‹ Les missions catholiques françaises [microforme]Chapitre 64 sur 105 · RS 2 MEL · texte numérisé non relu

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une telle dépravation que saint François-Xavier seul, venu quatre fois dans ses murs, put y apporter un remède transitoire. Les Malais ne se convertirent pas'; le spectacle de la corruption des aventuriers européens ne les y engageait point.

En 1641, les Hollandais, rivaux des Portugais, s'emparèrent de Malacca. L'évêque et le clergé se refugièrent Gans l’île de Macassar, et de là dans celle de Timor, à Lifao. En 1795, elle fut prise par les Anglais. Malacca a peu d'importance pour eux depuis qu’ils se sont établis à Syngapore et à Poulo-Pinang, mais ils la gardent afin d'empêcher d’autres nations de s'installer dans une position aussi avantageuse. C’est. pourquoi les missionpaires français s’y établirent; M. l'abbé Reclinwad, prêtre français de Metz, y résida de 1788 à 4822. Pendant 34 ans, il prit soin de la paroisse catholique qu’il avait créée. Plus tard, en 1808, le collége des missions fut transporté de Hondat à Poulo-Pinang par M. l'abbé Letondal, procureur des missions étrangères. 11 y trouva à l'ombre du pavillon britannique une tolérance qui lui était refusée à Manille et à Macao. Un incendie détruisit cet établissement en 1812. Mais bientôt reconstruit, il prit de grands développements. Il est la pépinière où se forme une grande partie du clergé indigène de l’Indo- Chine, de la Chine et du Japon, etc. En 1838, le pape Grégoire XVI ayant supprimé l’évèché de Malacca érigea la Malaisie en vicariat distinct de celui de Siam. Mgr Boucho!, évèque d’Athalie, en fut, en 1841, le premier vi- Caire apostolique. Il eut pour coadjuteur Mgr Leturdu, mort en 1872. Alors deux prêtres indo-portugais administraient la paroisse de Malacca composée de 2000 catholiques, ils ne voulurent pas reconnaître le vicaire apostolique. Préférant obéir à l'archevêque de Goa et au gouvernement :ortugais, plutôt qu’au Saint-Siége, ils entraînèrent leurs paroissiens ignorants dans le schisme,

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En 1845, les notables éclairés par M. l’abbé Favre se sonmirent à Rome.

Cependant, malgré ces difficultés, la mission a prospéré. Elle possède plusieurs établissements très-florissants.

1° Poulo-Pinang, résidence du vicaire apostolique, paroisse, écoles, hospice et collége des missions. Cet établissernent est la maison des hautes études pour le clergé de la Haute-Asie, Il contient 132 élèves. Poulo-Pinang a une population de 50,900 âmes dont 4000 catholiques ;

2° Sincapour, île et ville du détroit de Malacca, entre la ville de ce nom et l’île de Sumatra. Elle n’est séparée du continent que par un bras de mer très-étroit, Sincapour est une ville moderne. Lorsqu’en 1818, l'Angleterre restitua les colonies hollandaises, sir Rafles choisit cette île pour er ‘aire une station anglaise. Il l’acheta du sultan de Pjohore. Le gouvernement anglais en fit un port franc, ce qui lui a fait prendre un développement immense. Elle est devenue l’entrepôt du commerce de l'Inde, de la Chine et de l’Europe. Sa population est au-

jourd’hui de près de 40,000 habitants de toute nation

dont près de 4000 catholiques. Outre la paroisse, il y a des écoles et un pensionnat de garçons tenus par les frères de la doctrine chrétienne ; des écoles et un pensionnat de filles, un orphelinat et un hospice dirigés par les sœurs françaises bénédictines de Saint-Maur ;

3° Malacca, avec 2000 catholiques, Sincapour et Poulo- Pinang l'ont tuée. La mission y a une paroisse et des écoles ;

40 Bombea, village de la tribu des Orangs-Benuas, à 4 lieues de Malacca. Cette mission contient 200 nouveaux chrétiens ;

9° Menang-kabou, autre mission des Orangs-Benuas. Ces deux villages sont dans le royaume de Djohore.

Les Zenuas remontent à la plus haute antiquité ; ils

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sont très-probablement ce peuple de l'extrémité des Indes cité par Hérodote comme mangeant ses vieux parenis pour leur épargner les souffrances dé la décrépitude. Cr, d’après les traditions conservées parmi eux, il paraît qu'autrefois, ils avaient cette horrible coutume. Leur nombre peut être évalué à 6000. Ils s occupent surtout de chasse et tuent adroitement Îe gibier avec une sarbacane (sampitau) au moyen de laquelie ils lancent des petites flèches empoiscnnées. Toutes les tribus laos

connaissent et manœuvrent cette arme dangereuse. Les

Portugais la retrouvèrent entre les mains de certaines tribus sauvages du Brésil. Le personnel de la mission de la Malaisie se compose d’un évêque et de 8 prêtres français.

