Mapparius. Act. SS. 0. B., t. Il, p
3. Ex Noviomagensium iiicolarum nobilissiinis parentibus processif.. Parentes cjus régi Francorum magno cum honore militatnrumcommcndavcrunt... Militarom habitumsuscepit... Principem pinccrnarum. Act. SS. 0. B., t. III, p. 506.
4. Clarus ortus natalibus antiquam nobilitatis lineain reddidit fui gore meritorum splendidam. Ib'uL, t. III, p. 585.
douce luimililé du cloître. L'Auvergne garde en- caimine, comte
, -11 • X • • d'Auvergne,
core le souvenir de deux puissants seigneurs qui et le
^. ,. ,, , io*,T» A. leude Uomaric.
conlnnuerent a introduire 1 ordre de ibainl-Denoit sur ses monlagnes : c'est d'abord Caimine, comte de celte province et aussi d'une partie de l'Aquitaine, renommé dans l'histoire par sa nombreuse clientèle de jeunes patriciens, par ses immenses richesses et ses vastes domaines remplis de villes et de châteaux^; c'est ensuite Bonnet, issu de race romaine, qui, après avoir été échanson et référendaire du roi Sigebert% devint gouverneur de Marseille et évêque de Clermont : tous les deux renoncèrent à toutes les grandeurs pour embrasser la vie monastique.
Les montagnes des Vosges durent une de leurs principales gloires au noble Romaric, leude opulent et distingué des rois Théodebert II et Clotaire II "'. Sous son habit laïque, ce seigneur pratiquait déjà
1. Apud Arvernam urbem floret et prœest vir chrislianissimus dux inclytus Calmilius nomine, cujus suberat ditioni Aquitaiii» pars non minima, iiobiliumque innnmerosa tironum clienlela, oppida, rura, castella, caîlerarumque rerum copiosa aflluentia, cum etiam suffultus dogmate lilterali nullo carebat negotio mercuriali. Vit. S. Theofr. Calmd. abbaf., in Act. SS. 0. B., t. III, p. 450.
2. E senatu dumtaxat romano, nobili prosapia... Aiinulo ex manu régis acceplo, referendarii officium adeplus. Act. SS. 0. B., t. III, p. 79. — 11 faL moine à Maiilieu, et mourut en 709.
ô. Nobilis in palatio... clarissimis parenlibus procreatus... in Lotharii régis palatio cum ceteris electus. Vit. S. Romarici, aucl. inouacho siib}>ari, in Acr. SS. 0. B., t. 11, p. 309. Qui priinus inter nobiles fuerat apud Theodcbertum liabitus. Vit. S. Eustanii, aiicf. coœvo; ihifl., p. \\2.
toutes sortes de vertus, lorsque Dieu voulut, au dire du narrateur contemporain, récompenser son chevalier de la valeur qu'il déployait dans les combats du siècle, et le conduire aux champs de la céleste Le moine Amnt lumière\ Amat, moine de Luxeuil, et lui aussi de
à Luxeuil -
noble race romaine % étant venu prêcher en Austrasie, Romaric le reçut à sa table, et, pendant le repas, l'interrogea sur le meilleur moyen de faire son salut: «Regarde,» lui répondit le moine, « ce plat d'argent; combien n'a-t-il pas eu déjà « de maîtres, ou plutôt d'esclaves, et combien n'en « aura-t-il pas encore^? Et toi, bon gré, mal gré, « tu en es le serf, puisque tu ne le possèdes que pour « le conserver. Mais il t'en sera demandé compte, « car il est écrit : Votre or et votre argent se rouil- « 1er ont, et cette rouille portera témoignage contre a vous\ Je m'étonne qu'un homme de grande « naissance, très-riche, très-intelligent, comme toi",
1. Ineffabilis Deus videns militem suum sub lenebrosis hujus sseculi bellis fortiter belligerantem, voluit illurn ad lucidos producere campos. Ibid., p. 399.
