UXOR, OBIIT III JUNI MDIII
Le seigneur de Beersele jouissait de la confiance de Philippe-le-Bcau, qui
le nomma, avec quatre autres puissants seigneurs, à la régence de ses états
pendant son premier voyage en Espagne.
Le. Messager des Scie?ices historiques de Belgique, années 1839 et 1841, contient d'intéressants articles sur les seigneurs de Beersele.
(1) Cette instruction est coUationnée sur la pièce originale.
(2) En marge on lit : « Que larchiducq partit pour Espaigne en nov. 1301, par France comme est dict f« 46 (p. 85). »
bon propoz. Escript a Blois le XXVIIP jour de décembre. Vostre très humble et très obéissant serviteur G. de Ro-
CHEFORT (1). w
Lettre de Pierre Anchemant, escripte de Blois a
l'archiducq.
Mon très redoubté s^ le plus humblement que faire puis a vostre bonne grâce me recommande.
Mons^ en obéissant au commandement quil vous a pieu me faire par voz lettres, jay tant fait que, non obstant certaine maladie laquelle, en révérence parlant, les médecins dient
estre manière de florlacion a moy survenue, je suis venu
et arrive icj a Blois devers les roy et royne. Et aprez y avoir séjourné trois ou quatre jours et que ma douleur a cessé, me suis aproché du roy, lui ay fait voz recommandacions et ausurplus recité le contenu en certaine instruccion, a moy baillée par mess^« de Nassau et chancelier (2), contenant en effect :
Que pour savoir et entendre a la vérité des bon estât,
santé et nouvelles dudict s^ de la royne et de madame leur
fille, qui estoit et est la chose que plus desirez, vous mavez mande et escript par vos postes que incontinent je me treuve devers lui et que ce que jen pourroye savoir vous
escripvisse a toute dilligence.
Item que vous, mons^ avez semblablement grant désir de savoir comment le roy Vostre père et lui sont ensemble.
Sur ce, sans faire autre responce, me dit ces parolles :
(1) Cette lettre originale est annexée au manuscrit et porte pour suscription : « A mou 1res redoubté seigneur mons' rarchiducq. «
(2) En marge on lit : « Thomas de Plaine, s' de Maigny. »
« Ha vrayement il na riens voulu faire ne tenir de ce que w mons"" larchiducq a traicte en son nom avec moy, mais " encores le meilleur y est, car il dict que mons^ de Be- » zancon a seul tout conduit et fait a sa volenté et que
« raondict s' larchiduc se doit garder dudict Bezancon
« et moy de mons*^ le mareschal de Gye, car ce sont " deux mauvais conseilliers. « Pleust a Dieu quil en eust beaucoup de telz; car je croy et ne fay doubte que ses
besoignes ne fussent trop mieulx dressées qu elles ne sont. Je ne scay quelle occasion le meut de dire mal dudict de Bezancon, pour ce que oncques ne luy trouvé que sage, vertueulx et honneste, aymant le bien, honneur, exaltacion
de son maistre.
Puis dit : « que me demande le roy des Romains? Je cui- » doye estre aussi seur quil ne contreviendroit jamais a ce ♦» quil avoit dit a mons"" le légat, depuis a Robertet, ne aussi w a ce que mon cousin avoit fait et promis en son nom, que »» je suis de la mort; comment me pourroy je jamais fier » en lui? '» Je lui diz : « Sire, vous savez ce que mondict » s^ en a fait par cidevant et lafFection quil a tousiours eu
« et encores a envers vous, et singulièrement a ce que une »» bonne et ferme paix et intelligence soit entre le roy son w père et vous. Soyez seur, sire, quil semployera et trou- ♦» vera encores quelque bon expédient a ce que toutes choses »> soient radoubées, si avant toutesvoyes que vostre plaisir »> soit tel que de les entremectre. «
« Quant a mon cousin, dit-il, je le cognois bien, ne je ne « vouleroye pour grant chose que je ne leusse veu; car par
" lantise et conversaclon que jay eu avec lui, jay eu par- « faite cognoissance de ses vertuz et de lamour entière '» quil a a moy et a la paix, et me tiens aussi asseuré de lui » que je pourroye faire de mon frère germain. Aussi il peut
« estre tout asseure de moj; car si, pour son fait et ses " affaires d'Espaigne ou autres, il a besoing de chose qui ♦» soit en ma puissance, je laideray, secourray et assisteray y* comme moy mesme. « Dont je le merciay humblement. Et lui diz oultre : ** Sire, ne vous plairoit-il pas que y* mons"^ se meslast de trouver quelque bon expédient en y> ces matières? « Trop de gens de bien, dit-il, ne sen
»» pourroient mesler. Et à la vérité je ne me puis assez ■» esmerveiller des termes tenuz par le roy des Romains, » veu que je ne lui demande que la raison et ce quil a pro- » mis. Quoy? sire, dis-je. Linfeodacion de Milan (i), dit-il. n Sire, dis-je, jentens quil l'a bien voulu faire. Il est vray, « dit-il, mais il entend autrement que moy. Sire, dis-je, w je nay pas veu en tous les articles qui en ont esté fais et « passez, tant par mons"* le cardinal p) comme depuis par
« ceulx qui ont este passez (mond' s*" archiducq estant devers w vous), que la manière de vostre infeodacion y soit de- •» clairee. »» Il est vray, dit-il, mais il scait quelles promes- « ses il a fait audit légat, combien que, si mencion en eust » esté faite es dits articles, il ny eust peu si légèrement »» contredire. Sire, dis-je, sans point de faulte mons*" ne w sera jamais a son repos 'quil 'nait fait ung bon mariage
« de vous deux : c'est asscavoir une finale paix et bonne
w intelligence; et, comme je vous ay dit, il neveult espargner « peine, labeur ne despence pour ce faire. Voyre lui en a »» (comme je croy) desia escript bien au long. Je croy en- « cores, dit-il, quil aura cognoissance de ses amis qui « désirent son bien; car puis quatre jours il ma escript bien
(1) V. texte et note, p. 51.
