ACTE I
il a mangé pour elle plus de cinquante mille francs, 11 se lie sur ce que je suis garçon; mais, qu’il y prenne garde!... Je n’ai que cinquante-quatre ans, monsieur, et je suis vert comme un chêne!... Allez, maintenant, je vous écoute, (il
s’étale dans son fauteuil.)
LÉOM, à part.
Enfin! (usant.) « Nouveau jirocédé pour neutraliser les gaz délétères provenant des usines et fabri([tics. . (te piano de la voisine se fait enleudre et joue le même air qu’au comineuceineut.) Allons
bon !... encore cet infernal piano!
MATHIEU
Ah! ah! on pianote ici!... 11 y a des gens qui n’aimeut pas la musique ; moi, monsieur, je prétends qu’elle adoucit les mœurs. A Puteaux, je paye des orgues de barbarie pour jouer pendant mes repas, (chantonnant.) Ta ra ta ta ta ta! Je connais encore cet air-là... Allez... allez toujoui’s, je vous porte attention.
LÉON, avec une sorte de colère.
Mon procédé consiste dans un nouveau genre de four,
• MATHIEU
Un four... bon... je sais ce que c’est...
LÉON
Un four électi’ique... c’eet-à-dire destiné à être entretenu au moyen d’une pile.
MATHIEU, chantonnant.
Ta ra ta ta ta!... une pile... bon!...
LÉON, cherchant à couvrir le bruit du piano.
Qui remplacerait le charbon de terre et permettrait... en employant les gaz comme combustible... d’opérer une immense économie... (a part.) Va... donc... va... donc... dans une autre patrie!... Je ne suis plus ce que je dis! (uaui.) J’entre ici dans quelques explications scientifiques indispensables pour bien saisir... (il regarde Mathieu qui laisse tomber son cigare.) Pour bien saisir le point de départ... de départ. (Mathieu ronfle.) Lé voilà parti ! Il dort, (il le regarde avec déoonragemcni.)
HECTOR, bas, à Clémence.
Et si VOUS consentiez à venir quelquefois à la campagne, chez mon oncle, il y a un parc superbe, au bord de la rivière, nous ferions en bateau des promenades sentimentales... (il va pour lui prendre la main.)
CLÉMENCE, le ievanU
Monsieur!...
LÉON, Se retournant.
Hein!... quoi donc? |a part.) Fichtre!... je crois que le neveu ne donnait pas .
* HECTOR, avec assurance.
Eh bien ?... où en êtes-vous?
i«pN.
Mousieur votre oncle repose. ... . ,
LES MITAINES DE l’AMI POOLET.
HECTOR
Ah bah! (il éclate de rire.)
CLÉMENCE, bas.
Et tu ne l’as pas réveillé î
LÉON
A moins d’avoir la trompette (lu jugement dernier... Qu'est* ce que t’a dit le neveu?
CLÉMENCE
Nous causions peinture;..
LÉON, rassuré.
Ah ! c’est différent !
CLÉMENCE, à part.
Pauvre homme... je ne veux pas le tourmenter; mais qu’il ne me parle plus de causer avec ce nâonsieur.
HECTOR, t part.
Charmante petite femme !
LÉON, regardant Mathieu.
Dort-il bien! (Levant le poing sur Mathieu pendant qu’Hector se
détourne et regarde Oémence.) Crétin, val... il me prend des envies...