ARTICLE ÿII

Vicariat apostolique de la Birmanie.

La Birmanie ou Mieri, empire de l'Inde transgangétique, s'étend entré les 910 et 99° de longitude est, et les 8° 15’ et 27° 7’ de latitude. Elle a pour bornes l'Assam et l’Yun nan, province de la Chine au nord, le fleuve Sa-

Jouen, l’Arrakan et le Kassai à l'est. et le golfe du Ben-

gale à l’ouest et au sud. Son étendue est de 2000 kilomètres de longueur « : 500 de largeur. Cet État se compose des deux anciens royaumes de Pégu au sud et d'Ava ou Birmanie proprement dite, au nord du premier.

‘ À la suite de difficultés politiques, le gouvernement an-

glais s'est emparé en 1820 de l’Arrakan. de l’Assam, du Tenasserim et du Geah, de telle sorte qu'aujourd'hui, les possessions britanniques s'étendent sur toute la côte orientale du golfe du Bengale jusqu’à Malacca. De plus, il s’est fait reconnaître, dans le traité de paix, le droit de choisir les rajahs ou gouverneurs des quatre provinces limitrophes de ses possessions indiennes. Les productions

de la Birmanie sont les mêmes que celles des États voi: sins. Son sol est fertile et riche en toutes sortes :d0 m6taux.

L'Irawady, le Zittang et le Salouen sont les fleuves qui traversent la Birmane ; ils viennent du Thibet. Sa population, évaiuée diversement, est de 8 à 43 millions d’âmes. Elle appartient comme les Siamois au rameau sinique de la race jaune ; ils portent des tatouages sur la poitrine. Les femmes sont plus libres que dans les pays voisins. Vers les frontières, élle est très-mélangée. Les Loos chinois du nord-est doivent être considérés comme des Birmans. Sur la frontière de Siam, à l’est, se trouvent les Kariengs qui appartiennent au Laos. Leur religion est le bouddhisme, mélangé à celle des génies.

L'histoire de la Birmanie est une série de guerres entre l’Ava et le Pégu, qui se subjuguent tour à tour et se révoltent continuellement. Depuis l’année 304 de notre ère jusqu'au xix° siècle, la Birmanie a eu 493 souverains. Elle fut envahie au xvi* siècle par les Mongols, les Birmans les repoussèrent. Peu après arrivèrent les Portugais. En 1555, le franciscain François tenta inutilement d’y pénétrer. Ce ne fut toutefois que quelques années plus tard que les Portugais s’établirent à Martaban, à Thong-. hoo et à Prono dans la province maritime de Dalla.

Pendant les guerres de cette époque, le roi d’Arrakan prit à sa solde un corps de soldats de cette nation, commandé par Philippe de Britto. 11 leur donna la forteresse de Siriau sur l’/raiwady. Les jésuites et les dominicains vinrent y fonder des établissements. Attaqués à leur tour, en 1613, par ceux qui les avaient appelés, les Portugais furent conduits prisonniers à Ava, capriale de l'empire ; de là ils se dispersèrent dans le royaume et fondèrent plusieurs paroisses, les principales étaient : Ava, Syrian et Rangoun. Les dominicains, ensuite les franciscains de Goa, en furent les premiers missionnaires. Mais la mission

ne fut régulièrement érigée, par le Saint-Siége, qu'en 1642, Rome y envoya deux Capucins français qui restèrent à Madras. Alors Mezza-barba, \égat du pape en Chine, confia la Birmanie aux religieux barnabites italiens. Le père Sigismond Calchi fut le premier vicaire apostolique d’Ava. Le roi accorda à ces missionnaires la plus entière liberté, Au milieu des guerres incessantes qui ravageaient ce pays, la mission s'y développa difficilement ; deux évêques y furent mis à mort. Les Pégouans s'étaient emparés d’Ava en 1752, Le chef d’un petit village birman, Allompra, releva le courage de ses compatriotes, il se mit à la tête d’une armée et s’empara du trône, Ce prince nourrissait de grands projets; il donna une impulsion civilisatrice à ses États, et permit aux Français et aux Anglais d'établir chacuns une factorerie dans le Pégu. Malgré ces faveurs, les résidents étrangers ne surent pas garder une neutralité convenable entre les Birmans et les Pégouans. Allompra fit saisir deux navires français dont il massacra les équipages. Le fils de ce prince fut supplanté par son oncle, et après trois règnes insignifiants, son petit-fils, Mendragée-Praw, put monter sur le trône: Ce prince construisit la ville d'Amarapoura et en fit sa Capi- tale ; il conquit, en outre, tout le littoral siamois avec J’Arrakan.