(3) Le cardinal Georges d*A«boise, archevêcjue de Roilen, légat tlil
S^Siége, premier ministre de Louis XII, frère de févêque d'Alby.
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'» au long fort doulcement. Et par ses lettres sexcuse, entre " autres choses, des placars mis aux portes et églises des ^ Alemaignes , contenans la manière de la paix quil avoit »» avec moy et comment par le main dicelle javoye haban- »» donné les Swysses et les Veniciens et autres choses non ♦♦ contenues en nostre traicté; et croy a la vérité que son « excuse est légitime. Item mescript quil envoyera brief, en « ambassade devers moy, les s^^ de Vergy, du Fay et pré- « vost d'Utrecht (l), qui auront ample pouvoir de besoigner w avec moy en toutes choses. Ainsy mon espoir nest pas du « tout hors quant a lui. Mais il y a bien autre chose, dit-il; » nous sommes taillez davoir, le roy d'Espaigne et moy, »» grant différent ensemble. Pourquoy, sire? Pour ce, dit-il, « quil me veult oster ce qui m'appartient et je suis content »» de men submectre. Et il nen veult nul croire que lui « mesme. Il me desplaira grandement davoir débat a lui, r^ singulièrement pour lamour de mon cousin, son beau filz, »» vostre maistre ; mais aussy de me souffrir fouler, vous »» entendez bien que ce ne seroit mon honneur; et vouspro- « raetz que, si débat y a (que Dieu ne veuUe), il pourra estre « si grant et tourner a telle conséquence quil sera difficile »» a appaiser. Neantmoings, soit que jaye affaire au père et » beaupere (2), je seray tousiours entier envers mondict cou-
^ sm vostre maistre, si avant quil face envers. moy comme il ^ a fait jusques a ores. Ha! sire, dis-je, de ce nayez nulle »» doubte, car jamais ne le trouverez variable, muable ne
{\) Philibert Naturel ou Naturelli, d'une famille bourguignonne, prévôt de l'église d'Utrecht, mort à Matines le 22 juillet 1529. Eu 1484 il entra au Conseil privé. M. Le Glay donne sa biographie dans la préface des Négociations diplomatiques entre la France et l'Autriche.
(2) Maximilien 1, empereur d'Allemagne, père de l'archiduc Philippe-le-
Beau, et Ferdinand, roi de CastiUe, père de l'arcliiduchesse Jeanne.
. trompeur, mais tout gentil et véritable. Je le croy ferme- 1) ment. ^ Et puis me laissa pour celle fois.
Le mesme jour me trouvay devers la royne, a laquelle fiz voz recomraandacions et lui baillay une lettre que madame (1) lui a escripte. En oultre lui dis assez en effect ce que javoye dit au roy. En vérité, mons^ cestoit plaisance de veoir la contenance et le plaisir quelle prenoit doyr bonnes nouvelles de vous, de madame et de mons'^ son beau filz, combien qu'elle disoit avoir esté fort troublée de ce qu elle avoit entendu que mondict s»- vostre filz avoit esté malade.
De quoy je lappaisay en la certiûant quil estoit en très bon point et que le mal quil avoit eu ne procedoit que de ses grosses dents nouvelles qui jettoient hors. « Vrayement, « dit-elle, je le veul encores envoyer visiter. '^ Puis me dit : ^ Maistre Pierre Ancheman, mon amy, que ferons nous de . ces royx qui ne se scavent acorder (2)? Jen suis tant trou- „ blée que bien souvent jen laisse le menger et le dormir. M. Et Dieu scait quelle peine jen prens pour enhorter le roy
« de traicter et appoincter avec eulx. Et me fait encores « plus mal des roy et royne d'Espaigne que du roy des . Romains, veu que si longuement ilz ont esté amiz et alliez « en France. Car je doubte fort que, si la guerre sy mect, .. quelle sera dangereuse, mauvaise et difficile a apaiser. « Et neantmoings, le tout bien pesé et entendu, on ne fait . dommage que a noz enfans. Jay esté fort malade depuis
(1) L'archiduchesse Jeanne.
