OBSERVATION XII
Il s’agit d’une jeune femme de 24 ans, opérée d’urgence par le Dr F. Leclerc, pour une plaie de l’aisselle par coup de fusil de chasse au cours d’une tentative de suicide. La blessée se présentait avec une large plaie, exsangue, au milieu de laquelle se trouvait le paquet vasculo-nerveux en partie détruit. L'intervention immédiate montrait à la partie inférieure du creux axillaire, l’artère sectionnée ne saignant pas, la veine !égèrement suintante et le nerf médian coupé. Résection de l’artère, ligature de la veine, nettoyage et pansage de la plaie qu’on laisse largement ouverte. Le lendemain, le membre est chaud,
la coloration normale, la main est œdématiée, le pouls absent et la malade présente des signes évidents d’une paralysie du médian. En quelques jours, s'installent des douleurs très vives, brûlures dans la paume de la main et dans le pouce, sensation de striction, douleurs qui augmentent chaque jour, deviennent de plus en plus pénibles, remontent peu à peu vers l’avant-bras et le coude. Les oscillations sont réduites par rapport à l’autre côté, mais existent néanmoins très nettement.
La plaie se cicatrise régulièrement, mais les souffrances deviennent tellement vives que deux mois environ après la blessure, sans faire d'infiltration préalable, on décide une résection du ganglion étoilé.
Docteur F. Leclerc : Stellectomie sous anesthésie locale + Avertine, dans de bonnes conditions; cependant, le ganglion intermédiaire est énorme, et l’étoilé très petit, très difficile à enlever complètement et correctement.
Le résultat immédiat est très satisfaisant; mais, au bout de 15 jours, les douleurs réapparaissent, quoique moins vives et moins pénibles à supporter. La malade qui ne dormait plus a, depuis, des nuits normales. Mais le résultat n’est pas excellent. On se décide à faire une greffe du médian. Sous anesthésie générale, on retrouve assez difficilement les deux extrémités du nerf dans du tissu sclérosé et infecté.
Malgré la suppuration de la plaie, le résultat obtenu est satisfaisant; les douleurs de la paume de la main, de Pavant-bras et du coude ont presque totalement disparu. La malade se plaint encore un peu de la face palmaire du pouce.
Mais le résultat est beaucoup trop récent (2 mois) pour qu’on puisse dire qu’il soit définitif.