NOS MISSIONS OCÉANIENNES. — LE LESSOUTO
core païennes des archipels où elle se poursuit.
Il y a ensuite le groupe de V Afrique australe, le Lessouto et le Zambèze,
Le lien qui nous unit à ces deux missions est un lien purement spirituel. Mais le caractère essentiel des missions n’est-il pas d’être une œuvre spirituelle? N’est-ce pas par l’Esprit que Paul a été conduit en Asie mineure, à Troas, en Macédoine, et jusqu’au terme de ses voyages? C’est l’Esprit qui nous a conduits au Lessouto et au Zambèze; c’est l’Esprit qui établit entre ces missions et nous un lien que chacun comprendra, à moins d’être étranger aux choses spirituelles.
Au Lessouto Dieu nous a confié, de l’aveu de témoins oculaires, une œuvre magnifique, une œuvre que le major Malan comparait à un diamant de dimension restreinte, mais de la plus belle eau et du plus pur éclat. Notre devoir est, à l’exemple du Maître, d’aimer jusqu’à la fin ceux que Dieu nous a confiés, et d’achever l’œuvre qu’il nous a donné de faire parmi eux. Cette œuvre est faite en partie; l’outillage est créé, le réseau des stations est complet. Nous n’avons pas à étendre notre action et à augmenter la dépense : notre souci est, au contraire, d’habituer de plus en plus nos jeunes Eglises à l’indépendance et aussi de leur trouver des amis soit dans l’Afrique du sud, soit parmi les chré-
tiens d’Angleterre et d’Ecosse, aux sympathies desquels elles ont un droit particulier. Mais, sous
LEf ZAMBÈZE.
cette réserve et dans cet esprit, la responsabilité et la direction de l’œuvre doivent nous rester; nous devons amener à la maturité spirituelle, à l’état d’hommes faits, ce petit peuple de chrétiens qu’il nous a été donné d’enfanter au Seigneur.
Quant à la mission du Zambèze , je 11e pense pas qu’il y ait lieu d insister sur l’occasion admirable qu’elle nous fournit de porter l’Evangile au cœur de l’Afrique. Nous occupons là une position stratégique de première importance; nous sommes à l’avant-garde de l’armée des missions qui vient du sud pour prendre d’assaut le noir continént, tandis que d’autres armées l’attaquent par l’est et par l’ouest; — nous avons là des missionnaires, un surtout (que Dieu me garde de glorifier les hommes ! mais enfin, on peut le dire à sa gloire à Lui), un missionnaire qui comptera un jour, avec les Casalis et les Arbousset, parmi les pionniers de l’Evangile et les apôtres de l’Afrique.
Et enfin, nous avons un troisième groupe de missions : Y Afrique occidentale , le Sénégal et le Congo français.
Au Sénégal , nous occupons moins un champ de travail qu’une porte; une porte donnant accès dans l’immense Soudan. Nos missionnaires ont usé leurs forces, donné leur vie pour nous en conserver l’accès; un jour peut-être leur patience sera récompensée, et nous les verrons entrer dans la porte au seuil de laquelle ils ont monté la garde si longtemps !