BEN
Chez les trois premiers chiens il n’y a pas eu de modifications et les glandes présentent l'aspect que nous avons décrit précédemment.
Chez les trois derniers chiens voici ce que nous trouvons :
La glande thyroïde après 10 jours de réimplantation à encore présenté de grosses vésicules, avec une grande quantité de colloïde foncée. Les cellules épithéliales sont aplaties. Même état après 12 jours de réimplantation. Mais chez le chien 584 l'aspect change. Ce chien a eu 3 mois de dérivation biliaire, puis trois semaines de réimplantation du cholédoque dans le duodénum. Les cellules sont grosses, cylindriques ou cubiques. La colloïde est pâle, la majorité des vésicules n'en renferme plus de traces. Ici la thyroïde est donc normale ou présente même des caractères d’hyperfonction nettement caractérisés.
Les parathyroïdes montrent chez tous les chiens de grosses cellules, à gros noyaux. Elles renferment dans le pôle tourné vers le septa conjonctivo-vasculaire une grosse vésicule ou masse clair, ce qui donne l’impression d’une bordure d’œdème. Les lipoïdes (recherchés par les colorations au scharlach) sont absents. Les parathyroïdes gardent donc jusqu’à 3 semaines après la réimplantation leur caractère d’hyperfonction.
Les surrénales gardent les mêmes caractères décrits précédemment chez les animaux après plusieurs mois de dérivation.
Ablation de une ou plusieurs parathyroïdes.
Chez un chien nous avons réalisé d’abord l’ablation partielle du tissu thyro-parathyroïdien avec larges ligatures artérielles, puis au bout de 15 jours nous y avons ajouté la dérivation biliaire. Chez 4 chiens nous avons après une dérivation biliaire de deux à six semaines, en-
HÉNSSRTES
levé 1 thyroïde avec 2 ou 3 parathyroïdes et lié | ou 2 vaisseaux de la thyroïde restante. De ces cinq chiens un seul a présenté de légers signes de tétanie et est mort 3 semaines après la réintervention. Les autres ont survécu deux à quatre mois sans présenter de signes de tétanie.
Les parathyroïdes restantes n’ont pu être vus chez un seul chien; elles présentent là des caractères des chiens à dérivation biliaire seules. La thyroïde compor. te de vésicules énormes remplies d’une grosse quantité de colloïde; les cellules épithéliales sont complètement aplaties et ne forment plus qu’un cordon de noyaux -— fait d'autant plus remarquable qu’en réalité un lobe thyroïdien a été enlevé. Quant aux surrénales nous avons trouvé des résultats contradictoires, surrénales à corticale contenant une énorme quantité de spongiocytes et une médullaire très congestionnée dans un cas, alors que dans un autre nous avons noté l’absence de spongiocytes et une vascularisation réduite de la médullaire dans un autre.
Cette double expérience de dérivation biliaire et de thyro-parathyroïdectomie partielle comporte un enseignement important : sauf un chien, aucun de nos animaux n’a présenté des signes de tétanie. La calcémie s’est maintenue à des chiffres équivalant ceux après plusieurs mois de simple dérivation biliaire, c’est-à-dire : 0,094, 0,085, 0,088. Seul un chien est descendu à 0.064. L’hypertrophie parathyroïd'enne chez le chien à dérivation biliaire n’est donc pas une réaction nécessaire au maintien de la calcémie à son taux normal.
ED de