(2) On lit en marge : « Ce débat et querelle est entre les royx de France et d'Espaigne pour le royaulme de Naples, qui at esté prins par les François comme dict est cy-devant fo 21 (p. U) et repris par les Hispagnols a» 1503. Et est ceste guerre exactement descripte par Paul Jovius in Vi^ reg. Ferd., lom. I. Guichardin, Histor. lib. V et VI. Et la paix de ceste guerre est faicte a» 1505. Pontus Heuterus, Rer. Austr. lib. VI, cap. vu. »
le partement de mon cousin et cuidoye estre grosse, mais ce nestoient que humeurs desquelles je suis quicte et me
sens maintenant saine et bien disposée. Dieu mercy. Mais, en ma maladie, je navoye regret a la mort, senon que je ne pouvoye veoir la confirmacion du mariage de noz enfians. Et si Dieu me donne la grâce de le veoir, car cest tout mon sens et mon désir, face de moy aprez son bon plaisir. Je vous prie, maistre Pierre, que de vous mesmes vous veuillez parler aux ambassadeurs d'Espaigne cy estans, afin quilz escripvent et s'emploient vers les roy et
royne, a ce qu'ilz se mectent a la raison, par crainte de beaucoup d'inconveniens au cas que débat y ont. Jasoit que a le faire le roy sera le plus tardif quil pourra, quant ce ne seroitque pour amour de mon cousin, de ma cousine et de nozdits enfans, et tousiours comment la chose voise, le roy sera bon et entier pour mesdicts cousin et cousine et de tout son povoir laidera et assistera en tous ses
affaires. »»
Puis me dit : «• Avez vous point de nouvelles de son besoigné? Je nen ay que tout bien, dis je; combien que je nay encores sceu quilz aient veu les roy et royne, jespere que nous en aurons tantost novelles, car le roy a envoyé devers eulx Courcou, son maistre d'hostel. Jay sceu et aussi paravant mon cousin estant pardeca; jentendis que plusieurs de ses gens disoient que cestoit folie a mon
cousin daler si loings et prendre tant de peine pour avoir
le royaulme d'Espaigne. Je ne puis ymaginer qui peult mouvoir telz folz den parler par ceste manière. Je dis, et vous prie de lescripre secrètement, que mondict cousin
seroit et devroit estre repute lâche prince et de petit courage de laisser perdre, par faulte dun peu de diligence, telz royaumes et grandes successions. Il est josne et taillé
» davoir grant nombre de beaux enffans, qui par ce moien " porront honnestement estre pourveuz. Ce que je lui pro- »» mis de vous escripre. »
Elle me demanda semblablement « sil y avoit quelque pro-
'» messe ou parole de faire le mariage de lune de mes dames
'» Yoz filles et du filz aisné de mons"" de Lorraine, disant que »» aucuns len avoient acertenée. '» Je lui dis que jamais nen avoje oj parler; que je ne le croy poinct et, pour autant que en moy estoit, yl men desplairoit. «♦ Pourquoy? « dit elle. « Pour ce, madame, que le duc son père a rué sus et » fait morlr feu mons^ le duc Charles, que Dieu pardoint. «
* Vraiement vous avez bonne cause, dit elle. Toutesvoies,
madame, il y a bonne paix entre mons' et mons' de Lorraine et a prorais de rendre le corps de mondict feu s"^ le » duc Charles et faire aultres bonnes choses ; mais quant au
♦ mariage, il nen est riens venu a ma cognoissance. '» Ledict filz est venu en ceste cour, où il est retenu pensionnaire et se fait appeller duc de Calabre. Il est fort beau prince, honeste, esveillé et assez bien mariginé. Ressemblant mons^ de Ghelres son oncle, quant il estoit en
son eage, qui est, comme il me semble, de XIII ou XIIII ans, et croy que les gens dont il est accompagné ont fait courrir ceste voix (i).
(1) Ce portrait est celui du prince Antoine, duc de Lorraine et de Bar< né a Nancy, le A juin 1489, mort à Bar-le-Duc, le il juin 1344, et enterré à Nancy dans l'église des Cordeliers. 11 séjourna à la cour de France jusqu'à la fin de juillet 1506. Il était fils de René II et de sa seconde femme Philippine de Gueldre, fille d'Adolphe d'Egmond, duc de Gueldre, et de
Catherine de Bourbon. René II s'allia aux Suisses contre le duc de Bourgogne, Charles-le-Téméraire, qui l'avait dépouillé de son duché de Lorraine. Ce prince aimable et doux, très aimé de ses sujets, ne put retenir ses larmes lorsqu'il vit le corps de son ennemi, qu'on venait de découvrir
dans les fossés de Nancy. H vint jeter de l'eau bénite sur ce cadavre,
EUe me parla du mariage de sa cousine mademoiselle de Kendale (^), et cornent a cause de ses vertuz elle labandonnoit enviz (?). Je lui en respondiz assez sobrement, saulf que je ne peuz tenir de lui dire que le mariage nestoit
que bon, porveu quil ne soit au détriment et domage de
vous mons"" et de mons"" vostre filz, attendu la querelle que le roj vostre père a en Hongrie. A quoj elle ne respondit riens.
