‹ Les missions catholiques françaises [microforme]Chapitre 76 sur 105 · ÉTATS-UNIS. — NOTIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

ÉTATS-UNIS. — NOTIONS GÉNÉRALES

Pendant que les Français implantaient la foi parmi les tribus du Canada et de la Lousiane, Georges Calvert, comte de Baltimore, secrétaire d'État de Jacquesl°r, obtenait la concession de l’île de Terre-Neuve à laquelle Charles I: ajouta plus tard un vaste territoire au nord de la Virginie. Le concessionnaire lui donna le nom de Waruland en l'honneur de la princesse Marie. Persécuté avec les catholiques d’Angleterre, il s’apprêtait À venir se réfugier dans ses possessions américaines lorsque la mort le surprit. Ce fut son fils qui réalisa son projet. Il quitta l'Angleterre avec 200 familles en 1634 et vint fonder sur les bords du Potomac la ville de Baltimore. Cinq jésuites avaient accompagré la colonie. Les nouveaux colons donnèrent asile aux protestants, chassés d’Angleterre par leurs coreligionnaires. Ils furent victimes de leur charité. Vingt-cinq ans après, ceux-ci, devenus les maîtres par le nombre, privèrent les catholiques dé leurs droits civils et politiques. Chassés de Maryland, les jésuites y revinrent bientôt et opérèrent de nombreuses conversions. À la même époque, le Saint-Siége envoya des capucins anglais et français dans la Virginie et plus tard des jésuites dans la Pensulvanie, provinces de la Nouvelle- Anglerre. Cette dernière fut colonisée par les quakers de Guillaume Penn. En même temps, à partir de 1641, les carmes, les augustins et jes jésuites espagnois, rempiacés en 1767 par les franciscains, évangélisaient la Californie.

TRUE ER ne és Deer 2. eut À TRS 2 Se CR rm Se

NE

Les progrès de ces missions les forcèrent à donner la basse ou vieille Californie aux dominicains. Des milliers de sauvages furent civilisés : en 1836 on y comptait encore 38 centres de mission. C’est en cette année qu’elles furent supprimées.

Déjà en 1519, le jour de la Pentecôte, une tempête avait jeté l’Espagnol Ponce de Léon sur les côtes d’une presqu'île, couverte de fleurs. Il l’appela Floride, de Pasca Florida (Pâques fleuries), en mémoire de cette fête. À la nouvelle de cette découverte, l'Espagne envoya dans cette contrée admirable et salubre une expédition militaire. Avec elle débarquèrent des missionnaires dominicains; l’un d'eux, Cancer de Barbastro, fut tué par les

flèches des indiens à Tampa. Quelques années après,

Pedro-Mendez fondait en 1863 la ville de Saint-Augustin. Bientôt arrivèrent les franciscains qui formèrent des réductions. Plusieurs d'entre eux payèrent par le martyre des succès dus à ieur zèle et à leur abnégation. Au xvrie siècle, ces missionnaires, dont quelques-uns étaient frangais, possédaient vingt couvents dans la Floride. Mais le voisinage de la Géorgie et de la Caroline porta une perturbation considérable dans cette contrée. Les colons anglais y faisaient incursions, ravageaient, détruisaient les paroisses et vendaient les indiens comme esclaves. En 1763, les Séminoles et autres sauv-ges se réfugiaient dans l'intérieur pour se mettre à l'abri de ces coups de main, alors il ne resta plus de missionnaires qu’à Saint-Augustin et à Pansacola, dans la Floride occidentale, Vingt ans après les missions étaient totalement détruites. Pendant ce temps, se fondait l'Amérique anglaise. En 1607 une centaine d’Anglais débarquaient dans une île des côtes de la Virginie à l'embouchure de la rivière James. Ils furent rejoints par des déportés, des exilés, des engagés auxquels 6n joigait bientôt dès noirs d'Afrique. Plus au nord en 1615, les Hollandais s'établissaient sur les rives du

donner la es milliers

comptait ée qu’elles

e tempête Ôtes d’une joride, de de cette ne envoya >xpédition ires domiué par les es après, Augustin.