2. Nobilibus natus parentibus ex romana oriundus stirpe , in suburbio Gratianopolitanaî civitatis. IbUL, p. 121.
3. Cumque jam mensa posita esset, cœpit inter epulas flagitare... Ceruis hune discum argeiileum ; quantos isle dudura servos habuit, qnantosque deinccps babiturus est. Et tu, velis, nolis, nunc servus suus es... IbitL, p. 125.
4. Aurum et argentum vestrum œruginavit, et arugo eoruni in tcstimonium vobis erit. Jac, v. 3.
5. Ausculta paululum, vir bone : cuin sis nobilitate parenluni cxcelsus, divitiis inclytus, ingenioque sagas, miror si non iiosti, etc. Ibid.
« ne se souvienne pas de la réponse du Seigneur à « celui qui lui demandait comment il pourrait parte venir à la vie éternelle : Si tu veux être parfait^ « va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres, « et suis moi : tu auras ton trésor au ciel^. » A partir de ce moment, Romaric fut vaincu par l'amour de Dieu et par le désir du ciel. Il distribua aux pauvres toutes ses terres, à l'exception d'un seul grand domaine, rendit la liberté à une foule de serfs des deux sexes, et se rendit à Luxeuil, pour s'y faire moine. Lorsqu'il se présenta à l'abbé afin qu'on lui coupât les cheveux, selon le rit d'admission dans l'Ordre, plusieurs des domestiques qui naguère étaient à son service, et qu'il avait affranchis, tendirent en même temps que lui leurs lètes aux ciseaux monastiques. Romaric se plut à reconnaître ces anciens serviteurs non-seulement 'omme confrères, mais même, parfois, comme ^ipérieurs, car il recherchait, dans le monastère, h> occupations les plus basses; et surpassait tous le. frères par son assiduité à cultiver les jardins, tou en apprenant par cœur le Psautier ^
Vrs la fin de sa vie, Romaric consacra le do-
1. M.'TH., XIX, 21. Ce récit a déjà paru ; mais il ne nous appartenait patde le supprimer ici. Voir les explications données à ce sujet dai l'avant-propos.
2. Illosienique servulos quos dudum ministres liabuerat, socios sibi detontns plerosque adjunxit; et effectus est illorum subditus, quorum pr\s dominus prœpotens fuerat... Ut quidquid despicabile in monasterio <:( ndum esset, ip.se adsumerct. VU. S. Romarici, p. iO!>.
56 L'EGLISE ET LA Ff:01)ALITÉ.
maine qu'il s'était réservé à la fondation d'une abbaye de filles, dont il confia le gouvernement à Amat, le saint moine qui l'avait converti ; il en devint lui-même le second abbé, et cette maison s'appela, d'après lui, Remiremont^ Elle est devenue depuis un des chapitres nobles les plus célèbres de l'Europe, et autour d'elle s'est formée la ville actuelle de Remiremont.
Si nous ne craignions d'étendre ces recherches beaucoup trop au delà des limites de la France mérovingienne, nous trouverions des exemples analogues dans tous les pays chrétiens : ainsi trois jeunes patriciens de Bénévent, partis de leur ville natale avec leur pompeux cortège ordinaire % renvoient subitement leurs équipages, échangent leurs riches habits contre les haillons de trois mendiants rencontrés sur le chemin, et poursuivent à pied leur route jusqu'à Rome. De là, après avoir retrempé leur courage au tombeau des Saints Ape très, ils s'en vont se faire moines à Farfa, poir devenir, dans la suile, les fondateurs et les tras
1. Romarici-Mons. Le domaine s'appelait Habend, et l'abbaô de Remiremont porte, dans les monuments primitifs, le nom de i)*nasterium abendcnse. Cette fondation eut lieu vers 620 , et Rmaric mourut en 653.
