‹ Les modifications phonétiques du language, étudiées dans le patois d'une famille de CellefrouinChapitre 77 sur 93 · LES LOUPS GAROUS · texte numérisé non relu

LES LOUPS GAROUS

Ils veulent dire qu'il n'y a pas de loups garous. Pourtant j'ai souvent entendu dire à défunt mon oncle, le frère de mon pauvre père, qu'il en avait vu un une fois.

Il avait passé la veillée au Temple, chez le vieux Bérisset défunt. Le temps ne dure pas tant (pendant) qu'on s'amuse. C'était bien pas loin de minuit quand il songea à s'en aller. — « Ah ! mon pauvre Garnaud, ne t'en va pas, tu aurais peur, » que lui dit Coutillâ « Coutillaud » (son vrai nom était Boutin). — « Sacré mille nom d'un foutre 1 est-ce toi qui me feras peur ? ... » Et il s'en alla.

Tant qu'il fut dans le chemin du puits, dessous un grand noyer, il sentit quelque chose qui lui sauta sur les deux épaules. — « Ah ! c'est toi, joli garçon, qui es ici ; si tu reviens, gare à toi ! »

L'autre s'en alla en riant.

Il continua son chemin jusqu'au puits de Chez-Vérinand. Il passa sous un noyer encore; et l'autre lui ressauta. — « Ah ! mon gars ! te voici pour le deuxième coup; si tu y retournes, je te promets que tu le paieras. »

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Tant quil arriva entre Chez-Vérinand et La Chapelle, au droit d'un petit chemin qui descendait du bois : a Ah ! ce sera bien ici que tu viendras, mon lièvre! et je te pincerai. Si je puis te prendre dans mes tenailles, tu n'en sortiras pas , tiens ! » II s'accroupit , comme s'il avait eu envie de faire quelque chose.

L'autre dit : « Le voici ici accroupi. Il aura bien peur ce coup. »

Mais il se tenait sur ses gardes : il avait ses deux mains de chaque côté de ses épaules, comme ça ; et il l'empoigna par les deux pattes de devant.

— « Ah ! mon pauvre Garnaud , lâche-moi donc, la grâce que je te demande.

« — Ah ! oui, tiens! je te lâcherai.

Attends un peu. Ça y a la bas, à La Chapelle, de la clarté; tiens, vois-tu?

Ils ne sont pas encore couchés. Je vais t'y porter, et nous verrons comme tu es joli garçon.

« — Ah ! mon pauvre Garnaud, pour l'amour du bon Dieu, lâche-moi.

« — Non, non ! c'est inutile. »

Il voulut bien gigogner (gigotter) un peu ; mais il se sentit mais (plus) serré, et il ne bougea plus.

Tant qttils furent à la porte : « Allons, aie pitié de moi. Fais-moi donc sortir seulement une goutte de sang, tu me rendras bien service.

« — Ce n'est point ici à dire. Ça faut que je te voie. »

Il rentre et le porte à la chandelle.

Abrenunlio\ comme ça était vilain!

Ils ne savaient ce que ça semblait. Il le jeta par terre. Ça semblait â </'unc bète.

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