nt des rée martyre |. Au xvIIe aient franide, Mais porta une es colons truisaient laves. En aient dans de main, - Augustin Vingt ans . Pendant | une cen- Ôtes de la Ils furent agés aux- $ au nord

rives du

fleuve, Hudson ; Orange est devenue Albang et la Nouvélle-Amsterdam s'appelle aujourd'hui Wew- York: En 4636,: il n’y avait encore que 2,000 Néerlandais et Flamands. Quelques protestants français vinrent se joindre à eux après la révocation de l’édit de Nantes.

En 4620, 100 puritains anglais persécutés débarquent sur les roches de New-Plymouth au nord de New-York.

Ils fondent la Nouvelle-Angleterre, le Massachussets, Bos- .

ton et la Pensylvanie ; au bout de 30 ans ces provinces avaient déjà 21,000 colons. Des Allemands et quelques Suédois accoururent 5’établir auprès d’eux. En 1750, la population des colonies anglaises s'élevait déjà à 1,200,000 àmes. La paix d’Utrecht leur donna Terre-Neuve et l’Acadie, et celle de 1763 acheva notre ruine en leur abandonnant le Canada.

Onze ans ‘près, une question de douane et d'impôts oceasionna une scission entre les treize* provinces de la eolonie et la métropole. Aidés par la France, les Américains font reconnaître leur indépendance en 1781. En 1803, là nouvelle république acquiert la Louisiane de Bonaparte. En 1824 l'Espagne lui abandonne la Floride ; 1845 lui donne le Texas : 1846, l'Orégon ; 1850, l'Utah, le Nouveau-Mexique et la Californie ; 1854, l’Arizona. Enfin dans ces dernières années elle acheta l'Amérique russe. D’annexion en annexion, les États-Unis sont arrivés à posséder 37 États et 10 territoires, soit 935 millions d'hectares ou 17 fois la Franca et 41 millions d’habitants.

En 1673, le jésuite français Marqueite avait découvert le cours intérieur du Mississipi dont l'embouchure venait d’être explorée par l'Espagnol Soto. Il descendit le fleuve jusqu’à la rivière Arkansas et revint au Canada par l’ZUlinoisetle lac Michigan. Après luile père récollet Hennepin naviguait jusqu’au 42 de latitude nord :ils’arrêtait devant une chute qu'il appela saut de Saint-François de Padoue

PSS RS AU hnete E

FETES x es É

Bi is 5

Tan EE D UE et. 2 RSR NE à Diner à

La Salle.fut plus heureux, il descendit le fleuve jusqu'à son emboucbure et donna le nom de Louisiane à la vallée du fleuve. Alors les jésuites français descendirent du Canada chez les Indiens illinois, où ils fondèrent des réductious dignes de celles du Canada. D’autres prêtres de la société des missions étrangères venus de Québec et des Capucins s’établirent également dans ia Louisiane. Cependant les Anglais excitaient continuellement les sauvages contre les Français; heureusement, quelques tribus impatientes devancèrent le jour assigné pour le massacre général. Les Natchez, les Chichaghas et les Yassous tuèrent plusieurs missionnaires avec un grand nombre de nos compatriotes. Parmi ces martyrs, citons les jésuites du Poisson, Souel, Doutreleau et Sénat. Les Français punirent cette révolte par la destruction totale des Natchez.

