‹ Les Moineaux francsChapitre 15 sur 56 · LE VI KIX MAÇON · texte numérisé non relu

LE VI KIX MAÇON

Une larme roulait sur sa moustache blanche... Sitôt qu'il ue vit plus le pauvre enterrement,

Il s'essuya les yeux d'un revers de sa manche El se mit à gâcher son plâtre, rudement.

Moi, je reprends mon livre ouvert, mais, sur la page Mes yeux, l'esprit absent, errent irrésolus : ■l'en [ends le vieux maçon sur son échafaudage... Il travaille toujours, mais il ne chante plus.

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NOCES PARISIENNES

i i Bois, traînés par leurs deux rosse: ^ A Conduits par des cochers loustics. Parmi les équipages « chics », Fassent les landaus pleins de no< es.

Des messieurs en habits bon teint Qu'od sent achetés de la veille, Fument, le chapeau sur l'oreille, Fn cigare cenl fois éteint.

NOCES PARISIENNES

Ils s'empilent d^n^ les voitures, Un sur le siège et six dedans.

Et lancent des regards ardents Sur le bataillon des « impures ».

En toilettes très comme il faut, Les dames, pins rouges que braise.

Ont dénoué, pour être à l'aise.

Leurs brilles... qui leur tenaient chaud.

Dans le landau qui marche en tête Les époux, la main dans la main, Savourent l'orgueil surhumain De se sentir rois de la fête,

Et sous le croisement brutal Des regards, ainsi qu'au théâtre.

Prennent un air ou trop folâtre Ou bêtement sentimental.

NOCES PARISIENNES

El c'est la même promenade Pour tous, sans nulle exception :

Jardin d'Acclimatation Et visite de la Cascade.

Voyez-les à la queue-leu-leu Sur le rocher de carton-pierre, Regardant, en pleine lumière, La plaine verte eL le ciel bleu,

Et, sous la chule d'eau striée Par le soleil, jupons troussés, Parmi les lazzis insensés Voyez sauter la mariée !

Daignez l'admirer maintenant Dans le jardin zoologique, Comme la Cléopàtre antique Sur l'éléphant se pavanant !

NOCES PARISIENNES

Dans la noirceur du pachyderme

Sa robe met un gros point blanc :

Kl le garçon d'honneur galant

Crie : « Hé! là-haut! Tenons-nous ferme!

Le soir toute la noce ira Dans un restaurant à prix fixe , Absorber un dîner prolixe, Café, liqueurs, et caetera...

Puis un bout de bal s'organise Dehors, aux Jardins cl Bosquets..

Et les messieurs, ronds et coquets, Y dansent en bras de chemise.

Ne rions pas trop, voyez-vous, De ces humbles qu'un rien amuse :

La gaieté souvent se refuse A des sceptiques tels que nous.

NOCES PARISIENNES. 3'J

Quand à Paris tout les altache, De peu leur désir est charmé :

Qu'importe un horizon fermé Quand on ignore ce qu'il cache?

Pour eux qui n'ont point visité La Suisse coquette ou sauvage, Cette cascade-enfantillage A de faux airs d'immensité.

Sur ces rochers-miniature S'asseyant à califourchon, Ils pensent, comme Perrichon.

Admirer la belle nature.

Cet éléphant dégénéré, Affublé d'un harnais grotesque.

Est pour eux le roi gigantesque D'un pays toujours ignoré,

m NOCES PARISIENNES.

EL le soir, au son du trombone, Le pauvre bosquet poussiéreux, Sous le gaz trouble, vaut pour eux Tous les jardins de Babylone !

Leur vif esprit faubourien, Plein du souvenir des féeries, Se crée aux moindres rêveries Un vrai royaume aérien;

Un beau royaume fait d'albâtre, D'émeraudes et de saphirs, Où des figurants grands vizirs Coudoient des reines de théâtre;

Un royaume où les fruits nouveaux Pendent aux arbres par centaines ; Où les soldats — tous capitaines ! - Défilent parmi les bravos;

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