Ladicte damoiselle de Kendale, alias la rojne de Hongrie, partit de ceste ville le XXP de ce mois, accompagnée de grant nombre de gentilz hommes, dames et damoiselles, fort bien habillez, montez et acoutiéz; partie desquelz la
et prenant la main glacée et raidie du prince bourguignon, il dit en pleurant : « Oh! cher cousin, Dieu veuille avoir votre âme, vous nous avez » fait bien des maux et des douleurs! » Puis il baisa cette main, se mit à genoux et resta un quart d'heure en prières. De Barante, Hist des ducs de Bourgogne.
Anchemant dit à la reine que le duc de Lorraine avait promis de rendre le corps du duc Charles à sa famille. Ce ne fut qu'en 1530 que son petit-fils, l'empereur Charles-Quint, obtint cette faveur de la duchesse douairière de
Lorraine. La dépouille mortelle du dernier duc de Bourgogne fut transportée à Bruges dans l'église de Notre-Dame, où elle est déposée dans un
mausolée d'une grande richesse. L'Histoire des ducs de Bourgogne de
M. de Barante, commentée par le baron de Reiffenberg, contient les détails les plus complets sur la mort de Charles-le-Téméraire et sur la translation de ses restes à Bruges.
(1) Anne de Candale, fille de Gaston de Foix, comte de Caudale, et de Catherine, infaute de Navarre, sa première femme. Anne de Candale épousa Ladislas, roi de Hongrie et de Bohême; elle mourut en 1506, en donnant le jour à un fils qui régna sous le nom de Louis II. Dans une lettre que J. de Courteville adresse au roi de Caslille, il annonce cette nouvelle eu ces termes : « Comme je estoie vers mondit sieur légat (cardinal d'Amboise),
» luy vindrent lettres de Honguerie qu'il ovrit en ma presensse, et après me
» dist : Vechy (voici) de grans nouvelles, assavoir que la reyne de Honguerie » estoit acouchiée d'ung filz, et que par che moien les choses que porroit » quereller le roy vostre père estoient appaisées. » Nég. dip., t, I, p. 162.
(Voir la note p. 57).
conduiront jusques a Venise, ou le roy de Hongrie doit envoyer audevant, et autre partie la conduira jusques en Hongrie. Elle a XXV muletz chargez de coffres, tous couvers des armes dune rojne d'Hongrie, asscavoir dun costé de Hongrie, Bohesme et Poleine, et de laultre costé de Kendale et de ses quartiers; et sen va la plus regrettée et plaincte que dame fit jamais de France, car la rojne et
toutes ses damoiselles en ont autant pleuré que se eust esté
sa fille. Aussi a la vérité elle est gaurie et a bonne grâce.
Mons*", deux jours aprez que jaj eu parlé au roy, il ma
mandé venir vers luj et ma dit quil avoit eu lettres de
Courcou, son maistre d'hostel, quil a envoyé vers les roy et royne, contenant entre aultre choses la bonne aide, assistance et adresse quavez oflert faire audict Courcou, et quil voit et cognoit de plus en plus vostre intégrité, amour et
affection envers lui, dont il vous doit mercier par ses lettres en me requérant de vous en advertir. Je lui diz que jen estoie bien joyeulx, comme raison est, et que jamais il ne vous trouvera aultre que leal et véritable prince.
Semblablement menvoya querre la royne qui me fit feste des lettres dudict Courcou. Toutesvoies nont ilz peu entendre par icelles la volenté des roy et royne, dont ilz sont esbahyz et desplaisans.
Mons^ c'est en effect les devises que jay eu avec lesdicts roy et royne, saulf que, quant le roy a disné, je me treuve en sale, et quant il m'appercoit il me demande se jay quelques nouvelles ou aultres choses. En quoy je respons le plus
pertinemment que je scay.
Mons"^, quant au roy, il est en très bon poinct, combien quil a eu sa goûte au piet, dont il cloche encores. Il se treuve puissant de plus en plus, parquoy lui semble bien quil doibt
estre craint et doubté que ceulx qui lui font plaisir y sont
tenuz ou ne peuvent sans lui. Il se montre tousiours fort caut et rusé, et, tant par sa cautelle comme par sa puissance, lui semble que riens ne lui est impossible. Toutesvoies, comme je vous ay autrefois dit, sil a amour a prince ou créature vivant, je tiens que vous estes ung des plus chiers, car, tant par ses paroles comme par celles de la royne, il se montre sans aucune faintise.
