XIXm SIÈCLE.

indigènes, 12.000 Portugais, le reste appartenant à différentes nationalités.

Personnel : 1 vicaire apostolique, 24 missionnaires pré: tres et 3 Frères de la Congrégation de Picpus.

22 Frères Maristes.

22 religieuses du Sacré-Cœur et 13 Sœurs du Tiers- Ordre de Saint-François.

Œuvres : 15 stations avec résidences :

33 églises, 59 chapelles.

1 collège de Saint-Louis de Gonzague, à Honolulu ; 450 élèves.

2 autres pensionnats dans l'intérieur : 230 élèves,

2 pensionnats de jeunes filles et 8 écoles primaires dirigés par les religieuses du Sacré-Cœur : 300 élèves,

17 écoles de paroisses : 1.500 élèves. -

2 hôpitaux,

78 missions.

Statistique comparée :

En 1827 : Commencement de la mission. 1 préfet apostolique, 2 missionnaires.

En 1850 : 1 préfet apostolique, 2 missionnaires, 150 catholiques.

En 1860 : 1 vicaire apostolique, 18 missionnaires, 50

éghses ou chapelles, 15 écoles, 12,056 catholiques.

En 1870 : 1 vicaire apostolique, 24 missionnaires, 70 églises ou chapelles, 57 écoles, 23.000 catholiques.

En 1890 : 1 vicaire apostolique, 24 missionnaires, 92 églises ou chapelles, 25 écoles, 27.600 catholiques.

Bien que la fortune et l'influence soient aux mains des protestants, les dispositions générales du peuple hswaïen et du gouvernement sont sympathiques au catholicisme. Mais il y a à lutter contre là plus navrante indifférence religieuse et la corruption des mœurs, Grâce à DIEU, nos catholiques font très généralement honneur à leur foi.

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