Quelques difficultés s'étaient élevées avec le gouvernement anglais des Indes: en 1795, une ambassade anglaise vint à la cour de Birmanie signer un traité qui rétablit la bonne harmonie pour dix-sept ans.

À cette époque, la mission de Birmanie prenait son essor. En 1767, sou vicaire apostolique était Mgr Perlotto, évêque de Maxula. Plus de 1,000 païens avaient embrassé le catholicisme. Elle possédait 10 églises et autant d'écoles. Mais lorsque la révolution française éclata, tout ce bien fut compromis: les missionnaires moururent et ne furent pas remplacés. En 1829, il n'y restait plus que deux

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prêtres septuagénaires, privés même des objets néces- | saires pour dire la messe.

L'année précédente, les Anglais construisaient sur le

: Cap Martaban, à l'embouchure du Salouen, la ville d’Am-

hersi dont la population dépasse aujourd'hui 15,000 âmes.

En 1830, le Saint-Siége confia la mission à la congrégation des piaristes, Un vicaire apostolique et quatre missionnaires vinrent en prendre possession ; mais, entourés de difficultés considérables, ils ne tardèrent pas à l’abandonner. En 1839, les oblats de Turin l'acceptèrent, et Mgr Jean Salum, évèque de Ptolémais, fut nommé vicaire apostolique.

La mission prospéra au milieu de revers et de succès. Alors, en 1855, le Saint-Siége la partagea en deux vicariats apostoliques. Les barnabites italiens restèrent dans la partie orientale; l’autre, sous le nom de Birmanie méridionale, fut confiée aux missionnaires français de la congrégation des missions étrangères. Mgr Bigandet en est le vicaire apostolique. Le roi continua de protéger les missionnaires, il leur. confia même l'instruction de son fils et demanda à Mgr Bigandet de faire venir à Mandaleh, sa capitale, des sœurs de Saint-Joseph, auxquelles il faisait construire un bel établissement, mais il fut assassiné en 1867. Le nouveau roi, une fois installé, redemanda des sœurs et confia son fils aux missionnai -es dont il se fit le protecteur. Il leur accordait la plus entière liberté, et en 1870, il envoyait le Français d’Orgoni, à son service depuis plusieurs années, porter à Pie IX une lettre dans laquelle il l’assurait de ses bonnes intentions pour la religion catholique. 11 demandait que le vicaire apostolique vint résider à la capitale pour surveiller l'éducation de ses enfants.

Un an auparavant, avait été formé un nouveau vicariat apostolique, celui de Birmanie occidentale, confié provisoirement à Mgr Bigandet. Voici quels sont les établisse ments actuels de la mission de Birmanie :

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1° Mandaleh, capitale depuis 1824, sur la rive gauche de l'Irawady, par 22° 30’, à peu près, de latitude nord, et 93° 32’ de longitude est ; ville très-considérable, résidence de l'évêque, écoles, orphelinat: les écoles de filles sont dirigées par les sœurs de Saint-Joseph, séminaire ;

2° Amarapoura, bâtie en 1783, capitale jusqu’à son incendie en 1824, à peu de distance au sud de Mandaleh, sur la même rive du fleuve. Elle a encore de 93 à 30, 000 âmes, Paroisse catholique, écoles. A 26 kilomètres au sud-ouest se trouve Ava, ancienne capitale de la Birmanie (Ratna-poura, ville des joyaux) ;

3° Houlmein, dans les possessions anglaises, à l'embouchure de l’Attaran, dans le Martaban, résidence, écoles e

4 Rangoun, chef-lieu du Pégu, à 50 kilomètres de la mer, par 46° 50’ de latitude nord, et 930 50) de longitnde est sur la branche orientale de l’Irrawady, ville de 20 à 30,000 âmes, ruinée en 1850 par un incendie. Cette ville était la capitale du royaume birman lorsque les Anglais s’en emparèrent en 1824. On y voit la belle pagode de Goutama, à la flèche dorée, et à 3 kilomètres au nordouest, celle de Dagon, dont la flèche dorée mesure au moins 120 mètres de hauteur. Des statues rappelant les sphinx de l’'Égvpte ornent les abords de ce temple. Résidence, écoles de garçons et pensionnat dirigé par les frères français de la doctrine chrétienne; écoles et orphelinat de filles confiées aux sœurs de Saint-Joseph ;

5° Bassein ou Persaïm, dans le Pégu, sur la branche occidentale de l'Irawady, ancien comptoir anglais. Résidence ; écoles de garçons et pensionnat dirigé par les frères doi la doctrine chrétienne ;

6° Henthada, sur la rive droite de l'Irawady, pa 45° 30’ de latitude nord. Résidence et écoles. La mission se compose d’un évêque, de 15 missionnaires français, de 3 prêtres indigènes, de 7 sœurs de Saint-Joseph et de 12 frères de la doctrine chrétienne,

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