Item, mons^ vous avez la singulière grâce de tous les
gentilz hommes et peuple de son royaulme; car jay assez à faire de respondre a gens de tous estas, qui peuvent scavoir que je suis vostre serviteur, de vostre bon portement; ne je ne parle ne ay parlé a personne de vous en ce royaulme, qui en fin ne dye : •* Je prie Notre Seigneur quil veulle garder « et préserver de mal ce gentil et noble prince, lui doint « acomplissement de ses bons désirs et brief retourner en
" ce royaulme. »» Et ainsi je veux inférer le commun proverbe qui dit que, ** qui est aymé des serviteurs, il lest du
maitre et de la maîtresse. »
Le roy de Navarre (i) arriva en ceste ville la sepmaine passée. Le roy envoya au devant de lui pour chief le duc de Calabre (2). L'ambassadeur du pape y ala, mais ce fut sans ordonnance, et disoit on en court que cest a cause du duc de Valentinois, qui a espouse sa sceur (3). Il y avoit encores aul-
tres menuz gentilz hommes, dont le plus grant estoit le fllz de
mons' de la Trimouille (4) . Il vint descendre en court, et le roy.
(1) Jean, sire d'Albret, II« du nom, roi de Navarre et comte de Foix. H avait ëpous'^ en Ii84, Catherine de Foix, reine de Navarre, fille de Gaston et de Madel ine de France. Jean d'Albret mourut le 17 juin lo\6.
(2) Antoine de Lorraine. (Voir p. 98.)
(3) Voir la note 2, p. 24.
(4) Charles de la Tremouille, prince de Talmond, de Mortagne, etc., tué à la bataille de Marignan en 1515. Il était fils de Louis II, seigneur de la
Tremouille, tué à la bataille de Pavie en lo25, et de Gabrielle de Bourbon,
sa première femme.
qui scavoit sa venue, se vint mectre en sa sale basse du nouvel court de sa maison. Il estoit accompagné de mons' le légat,
des cardinaux Ascaigne (i), S» George, chancelier, Trimouille
et aultres en grant nombre. Et aprez la révérence falote, ledict roy de Navarre la vint faire à la rojne, et, ce fait, ala en son logis, bien loings hors de sa court. Jaj veu maintes ambassades ausquels Ion foisoit trop meilleure et plus grande bienvenue. Ledict roy fit le lendemain hommage au roy des terres quil tient de la couronne, et parle Ion maintenant du mariage du filz de feu mons^ de Foix et de la fille dudict
roj, pour laquelle matière raess^^ de Nevers et Dorval ont
esté mandez, aussi pour conclure lappoinctement quilz ont fait ensemble de leurs différens.
Le roj est délibéré de partir lundj XXX« du présent mois pour, sans séjourner nulle part plus dung jour, tirer droict a Milan, délibéré de veoir le pape lequel, comme Ion dict, lui a prorais de soj trouver devers lui a Ferrare. De là pourra aler et passer oultre. Aumoings il a délibéré daler à Jenes (2). Il a commandé a tous pensionnaires et aultres de sa maison, tant ordinaires comme extraordinaires, aussi bien gens d'église ou aultres de quelque estât ou qualité quilz soient, excepté mons' le chancelier qui doit résider en Daulphiné ou peutestre yra aussy oultre, de le suyvre, sur
(1) Le cardinal Ascagne Marie Sforze, cinquième fils de François I, duc de Milan, naquit en 1455 et mourut à Rome, de la peste, le 27 mai 1505. Il est inhumé dans l'église de S«» Maria del popolo, où le pape Jules II lui a fait élever un magnifique tombeau, dû au ciseau d'Andréa Sansovino.
Louis XII ayant reconquis le Milanais en 1500, le cardinal Ascagne fui livré par les Vénitiens au roi de France, qui le fit enfermer avec son frère, le duc Ludovic Sforze, au château de Bourges, doù il sortit bientôt par les bons offices du cardinal d'Amboise et après avoir pris rengagement de ne point sortir de France sans ordre exprès du roi.
(2) Gênes.
peine de privacion destaz, offices et pensions. Il a fait et chascun jour fait passer gens et artillerie, quil a fait conduire par la mer de Provence, de là les monts; et fait son
compte que, oultre ses amis et subjectz dudict pais, il aura plus de II"* lances, par dessus aussy sa garde, lesdicts pensionaires et gens de son hostel ; et dict quil veult cognoistre quels seront ses amis et ennemis ; que a ses amis il aydera et aux ennemis sera nuysant et grevable, a son povoir. Il a encores faict lever de IIII a ¥"• Swysses, dont il a envoyé ou envoyera la moitié en Ytalie et laultre moitié en Languedoc,
pour, sil nappoincte avec les roy et royne, leur faire la guerre en Rossillon avec VP lances quil y a envoyez, dont il a fait chief et conductier mons^ de S^ André, lieutenant de mons"" de Bourbon, gouverneur dudict Languedoc (i).
Les gens de ses finances mont dict quil a tellement pourgetté son cas quil a deniers pour la souldee de plus de XXXVI"™ combatans pour ung an, sans quil face ne mecte sus nouvelle taille, mais aura a la fin de lannée grant
somme de demeurant.