2. Très ex nobili génère orti , jure consanguinitatis piï>inqui, Paldo, Taso et Tato... Sicuti nobiles decct, oneralis anima^us stipendiis, prseparatis ad sedendum equis, famulorum fulli ûsequiit>, jîressus ad ambulandum movcnt. S. Autphuti, VU. S. Paldifs, etc., in AcT., SS. 0. B., t. 111, p. 403. Cum essent divitcs et p-entes. Leo Marsic, C/irou. Cnsxi».. i, \.
preiiircrs abbés de Saint-Yincent sur le Vulturne\ Chez les Anglo-Saxons, où les rois eux-mêmes se faisaient moines, les nobles, qui partageaient avec eux raulorité souveraine, leur disputaient l'honneur de peupler les cloîtres. Les exemples abondent : c'est d'abord, nous l'avons dit plus haut, Owim, l'un des premiers seigneurs des Est-Angles, abandonnant ses charges, ses biens, ses proches, et se présentant dans un monastère, avec une cognée de bûcheron à la main, pour indiquer qu'il y vient travailler en qualité d'ouvrier^ ; c'est le riche et illustre Benoît Biscop, fondateur de Wearmouth, c'est son cousin Esterwine, qui , confondu avec les moines les plus humbles, se complaisait à battre le blé, à traire les brebis et les vaches, à travailler au four et à la cuisine, à forger le fer, à jardiner, à conduire la charrue, en un mot, à se livrer aux plus rudes travaux des champs \
1. Saint-Vincent sur le Vulturne est à 12 milles du Mont-Cassin, et fut fondé en 705, Peu après, on voit Walfroi, palricien de Pise, père de cinq enfants, quitter le monde, d'accord avec sa femme, et devenir abbé de Palazzuolo, en Toscane : « Ssecularis et Magnus in vita... mutuo inter se sua cum conjiige quœrere cœperunt, ut istud triste desererent sœculum, » Act. SS. 0. B., t. IV, p. 178, ad aim. 765.
2. Monachus magni meriti... primus ministrorum domus ejus... Relictis omnibus quîe liabebat, simpiici tantum liabitu indutus et securim atqne asciam in manu ferens, veniret, atque ad laborem se monasterium intrare signabat... Quominus sufliciebat méditation! scripturarum, eo amplius operi manuum studium impendibat. Bed., Ilisl. EccL, IV, 5.
5 Minister Ecfridi régis, relictis semel ncgoiiis saîcularibus,
dcpositis armis... mansit liumilis fratrumque simillimus aliorum ut
Pendant ton le l'époque carlovingienne, le «même esprit domina la noblesse dont se composaient les armées de Pépin, de Charlemagne et des princes de même race. On sait que le frère dePepin, Carloman, donna l'exemple du sacrifice des grandeurs et des richesses, en devenant religieux au Mont-Gassin, où il n'avait pas voulu se faire connaître. L'histoire atteste que cet esprit d'humilité trouva des imitateurs parmi les plus illustres seigneurs de la cour de Charlemagne, tels que Guillaume uu Court Nez^ saint Benoît d'Aniane, saint Barnard, Angilbert, Oger le Danois. On pourrait citer bien d'autres Les comtes Homs éclatants. Ainsi le riche et noble comte Ro-
Rodin, Auroc ,. , . ^ k ^ ^ i i' i i
et dm, ne dans les Ardennes, père de 1 abbesse sainte
Amalberge, aussi distingué par son courage à la guerre que par son zèle pour la bonne administration des intérêts publics, abandonne la haute position qu'il occupe auprès de Garloman, roi d'Austrasie et frère de Gharlemagne, pour aller prendre l'habit monastique au mont Soracte, après avoir fait de son immense patrimoine deux parts, Tune pour les églises et les monastères, l'autre pour les pauvres*. Ainsi le comte Unroc, qui avait négo-
ventilare ciim eis et triturare, ovcs vitulosque nmlgcre, in pistrinc, in liorto, in coquina... Ubi opérantes tVatres invenit, solebat eis in opère conjunyi; vel aratri gressum stiva regendo, vel lerrum malleo domando..., crat cnim viribus fortis..., aainio hilaris, honestus aspectu, etc. Bed., VU. D. B. abbat., p. 572, éd. Giles.