Pendant ce temps plusieurs essais infructueux de colonisation étaient tentés au nom de la France, dans le bas Mississipi, par Yberville (1698) et par Crozait (1712). En 17148 Lemoine de Boinville fondait la Nouvelle-Orléans. Quelques réductions d’indiens réussirent. Mais les spésulations de la compagnie du Mississipi fondée par Law vinrent arrêter l'essor de la civilisation parmi ces sauvages bien disposés. Alc:3 Louis XV céda cette belle colonie à l'Espagne (1763). La rive occidentale du Mississipi devint espagnole et ses bords orientaux appartinrent aux Anglais. Les choses restèrent dans cet état jusqu’à l'émeacipation des États-Unis. En 1783, ceux-ci s'emparèrent de tous les pays au nord du 31° de latitude. Les antres provinces restèrent à l'Espagne qui les rendit à la France, de 14798 à 1800, et en 1803 l'empereur Napoléon la céda aux États-Unis pour la somme de 80 millions

La Lousiane espagnole resta sous la juridiction de l’archevêque de ia avane jusqu'à la création du diocèse de

la Nouvelle-Orl£ans en 1793. Les guerres de l’Indépen«.

e jusqu'à à la valdirent du \t des rérêtres de ec et des iane. Celes sau- 1es tribus massacre

Yassous 1 nombre ns les jé- Les Frantotale des

« de coloins le bas 712). En -Orléans.

es spécupar Law ces saubelle co- Mississipi artinrent t jusqu’à i s'empatude. Les endit à la Napoléon lions.

n de l’ariocèse d6

Indépen-.

dance achevèrent de ruiner l'Église de l'Amérique anglaise. Après la reconnaissance des États-Unis par les autres nations , tout était à recommencer. J usqu'alôrs les colonies britanniques de l'Amérique relevaient du vicaire apostolique de Londres, il fallut songer à leur donner une nouvelle organisation hiérarchique. Les anciens jésuites étaient restés dans leurs missions ; ils mouraient successivement, mais ils n’étaient plus remplacés. Alors les prêtres du Maryland et de la Pensylvanie, réunis en synode, demandèrent au Saint-Siége la création d’un évêché et proposèrent le R. P. Joun Carroll, vicaire général du vicaire apostolique de Londres, pour premiez évêque des États-Unis. Pie Y' éxaUÇa leur supplique ; et en 1790, Mgr Carroil fut sacré évêque titulaire de Baltimore. Ce prélat ne trouva dans son diocèse que 45 prêtres et 24,500 catholiques dispersés sur un terr'toire de 4,500 lieues de longueur sur 900 de largeur. Irimédiatement après son installation, la première œuvre qu'il fonda fut un séminaire. Il appela auprès de lui les Sulpiciens français ; six des membres de cette congrégation vinrent créer un grand et un petit séminaire à Georges-Town en 1791. Le premier prêtre qui en sortit, en 1793, est un Français natif d'Orléans : M. Badin l’apôtre de Kentuky. En 1800 Mgr Neale était adjoint à Mgr Carroll, en qualité de coadjuteur, avec le titre d’évêque de Gortyne. La même année, il rattachait les jésuites restés aux États-Unis, à ceux que la Russie avait conservés : une nouvelle colonie de ces missionnaires venait renouer la chaîne des missions américaines.

La foi se développant aux États -Unis, Pie VII érigea, en 1808, Baltimore en archevèché et lui donna quatre évêchés suffragants, Boston, Philadelphie, New-York et Dardstown. Deux Français furent les premiers titulaires de Boston et de Bardstown, ce sont NN. SS. de Cheverus, devenu plus tard archevêque de Bordeaux, et /laget, de

ne en SC è.

D À D RE ie

société de Saint-Sulpice, évêque de Bardstown et fonäateur des missions indiennes. En 1815, un autre Français, Mgr Dubourg, fut sacré évêque de la Nouvelle-Orléans. Il ramena d'Italie plusieurs lazaristes romains qui formèrent ie collége séminaire de Sainte-Marie des Barreus. Mgr Rosati devint le coadjuteur de Mgr Dubourg et fixa sa résidence à Saint-Louis dont il devint évêque en 4827. En 1810, Mgr Ælaget fut transféré sur le nouveau siége de Louisville qui remplaça celui de Bardstown supprimé. La première de ces deux villes, dont la population/dépasse 50,000 âmes, n’était composée en 1792 que de quatre cabanes et deux maisons. À son arrivée, Mgr Flaget y trouvait 1,600 catholiques ; il bâtissait dix églises dans son diocèse; l'année suivante il y créait un séminaire. En 1819, il possédait une cathédrale, trois colléges dont un pour les écoles, et établissements de sœurs pour les malades. En 1820 il recevait des sœurs dominicaines pour l'instruction des jeunes personnes, il établissait deux pensionnats dans l’Ohic et autant dans le Kentuky. En 1842, il faisait venir les sœurs du Bon pasteur d'Angers à Philadelphie et à Saint-Louis. Enfin, il fondait la trappe de Gethsemani au milieu des forêts vierges de son diocèse, avec 40 religieux venus de celle de la Yeilleraie. L’histoire de Mgr Fluget nous apprend celle de tous les évêques d'Amérique.