Au temps que Ion ne scavoit aultre chose que lappoinctement dentre le roy, vostre père, et lui deust avoir eu lieu, les Florentins estoient en parole et de faict avoient accordé audict s^ vostre père XXX"" ducaz et certain nombre de gens de guerre pour aulcun temps, mesmes jusques aprez son couronnement. Les François en furent advertiz et, sans scavoir si ledict appoinctement desdicts royx seroit rompu ou non
accomply, dirent tant de maulx audicts ambassadeurs desdicts Florentins quilz peurent. Ils sexcuserent, disant que, attendu la paix faicte et publiée, leur sembloit que, en
(1) C'est le même dont il s'agit pp. o7 et 61.
faisant audict roy vostre père ayde, mesmement a sondict couronnement, ylz faisoient plaisir au roy. Durant ces estrifs, les choses sont demeurées imparfaictes, tellement que, aprez les nouvelles eues que le roy vostre père na voulu faire linfeodation de Milan, telle quelle a este demandée, lesquels Florentins ont faict nouvel appointement avec led' roy de France, trop meilleur et plus a leur honneur, prouffit et avantage quilz ne peurent jamais avoir. Toutesfoiz ils sont tenuz de lui payer, en trois ans, VIxx mil escuz dor par égale portion, qui est en chascune année XL™ escuz d or.
Lambassade de Venise est encore pardeca trop mieulx traictée quelle ne souloit.
Lesdicts cardinaulx d'Ascaigne et de S*-George le doivent
SUyvre en Ytalie. Il a donne au roy de Hongrie, pour em-
ploier ceste année contre les Turcqs, la somme de L™ francs, comme m'a dict mons"^ le chancelier (i).
Les ambassadeurs dudict roy de Hongrie, qui ont fait le mariage, sont allez vers le roy d'Angleterre pour avoir secours contre les Turcs et pour aultres matières. Hz doivent brief retourner et trouver, a Venise ou en chemin, leur maîtresse, quilz conduiront jusques vers le roy leur maistre (2).
Lon dict et bruict est par ceste court que le principal gouverneur du roy des Romains est lambassadeur d'Espaigne estant devers lui; et veult l'on aussy dire quil est cause du reffuz dudict s»^ vostre père (3). Dict lon aussy que
(1) Sou5 le règne de Philippe-le-Hardi, le franc d'or se divisait en vingt sols.
(2) Voir p. 99.
(3) « Don Manuel, ambassadeur d'Espagne, principal conseiller de colle
honteuse affaire, » dit M. Le Glay. En effet, ce diplomate inspirait toutes les objections que Maxirailien ne cessait d'opposer aux délégués de Louis XII.
iceluy s^ vostre père est party d'Ysbrouc, venu a Worms et delà par les Alemaignes, pour y recouvrer les deniers des pardons de lan de Jubilé, mis esdicts Alemaignes par le cardinal de Guisse.
Les François font courrir voix que les Neapolitains ont
requis a mons' de Nemours de povoir courrir sur les Espaignes et que, pour les enchâsser, ils veulent employer corps et biens.
Le roy Frédéric, grant ennemy des roy et royne, est apoincté, comme lon dit, de XXIIII™ liv. de terre, pour laquelle somme il aura la conté du Maine, tout ou partie de la duché d'Anjou pour lui et ses hoirs, et par dessus ce
XXX"* livres de pension (i).
Mons^ de Ravestain ^2), qui, a cause de sa fortune, napas
Les difficultés qu'il faisait pour donner l'investiture du duché de Milan au roi de France sont longuement développées dans les mémoires que les délégués adressaient d'inspruck au cardinal d'Amboise, et notamment dans la lettre écrite de celte ville, le 28 février (1501), où les tergiversations maladroites de Maximilien se montrent dans toute leur petitesse. Cette longue et intéressante correspondance est reproduite in extenso par M. Le Glay.
(1) En \^l, Louis XII et Ferdinand le Catholique font la conquête du royaume de Naples en moins de quatre mois. Louis d'Armagnac, duc de
Nemours, et Sluart d'Aubigni, commandaient l'armée française, et Gonsalve de Cordoue, dit le grand capitaine, celle du roi catholique. On a dit que ce dernier avait été assez attaché à la reine Isabelle, pour avoir déplu depuis au roi Ferdinand.
Frédéric, roi de Naples, se retire en France ; il traite avec Louis XII, à qui il cède ses droits sur la portion de ses états que le traité de partage de doOO adjugeait à ce prince. Cette cession se fait sous la condition de recevoir à titre d'échange le comté du Maine, etc., pour Frédéric et sa postérité mâle et femelle; il mourut à Tours en 1504. Anne de Laval, sa pelile-fille, épousa, en mi, François de la Tremouille, prince de Talmond, ce qui fonde les prétentions de cette maison au royaume de Naples.
Henault, Nouvel abrégé chronologique de l'Histoire de France. Paris, 1768.
(2) En marge on lit : « Philippe de Clèves, s»" de Ravestain, espousa » Françoise, fille de Pierre de Luxembourg, iilz de Loys, conestable de » France. » (V. la note 2, p. 29).
grant bruit, doict icy estre ceste sepmaiue avec madame sa femme.
