L’OCCASION PRÉSENTE
L’occasion! Yoilà une idée familière à tout lecteur attentif de la Bible. On pourrait l’exprimer ainsi : Il y a un temps pour faire le bien. Ce temps n’est pas indéfini; il est limité. Ce temps, une fois passé, ne revient pas. De là une obligation, celle de discerner et d’utiliser le temps à faire le bien.
L’apôtre Paul rappelle à plusieurs reprises ce grand devoir. Il dit, par exemple : «Pendant que nous avons le temps, faisons du bien à tous » (1). Ou bien encore cette parole si connue : « Rachetez le temps », ou plutôt : « Rachetez l’occasion » (2); c’est-à-dire, profilez avec empressement de l’occasion; saisissez-la sans hésiter. Jésus lui •même, notre divin modèle, obéissait à cette pensée quand il disait (3) : « Pendant qu’il fait
(1) Gai., VI, 10.
(2) Eph., V, 16 ; Col., IV, 5.
(3) Jean IX, 4.
l'occasion dans la bible.
jour, il me faut faire les œuvres de Celui qui m’a envoyé; la nuit vient où personne ne peut travailler.» Et, peu de temps après, il disait encore, à propos d’une œuvre urgente dont on voulait le détourner : « N’y a-t-il pas douze heures au jour? Si quelqu’un marche pendant le jour, il ne bronche point » (i ).
Or , ce qui est vrai des individus l’est aussi de l’Eglise.
L’histoire de l’Eglise, comme celle de Jésus ou de tout homme , peut se comparer à une journée ayant son matin, son midi, son soir; ses douze heures réservées à l’accomplissement de sa tâche, douze heures qui sont des siècles, mais qui ne reviennent pas, une fois écoulées, et au-delà desquelles il y a la nuit, où le travail et l’effort sont impossibles. Pour l’Eglise aussi il y a donc des temps favorables, des occasions à saisir. Et si elle laisse échapper ces occasions, elle aura fait aux autres, elle se sera fait à ellemême un mal irréparable.
S’il en est ainsi, une des grandes préoccupations de l’Eglise doit être de discerner les occasions et de les utiliser. Jésus ne reprocha-t-il pas à ses contemporains de ne pas discerner « les signes des temps » ?
C’est dans cette pensée qu’il m’a paru utile d’étudier le temps où nous vivons, dans sa rela-
(1) Jean XI 9.