MON CHER AMI
En voyant approcher la fin de ce siècle, de nombreux écrivains ont essayé déjà d'en résumer les actes les plus importants ; ils rappelleni «vec un légitime orgueil les noms des hommes qui se sont illustrés : guerriers, magistrats, savants, ivmmes d'État, industriels, littérateu+s, poètes, etc., formant une pléiade capable de fixer l'attention des contem. porains et de provoquer l'admira 1 .'e l'avenir. [ls énumèrent, avec complaisance, ‘, wngue série de découvertes et d'inventions qui, «n facilitant les relations, èn multipliant le bien-être, ont transformé la vie soc'ale.
Nous saluons avec respect toutes ces illustrations, gloires de leur Patrie, et lorsque la mémoire de ces Hommc” réveille des souvenirs de bienfaisance, d'œuvres utiles, nous reconnaïssons en eux les instruments de la Providence divine.
Grâces soient rendues à Dieu, Roi i nnrortel des siècles ! c'est bien cette Providence disposant tout en ce monde avec douceur et atteignant son but avec puissance, qui a mené les hommes pendant ce XIXe siècle si tourmente.
Les sages le constatent et le comprennent ; en étudiant ce passé, ils reprennent confiance tour l'avenir. Tua, Pater, Providentia gubernat.
Mais sur ce théâtre immenss où l'humanité vit et travaille, on les générations se succèdent, il est une société dont Les intérêts ne se rattachent à la terre que four préparer une vie future ; voyageuse en ce monde, l'Église catholique traverse les siècles, méêlée à ce tourbillon des affaires, des commotions politiques, des luttes de tous genres ; elle aussi a son histvire, et, depuis le jour où son divin Fondateur lui a dit dans la personne des avôtres ; Allez, enseigrez.. je suis avec vous jusqu'à la consommation des siècles, e//e marche sans s'inquiéter des obstacles multipliés sur sa route, et sa vie prcpre est un apcstolat continuel.
Quel à été cet apostolat pendant ce siecle qui s'achève P quelle a été la vie de l'Église catholique au point de vue spécial des Missions ?
Îl était juste qua ces questions fussent posées et résolues. L'apologétique a inspiré de grands travaux pendant ce N1,7e siècle ; écrivains et ovateurs ont combattu le bon combat et remporté maintes victoires. Mais les faits ont une éloquence plus puissante que les écrits et les discours. Il fallait les présenter à toutes les intelligences droites et aux cœurs de bonne volonté,
C'est l2 récit admirable des œuvres, des travaux de nos missionnaires pendant ce siècle que vous offres, non seulement aux catholiques, mais à toutes les mes de bonne foi.
L'Église, vivante de sa vie divine, peut présenter, elle aussi, au inonde, les noms de ses héros, de ses martyrs.
Aujourd'hui, comme à ses premiers jours, elle affirme sa jeunesse perpétuelle et sa mission in- J'aillible ; à l'heure où l'impiété du X VIII siècle, rappelant les audaces des anciens persécuteurs, proclamait la fin du catholicisme, Dieu suscitait des légions d'Apôtres, et l'Église les envoyait aux quatre coins du moyde porter le bienfait de la civilisation avec les lumières de la Foi.
Quelle noble histoire ! quelle réponse victorieuse aux insultes des athées ! et quelle consolatirr fortifiante pour les enfants de Dieu !
Il nous est très doux, en lisant ces pages, de reconnaître la part glorieuse de notre France dans cel apostolat. Oui, il est encore vrai, et daigne Dieu nous conserver cet honneur ! il est vrai que, dans ces régions lointaines, nos missionnaires, en urborant la Croix, ont tellement servi et honoré la France, que, pour tous ces peuples, catholique et français, c'est tout un.
Je remercie Monsiur l'abbé Louvet, snissionnaîre à Saigon, d'avoir conçu la pensée du travail que vous nous offrez. Prétre du diocèse d'Orléans, 1l honore ce cher diocèse.
Mais il appartenait à Lyon, berceau glorieux de la Propagation de la Foi, de recueillir les documerts nécessaires pour composer cette œuvre magistrale, et de les publier avec le soin et l'éclat qu'ils méritent.
Par la direction donnée à ce travail, vous couronnez ainsi, cher Monseigneur, la collection si imporiente st si appréciée «es Annales et des Missions Catholiques.
Je suis certain que cèt ouvrage, vrai monument