Le chevalier de Tinteville est trespassé à Naples. Quant a la royne, mons'^, tenez vous asseuré quelle vous a en très singulier amour; et suis certain quelle ne peut guerres avoir plus grant joye que douyr bien dire et parler de vous. Elle est en bon point, de meilleur taint et couleur quelle nestoit, VOUS estant pardeca; mais elle devient grasse, comme il me
semble.
Mons'', je vous advertiz de ces choses pour autant que jen ay peu entendre, vous suppliant de le prendre en bonne part. Jeusse volontiers suivy le roy; mais quant ores je pourroye gaigner tout le monde, il ne me seroit possible, a cause de ma maladie dessus dicte. Aussy il va en Ytalie ou il ne veult seiourner que deux mois, comme il a affirmé a
la royne, durant lesquelz ne porriez avoir novelles de moy,
pour ce que je nay ne auroye les postes celle part (i); et daultre part, je congnoy bien, et le ma dict mons'" le chancelier, que de demeurer et séjourner en ceste court sans
charge suffisante, joinct que aucuns dient que je suis bon Romain, Ion me pourroit tenir pour espye ou pour faire quelques traffique dont je nay nulle volonté; mais suis délibéré de servir loyaument et faire ce que je suis tenu. Me
semble aussi quil vault mieulx dy envoyer de trois mois
en trois mois, selon le temps. Ainsy, mons% je vous supplie de me pardonner, car il me seroit impossible de passer oultre sans morir.
N". Ceste lettre est escripte a larchiducq lorsquil estoit
(1) C'est à Louis XI que remonte l'établissement en France de la poste pour le transport des lettres. A l'époque où Anchemaut écrivait, Maximilien avait introduit ce service en Allemagne.
en Espaigne, dou il revint et arriva a Malines le 9 novembre 1503 (1).
DEUXIEME AMBASSADE DE PIERRE ANCHEMANT EN ANGLETERRE, DONT LA TENEUR SENSUICT (4 Septembre 1505) (2).
Philippus (3), Dei gratia Rex Castelle, etc. Universis et singulis présentes litteras inspecturis, salutera. Cum pro
bona et singulari affectione, animi benivolencia et amore quos semper a teneris annis habuimus erga illustrissimura ac potentissimum principem fratrem et consanguinem nrm tanquam preni. carissimum Anglorum Regem, duxerimus renovandas, corroborandas, augendas et ampliandasconfederationes, ligas, uniones, amicicias, confraternitates et optimas jam intelligencias inter nos et dictum fratrem et consanguineum nostrum existentes, Notum faciraus, quod nos, de
fidelitate, probitate, prudencia, industria et legalitate ceterisque spectatis atque commendandis virtutibus dilectorum et nobis fidorum diîi Michaelis de Croy, domini de Samtpy, consanguinei consiliarii cambellani et ordinis nri aurei velleris mihtis, diïi Johannis de Sauvage etiam militis.
(1) Cette intéressante lettre existe en minute dans les papiers de Pierre
Anchemanl.
(2) A la fm de ce chapitre on lit en marge : « 1" ambassade en Angle-
» terre. — H avoit esté auparavant, scavoir le 24 mars 1505, envoyé audict » roy d'Angleterre, comme yl appert par les comptes de Simon Longin, » pour c< grandes matières et affaires, » dict le texte, avecqiedict s»" président, » ou yl demeuroit iusque au ii iour de juing dudict an. » Voir les comptes relatifs aux missions diplomatiques de Pierre Anchemanl, à I'Appendice sous le n» III.