1. Cum adininistrationem rerum publicarum inler primos ut nobilissimus gereret... sub obtentu militicc... inclylus Christi inile.<;
Badilon.
cié, en 81 1, la paix entre Charlcmagneelllcniming, le chef dos Danois, embrasse la vie religieuse à Tabbaye de SainL-Bertin^ Ainsi, sous l'empereur l.olhaire F', un comte italien, Rotgaire, devient moine à Saint-Faron-lez-Meaux, pour accomplir le vœu fait un jour que, renverse de cheval, dans un combat entre les Francs et les Bulgares, il avait failli périr sous le fer de l'ennemi". Ainsi, sous Charles le Chauve, le comte Badilon, l'un des plus riches seigneurs de l'Aquitaine, non content d'avoir consacré une grande partie de son patrimoine à restaurer le monastère de Saint-Martin d'Autun, se décide à y entrer lui-même pour effacer les souillures de son âme, et ne tarde pas à y devenir ce que les écrivains des temps féodaux appelaient i//i parfait chevalier du Christ", Ainsi,
Hodinus... patrimonia sua quibus in rcgno Francorum clarissimus ac ditissimus, utpote regum sanguis, poUebat, saciis locis... partini contradidit , partim pro commutandis pauperum refrigeriis distribuit. Vit. S. Amalbergœ, c. G et 24, in Act. SS. 0. B., t. IV, p. 220.
1. JoANN. Impcrils, c. 15, in Act. SS. 0. B., t. IV, p. 221, ad ann. 772.
2. Italica regio cum plurimos comités ex primoiibus Magnatorum JLixta regalem potestatem... olim possedisset, specialius unum novinius... De equo fidenti circumseptione rcsisteiitiiun corruere compulit... cumque telis aculcatis loricam reluctantcm, etc. Hildegarii, de Reb. gesl. S. Faron., c. 119, ap. Act. SS. 0. B., t. Y, p. 027.
3. Cornes quidam, Badilo nomine, vcniens ex Aquitani<c partibus; vir licet in seculari vila positus, correctis tamen et religiosis moribus et conversalione sacris viris post omnia cousimilis. Exstiterat cnim opum gratia opulentissimus. Cœpit postmodum de propiia salute acrius soUicitus esse, qualiter sœculi hujus ambitiones et illecebias postpoiieret, semetquc in monaslcrio tonsoraro et monacliiim fo. e disposait. .. quem etiam Vener. Hugo... perfociissimuiu Cliri>li
<i(» L'ÉGLISE ET LA FÉODALITÉ,
enfin, le comte Rasto, ou Rathier, fils du comte de Uiessen, après avoir commandé avec éclat les armées bavaroises contre les Hongrois, fonde l'abbaye de Graffratli, où il meurt sous le froc bénédictin en 954.
Au dixième siècle, à cette époque méconnue, où tous les grands peuples de l'Europe assirent les fondements de leur existence nationale, où s'enracina en France, en Allemagne, en Angleterre, en Espagne, l'organisation sociale qui devait durer jusqu'à la renaissance du paganisme, on vit la noblesse féodale, qui, après l'Eglise, était l'âme de cette puissante organisation, fournir les mêmes exemples d'abnégation et de pénitence que dans les temps antérieurs. Sans doute il s'accomplissait peu de sacrifices aussi éclatants que celui d'un Turketull, chancelier d'Angleterre, abdiquant le gouvernement d'un vaste royaume pour se faire moine parmi les ruines de l'abbaye de Croyland* ; mais, dans tous les royaumes chrétiens, se rencontraieni d'admirables religieux sortis des rangs de la haute aristocratie pour se rapprocher de Dieu dans la solitude, et pour se consacrer, sans réserve, à la restauration générale de l'Ordre Monastique qu'avaient si cruellement atteint les ravages des Sarrasins, des Danois, des Normands et des Hongrois.
niilitem reddidit. Vit. S. Uug. A^jhtcns., c. 7 et 10. in Vct. SS. 0. B.^ l. VII, ad ami. 950.