Ejnst. IV, 12 et 24, ad Germanos
2. Papa mitissimus, dit en parlant de Grégoire VII Hugues de Flavigny (p. 230), et Mabillon, le doux et sage Wabillon, professe la même opinion : Ad commiserationem et indulgentiam propensior erat : quod forte non facile sibi persuadere plerique patientur, quos ejus facta in Ilenricum IV in contrariam abduxere sententiam. At quisquis cjus epistolas et acta illius temporis attente perlcgcrit, liaud x^re id quod dico intelliget. Annal. Bened. T. V, 1. G5, n. 55. A l'appui du jugement de Mabillon, nous citerons les epîtres suivantes : 1,10; m, 10; lY, 5, 12; Y, 13,17; VI, 4; IX, 3 et 5.
5. L'opinion exprimée par Mabillon sur la mansuétude et la douceur de Grégoire VII est celle de la plupart des écrivains impartiaux du moyen âge et des historiens sérieux des temps modernes. Le pape Nicolas, dont Hildebrand était le premier ministre, qualifiait ainsi ce dernier dans ses diplômes officiels : Uumilis Hildebrandus. Mansi, Conc. XIX.
4. Quam vero non prœceps, aut levis, imo vero modestus in danda in eum excommunicationis sententia, etc. Geriioh. Reicheusperg., De slalu Ecclcsiœ, c. 13.
5. Quia vero subjectorum olfcndicula aliquoties prudenter dissi-
donnait à l'cNÙque de Prague, en lui reprochant d'abuser du droit d'excommunication : « Rien, lui « écrivait-il, de plus dangereux que d'excommunier « un homme qui n'est pas canoniquement coupable « et n'a point été jugé régulièrement, car, comme (( le dit saint Grégoire le Grand, celui qui lie des « innocents, souille de ses propres mains son pou- « voir de lier et de délier. G'est pourquoi nous te « recommandons de ne jamais brandir téméraire- « ment, sans réflexion, le glaive de l'anathème, « mais, au contraire, de soumettre, avec un soin t( scrupuleux, la cause de chaque prévenu à un « examen préalable \ »
Bien loin d'abuser lui-même de l'excommunication, comme on le lui a tant de fois reproché, c'était lui, au contraire, qui, vaincu par la miséricorde, adoucissait, autant qu'il était possible, les terribles conséquences de cette pénalité, en autorisant les femmes, les enfants, les domestiques des excommuniés et tous ceux qui les voulaient soulager, à
mulanda, aliquoties autem... toleranda sunt... Dominus Apostolicus pradens dissimulalor el lolerator, multoiuiii episcoporum et presbyterorum... Ilaerelicas pravilates... in tcmpus oppurtunwn diiudicund'd multuiu sollicitus distulerat. Beutuold., ann. 1078, ap. Peutz, V, 309. 1. ...Cum tuos absque canonica culpa cl legali judicio excommunicas, quod tiLi maxime peiiculosum est, quoniam, siciit B. Gregorius dicil, qui insontes ligat, sibi ipsi potestatem ligandi atque solvendi coriumpit. Unde te admonemus, ut anathematis gladium nujnquam subito neque temerc in aliquem vibrare prœsumas, sed culpam uniuscujusque diligenli prius examinatione discutias. Ep. II, C, ann. 1074.
communiquer avec eux^ C'était dans le même esprit qu'il enjoignait à son principal légat en France, à Hugues, évêque de Die, de chercher à ramener Guillaume le Conquérant, et de le gagner à Dieu et à saint Pierre par la douceur et la raison, plutôt que par la rigueur de la justice'; c'est dans le même esprit qu'il recommandait aux moines du Mont-Cassin, dans leurs prières quotidiennes pour l'Église et son chef, de ne pas oublier d'intercéder pour les ennemis de cette Église, et surtout pour le prince Jordan de Capoue, qui avait profané et dépouillé leur sanctuaire, et cela, disait-il, afin que Dieu pût convertir le spoliateur dès cette vie, et lui accorder la vie éternelle ^
Aussi, dans ses mesures répressives contre l'empereur Henri et les schismatiques, voit-on toujours le pontife suivre une lente et solennelle gradation,
1. Si quis excommunicatus non pro sustentatione superbiae, sed liumanitalis causa aliquid dare voluerit, fieri non prohibemus. Co- LETTi, conc. T. XII, p. 616. Annal. Saxon., an. 1078.
2. Yidetur enim nobis multo melius atque facilius lenitatis dulcedine ac rationis ostensione quam austeritate vel rigore justitiœ illum Deo lucrari, et ad pcrpetuum B. Pétri amorem posse provocari. Ep. IX, 8.
3. ...Yolumus atque rogamus caritatem vestram, ut nostri memores, pro nobis preces fundatis ad Dominum, pro statu quoque sancti Uomanaî Ecclesise Rectori rerum quotidie suplicetis, necnon tam pro amicis, quam etiam pro inimicis dilectionis affectu omnipolcntem Dominum deprecari sedulo mcmineritis, et studctis, necnon et pro illo, qui tam sanctissimum locum toto mundo famoso violavit, preces effundite, utDeus det illi cor pœnitens, et sic eum ad se convertat, ut in hac vita et futura mercatur gratiam Dei obtinere. Lettre inédite
sans jamais céder à la provocation ou à rempirc des circonstances. Dans les commencements de son pontificat, il y eut des hommes zélés pour le bien qui lui reprochèrent sa trop grande douceur '. Et, en effet, dès son élection, il avait indiqué lesconditions possibles d'une union entre le futur empereur et lui'; et, tout en déclarant qu'il résisterait jusqu'au sang pour le salut de leurs deux âmes, plutôt que de les perdre toutes deux en consentant à l'iniquité % il avait proclamé toute l'importance de l'accord
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entre le sacerdoce et 1 empire . Il y a plus : il avait désirait
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écrit à Henri IV dans les termes les plus affectueux, raccord
du sacerdoce
pour le féliciter de ses premières démarches con- et de l'empire
jusqu'à ces derniers temps et publiée par Tosti, Storia del monte Caasino, 1. 1, p. 428. — Nous citerons encore, en preuve de la disposition charitable de Grégoire, le trait que nous a conservé Hugues de Flavigny sur la compassion témoignée par le pape, au sujet d'un moine de la suite de Jaranton, qui fut assassiné pendant le voyage de Rome à Salerne en 1084. Ce moine s'était toujours fait remarquer par son opposition à la cause pontificale; mais quand Grégoire vit le corps sanglant de la victime et la douleur de son abbé, il se dépouilla de sa propre chape pour en couviir le cadavre et voulut chanter lui-mùme la messe pour le défunt. Hug. Flav., 230.