(ô) Note écrite en marge :« Maximilien et son filz Philippe firent une ligue » avec ce roy Henry VII% Tan 1489, et ceste ambassade est pour la renou- » vêler comme aussy celle du 24 febvrier 1i95, faicte eutre ledict roy et » larchiducq. »
domini de Schaubeca consulatus nostri Flandrise presidentis, magistri Pétri Anchemant, secretarii nostri ordinarii,
et Thome Ysaacq, alias Thoison dor, nostri armorii régis, plenarie et intègre confidentes, ipsos quatuor, seu eorum très aut duos, ex certa sciencia nostros oratores ambassiatores, procuratores et nuncios spéciales ad predicta specialiter et
expressa commisimus, ordinavimus et deputavimus, coraittimus, ordinamus et deputamus per présentes, dantes et concedentes eisdem quatuor, seu eorum tribus aut duobus, plenam et omnimodam potestatem, auctoritatem et mandatum
spéciale, per hasdem présentes, eundl et se transferendi pro et nomine nostro apud eundem lUustrissiraum ac potentissimum principem fratrem et consanguinem nostrum tanquam prem. carissimum Anglorum Regem ; et cum ipso, seu talibus eius consilii viris quos deputare voluerit, agendi, Iractandi et concordandi circa hujusmodi confederationes, ligas, uniones, amicicias, confraternitates et optimas animi intelligencias illasque renovandi, corroborandi, confirmandi, augendi
et ampliandi ad perpetuitatem et alias, prout inter melius et convenientius animadvertere et considerare poterint; et insuper, pro majori illarum durationis et perpetuitatis securitate, promittendi, pro et nomine nostro, nosque obligandi ad susceptionem et acceptationem ordinis qui vulgo dicitur la garretiere (i), intra taie et tantum temporis spacium quod et quale cum eodem fratre consanguineo et optimo pre nostro inspicere et animadvertere valebunt; et generaliter omnia
premissa et premissorum singula qualitercumque concer-
(i) Eu marge on lit : « Ledict roy de Castille receut l'ordre (le ia » iartiere estant en Angleterre, partant pour Espaigne l'an 1506, et lit eu » raesine instanl chevalier de la Toisou d'or Arthus, ûlz aisué du roy » Henry YII d'Angleterre. »
nentia faciendi, concordandi, concludendi et expediendi ita et eodem modo, sicut nos ipsi in illis faceremus aut facere possemus si présentes et personallter interessemus, promittentes bona fîde et in verbo Regio et principis Nos ratum, gratum et firmum perpetuo habituros id totum et quicquid per dictos oratores, procuratores, ambassiatores, nuncios et deputatos nostros, seu eorum très aut duos, actum, gestum, dictum et conclusum fuerit in premissis, seu aliquo premissorum, sine faciendo aut eundo, neque fieri aut quovismodo in contrarium fieri tolerando, etiam, si talia sint
que mandatum de se exigant magis spéciale quam presentibus sit expressum, et opus sit super hoc nostras ratificationis litteras in bona et ampliori forma dare. In cuius rei testimonium présentes litteras nomine nostro signavimus Illisque sigillum nostrum archiducale, quo hactenus usi fuiraus, apponendum duximus. Datum in oppido nostro Brucellense, die quarta mensis septembris, anno domini miilesimo quingentesimo quinto, et regni nostri primo. Signé :
Phs. Sur le pli : Per regem, (signé) : Haneton (1).
Je n'ay trouvé aultre instruction de ceste legacion que la susdicte commission, mais bien quelques lettres escriptes de Philippe Haneton, lors secrétaire dudict s"* roy et archiduc, et depuis audiencier de lempereur Charles V*, audict Pierre Anchemant, par lesquelles on peult remarquer que lesdicts députez avoient charge de faire quelque alliance, parce que en celle du 16 novembre yl dict, entre
(I) On lit en marge : a Ledict roy Philippe partit de ces Pays-Bas le » H de janvier 1506, par Zélande, et mourut illecq (en Espagne) le » 26 septembre 1506. » Sur le repli on lit : « Lettres de diverses commis- » sions et ambassaderies de feu de bonne mémoire mon père, mestre » Pierre Anchemant, que Dieu pardoint. » Cette suscription est de la main de Nicolas Anchemant, fils de Pierre. V. le crayon généalogique à l'APPENDlCE n» VI.
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aultres choses. « Vous m'escrivez que le roy et tous mess » de par delà (cest d'Angleterre) sont bien enclins a » Talliance qui se traicte, et ie vous asseure que ceulx de ^ par deçà n'y ont moindre volonté, par quoy i'espere quelle » se conduira (1). »» La supscription de ceste lettre estoit : ^ A mon très chiers'^ frère, mons*" maistre Pierre Anchemant, » secrétaire en ordonnances et ambassadeur du roy. '' Et en une aultre lettre du 25 novembre yl dict : « Comme vous " at esté escript de Middelbourg, le roy a envoyé devers le »» roy son père et madame sa soeur pour avoir leurs pou- » voirs. Jespère qu'en brief ylz seront icy, et que tantost » aprez aurez fin de vostre légation ; Dieu doint quelle soit
« telle que la desirez. " Estoit soubsigné : Vostre frère et amy, P. Haneton. La supcription estoit : A mon très chier s^ et frère maistre Pierre Anchemant, secrétaire en ordonnance du roy et son ambassadeur en Angleterre.
Pendant son séjour en Angleterre yl at receu plusieurs lettres de divers marchans, qui luy recommandoient leurs affaires, et entre aultres deux de Arnoult de Bouloigne, escriptes de Gravelines, l'une du 3® de novembre et l'aultre
du 28 dudict mois de l'an 1505, dont le proëme commence : Mon très cher et honore s"^, etc., et la supscription : A mon très honoré s^, maistre Pierre Anchemant, secrétaire et ambassadeur du roy de Castille, envoyé devers le roy d'Angleterre (2).
(1) On lit en marge : u Je croy que ceste alliance est le mariage d'entre* » larchiducq Charles, depuis empereur, et la fille du roy Henri Vile, lequel
» se feit laii 1507, mais aussy sans eflect, daultant que depuis ladicte fille, » nommée Marie, se maria à Loys XII, roy de France, Tau 1S14. » Vid. Pontus Heulerus, Rer. austr., lib. VI, cap. viii.
(2) Ces lettres, écrites en novembre 1505, ne présentent aucun intérêt historique. Il y est question de la main-levée de quarante-neuf balles de