‹ Les mitaines de l'ami Poulet comedie en deux actesChapitre 42 sur 51 · CLAUDE, LÉON · texte numérisé non relu

CLAUDE, LÉON

LÉON, repiraissaut au fond, et à la cantonade.

Allez.. . allez toujours... je vous rejoinS.(Butrant,etilui-inèine.) Il faut absolument que je parle à Claude.

CLAUDE

' Qu’est-ce que ta tante vient de me dire? Pauline épouse M. Mathieu?

Mon ami, je vais t’expliquer...

CLAUDE

Pas d’explication! L’épouse-t-elle, oui ou non?

LÉON

Dame! oui... jusqu’à présent.

CLAUDE

Et tu y as consenti?

LÉON

Non I oh ! pour ça, non !

• CLAUDE

Alors, c’est ta tante qui veut ce mariage? Mais toi, tu t’es prononcé, n’est-ce pas? Tu .as refusé franchement?

LÉON

Mon ami, j’en avais l’intention la plus formelle... je l’ai encore; seulement, je cherche un joint pour arrang^er les choses et ne blesser personne. Car, c’est une fatalité! Au moment où j’allais faire la demande, cet affreux Mathieu est venu se mettre en travers avec la sienne. Que pouvais-je faire ?

CUUDE.

Dire la vérité.

LÉON

C’est ça ; rompre bmsqiiement en visière avec ma tante et avec un homme qui m’offre une position magnifique et cent mille écus pour Pauline !

CLAUDE, avec amertume.

Ah ! voilà donc le fin mot ! C’est un marché qu'on te propose, et ta sœur en est le pi ix ! C’est elle qui doit acheter et payer ta position! C’est bien I je n’ai plus rien à dire... Adieu !

LES MITAINES DE L’AMI POüLET.

LÉON, le retenant.

Claude, voyons, écoule-moi... yue j’aie au moins le temps de me reconnaître ! (ie qu’on ne jette pas au nez des gens, on peut, avec quelques ménagements...

CLAUDE

Ah ! tu me fais bondir.

LÉON

Je voudrais bien t’y voir, toi qui parles.

CLAUDE

Moi! jesuisun sauvage, un bnital qui ne ménage personne et dis les choses comme elles sont. Mais toi ! à force de prendre des mitaines, sais-tu où tu en viens? A n’avoir plus ni caractère ni] opinion; à le faire le plat valet du premier sot qui peut t’être utile; à saluer gracieusement en plein jour, en plein boulevard des coquins et des drôles de la pire espèce. Un pas lie plus, et tu trahiras tes amis, tu sacrifieras ta sœur!

LÉON, M fiebaut.

Ah ! mais, monsieur Claude !

CLAUDE

Eh bien, quoi?. Parle, voyons Qu’est-ce que tu as à dire? Tu ne trouves rien, n’est-ce pas î Tu sais bien que j’ai raison. Eh ! morbleu 1 écoute-moi donc alors ! Et si tu veux ^e nous restions amis, si tu tiens à mon estime, contente-toi de saluer le mérite, l’honneur, la probité, le talent partout où ils se rencontrent I Mais, pour tout le reste, fais comme moi, et ne ménage que Ion chapeau !

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