ACTE II
vertes. Et monsieur qui les compte tous les jours et qui accuse les voisins.
NICOLAS
Je lui ai dit que c’était le mulot qui les croquait.
' LÉON, au fond.
Voleur !
NICOLAS
Eu voulez-vous une, mam’selle Françoise?
FRANÇOISE, s'asaeyant sur un fauteuil, tandis que Nicolas s'assied sur l'antre.
C’est une bonne ûlée que la tante a eue de venir à Puteaux. Nous étions si mal à Paris !
NICOLAS
Ici on a ses aises.
FRANÇOISE
Les maîtres ne sont pas toute la journée sur votre dos.
NICOLAS
Et puis on mange bien, le vin est bop.
FRANÇOISE
Le bordeaux du bourgeois, n’est*ce pas ? Vous le préférez à celui du cabaret ?
NICOLAS
■ n ne me déplaît point.
LÉON, i part.
Ivrogne ! (ll vient à petits pas se placer derrière les deux fauteuils.) FRANÇOISE.
Gare à vous si monsieur vous attrape à visiter le c.aveau sans permission.
NICOLAS
C’est point lui qui m’ fait peur. S’il me disait queuqtie chose, je me plaindrions à la tante Gorjti.
FRANÇOISE
C’est comme moi ; on me ménage à cause de M. Mathieu. La petite dame gronde bien encore un peu par-ci, par-là, mais le mari...
NICOLAS, riant.
Ah 1 oh ! le mari !...
FRANÇOISE
Il est d’une bonne pâte ! C’est un excellent fruit, la pèche !
NICOLAS, en prenant une dans sa poche et la Ini offrant.
En voulez-vous une autre ?
FRANÇOISE
Volontiers. {Léon saisit viveroent ta pèche que Nicolas présente à Françoise ; tons deux se lèTent effrayés et restent un moment ébahis.)
LÉON, les regardant altcmaliTcment.
C’est un excellent fruil, la pêche ! il ]>aralt que le mulot ne les croquait pas toutes !
FRANÇOISE, à part.
II nous écoutait ! Fs!-ce tisse/ canaille ! (Elle sort ar c as-suranec par la gauche, taudis que Nicolas recule eu so graüant roiiille, se hcni' u
30 LES MITAINES DE L’aMÎ POULET.
contre la porte , renverse une chaise et finit par prendre ta eonrte dans le jardin.)
LÉON, mordant avec rage dans sa pèche.
Et moi qui en acltetais, à raison do vingt sous itièce, poiir la tante Gorju, tandis que maître Nicolas... le «Irôle !... voilà trois jours que je le guettais ! Et celte Françoise !... quelle peste! Ah! si je ne me retenais!... Mais, sapristi! après tout, pourquoi mo retiendrais-je ? (Avec réaciuiio».) Je vais lea flanquer à la JtUllu 1 (tl remonte vivement.)