‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 3)Chapitre 185 sur 267 · Eadmeb, Ilist. JVovor., p · texte numérisé non relu

Eadmeb, Ilist. JVovor., p

2. Ubi ctiam vix aliquas, aut certe nuUum de magnatibiis abessc YOlunt. Chron. Urspcrg., 1. c.

3. Multi de principibus sine Isetitia interfuerunt. Chron. S. Pctr. Erf., p. 207, ap. Raumkr.

4. Nudis pedibus, sago indutus, coram omnibus.... Ott. Frising., Chron., 1. vu, c. 15. — Aucun des liistoriens qui trouvent si atroce l'humiliation volontaire de Henri IV, à Canossa, devant celui qu'il croyait Vicaire de Dieu, ne s'élève contre cet abaissement du plus puissant prince de l'empire devant la puissance temporelle.

5. Qui se putabat bcne in gratia impcratoris esse. Chron. Vrapcrg.t 1. c.

6. Qufc res mullos principum contra imperatorem exacuit. Ibid. — Tantum usquc ad id tcmporis timor principes invaserat, ut nullus rebcllare audcat. Otto Fiusing.,!. c.

LES PRÉDÉCESSEURS DE CALIXTE II. 495 valait l'appui de rAngloterre et de la Normandie; tous ceux qui avaient osé lui résister expiaient leur hardiesse dans ses cachots, ou tremblaient, vaincus, devant lui. Muni du droit d'investiture, il disposait à son gré des diocèses et des abbayes ; la puissance séculière et ecclésiastique était, on le peut dire, à ses pieds. Mais ce moment de splendeur suprême fut l'aurore de son déclin et de sa chute.

Les princes comprirent qu'il y allait du sort môme de la constitution germanique et féodale. Ils comprirent aussi, comme l'avaient déjà fait leurs pères sous Henri IV, à quel point la cause de l'Église était inséparable de la leur. 11 était évident, en effet, qu'Henri V, en triomphant de la résistance du saint-siége au droit d'investiture qu'il s'arrogeait, avait détruit la garantie la plus solide de leur indépendance. Au lieu de princes ecclésiastiques indépendants par l'élection, comme les laïques l'étaient par l'hérédité, il n'y aurait eu bientôt plus, dans les évèchés et les métropoles, que des créatures de l'empereur, des instruments de sa royauté prépondérante. Au lieu d'un roi élu d'abord par l'assemblée des princes, selon le droit immémorial de la nation, puis confirmé et sacré par l'Eglise, qui devait préalablement recevoir les serments du souverain; au lieu d'un chef responsable, envers l'Eglise et envers la noblesse, de l'ordre, de l'honneur du pays et de la paix des fidèles, l'Allemagne et tout ce qui relevait de l'empire était menacé de

Insurrection

contre

l'empereur

Henri.

Victoire

des confédérés.

subir la domination d'un César de l'ancienne Rome ou de la Byzance dégénérée, qui foulerait aux pieds les libertés de la noblesse et confisquerait à son profit la puissance morale et les richesses de l'Eglise. Un despotisme païen allait remplacer l'autorité chrétienne, tempérée, partagée, limitée : voilà ce qu'avait produit l'orgueilleux triomphe de Henri à Mayence, voilà ce qui, tôt ou tard, devait identifier encore la cause de l'Eglise avec celle de la constitution germanique, avec celle de l'indépendance des seigneurs; et cette union, qui garantissait la victoire aux confédérés, devait durer jusqu'à l'issue de la lutte^

Le soulèvement dont le plan se combinait à Mayence^ fut aussi général que formidable. Les Saxons, qu'on est habitué à voir se jeter les premiers, comme du temps de Grégoire YII, dans la lutte en faveur des vieilles libertés contre le despotisme impérial, furent devancés, cette fois, par les princes de la Lorraine, de la Westphalie et des bords du bas Rhin. Cologne, la ville la plus puis-

1. Gervais, dans son Illsloire de Henri V (5« et i^ scct., pp. 125 et 153-155), a parfaitement démontré la légitimité de la cause des princes et les motifs qui les amenèrent à reconnaître la nécessité de s'allier avec l'Église. Dans ses excellentes réflexions sur l'essence de la constitution germanique, il pulvérise la prétention de ceux qui cherclient à y trouver l'origine des monarchies modernes avec leur bureaucratie.

2. Verum in hac curia quo pêne omnes principes regni confluxerant conspiraliones fiunt, ac ex Lune non solum occulto cousilio, sed et publica contra euni machhiameiita disponunlur. Ott. 1m;isi.ng., l. c.

sanle de l'empire, se joignit à eux, et son archevêque, Frédéric, se plaça à la tête de l'insurrection. Henri, surpris, furieux, voulut d'abord assiéger Cologne; il échoua, et, avant la fin de celte année 1114, commencée au sein de tant de splendeur, il fut deux fois battu complètement par les confédérés, près de Bonn et près d'Andernach. Vaincu de la sorte sur le Rhin, l'empereur se retourna contre la Saxe, et voulut la réduire au cœur de l'hiver. Mais là, une déroute plus honteuse encore l'attendait. On en vint aux mains dans les bois de Welfesholz^ prèsd'Eisleben, et on y combattit tout un jour; les insurgés, commandés par le duc Lothaire, quoique moins nombreux de moitié que les impériaux, remportèrent une victoire complète. Roger de Mansfeld, à qui Henri avait promis le duché de Lothaire, y périt, et l'empereur s'enfuit jusqu'en Bavière ^ Les Saxons vainqueurs élevèrent une chapelle sur le champ de bataille où ils venaient d'anéantir les germes du despotisme autocratique% et ils y placèrent la statue d'un guerrier armé à la façon de leurs aïeux, dont ils maintenaient si, glorieusement les franchises*. Et, ce qui détermina le nouveau caractère religieux de la

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