Pendant que l’Église catholique développait ses œuvres, le gouvernement des États-Unis, préoccupé d’en finir avec les indiens, refoulait ces malheureux vers les territoires occidentaux sur la rive occidentale de l’Arkansas et de la Nebraska. Pour arriver à ce résultat sans effusion de sang. il eut recours aux missionnaires. Les Osages et les Potawotamies et une foule d’autres tribus de la grande nation des Sioux y furent réunis. Mgr Miège est leur vicaire apostolique depuis 4854 ; il réside à Lavenworih-city, chef-lieu du Kansas ; or en 1858, cette localité qui ren-

n et fon- Français, rléans. Il >rmèrent Barreus.

rg et fixa en 14827.

au siége 1pprimé.

1\dépasse e quatre Flaget y dans son aire. En “dont un r les manes. pour it deux uky. En Angers à la trappe diocèse, e. L’hisévêques

œuvres, inir avec rritoires

et de la de sang.

les Poinde nair vicaire réh-city, qui ren-

ferme aujourd'hui 5,000 catholiques ne se composait que de quelques cabanes. Les Révérends Pères ont fondé un grand nombre dé paroisses indiennes ; ils y ont installé des hôpitaux, des pensionnats, des colléges, des écoles : celles de filles sont dirigées par des sœurs du Sacré-cœur. Encore quelques années et tous les sauvages devenus chrétiens seront assimilés à la civilisation et sauvés de l’extermination. À mesure que le flot de l'émigration jetait aux États-Unis un certain nombre de catholiques, le Saint- Siége multipliait les diocèses à la demande des premiers évêques ainsi que conciles provinciaux. Ainsi Pie VII érigeait, en 4820, le siége de Richmond; en 1824 ceux de Chartiesicur et de Cincinnati. Bientôt vint la création du vicariat apostolique des Florides, de l’Alabama, -i celle de l'évêché de Saint-Louis en 4827. C’est un Français, Mgr Portier, bientôt évêque de Mobile, qui futle premier vicaire apostolique de la fécride. À la mort de Grégoire XVI en "846, il y avait déjà 46 évêchés aux États- Unis. Actuellement on y compte quarante-huit diocèses et vicariats apostoliques formant sept provinces ecclésiastiques.

Des séminaires, des colléges, des écoles pour les garçons et pour les filles, des pensionnats, des hôpitaux, des asiles pour toutes les misères ont été fondés par les évêques avec l’aide des fidèles de leurs diocèses. Ces prélats créèrent des congrégations religieuses pour les diriger et sollicitèrent le concours des sociétés caropéennes. Leur app°i fut entendu, et un grand nombre de prêtres séculiers et réguliers de frères et de sœurs de toutes les sociétés hospitalières et enseignantes, accoururent chaque année se mettre à leur disposition. Les jésuites ont actuellement une vingtaine de colléges dont plusieurs sont élevés au rang d’universités avec le privilége de conférer le doctorat. Leurs établissements sont au nombre d’une cinquantaine. Sur 128 universités américaines, les catho-

PRES nr © PERS

4 ER ju — LE me > dem à nas OU

Mn

rat sn ECS SR - MP PR Sir de ns Re MT TN | |

LE 2 Es

TE ee

Page 1