CHAPITRE XIII
Le triomphe du pouvoir spirituel.
Concile d'Aiigoult'mc. — Conciles à Dijon, Langres, Tournas, où le peuple afflue. — Les moines reçoivent Gélase II avec une grande libéralité, — Les décrets de plusieurs conciles salués par le peuple avec enthousiasme. — Le pape Gélase à Cluny. — La guerre recommence entre les princes allemands et l'empereur. — Henri V, excommunié de nouveau, retourne en Allemagne. — Mort de Gélase H ; élection de Calixte II. — Confirmation, à Rome, de l'élection de Calixte. — Concile de Toulouse. — Diète générale à Fribourg; allocution de Guillaume de Cliampcaux. — L'empereur s'engage par serment à respecter le traité conclu avec le pape. — L'élection de Calixte II est solennellement reconnue à Tribur. — Concile de Reims (1119), les cinq cents chevaliers d'Adalbert de Mayence. — Harangue du cardinal Conon. — L'empereur à Mouzon. — Calixte II se retire dans un château. — Le pape lance contre l'empereur une excommunication solennelle. — La trêve de Dieu décrétée de nouveau. — Hildegarde, duchesse d'Aquitaine, porte devant le concile les graves sujets de plainte qu'elle avait contre son mari. — Calixte II. médiateur de paix entre le roi de France et celui d'Angleterre. — Le saint-père est reçu avec enthousiasme en Ilalie et à Rome. — Calixte arrache l'antipape Burdin à ses bourreaux.
De Gènes, Gélase dirigea sa marche, comme Tavaienl fait Urbain II et Pascal II, vers ce noble pays de France qui était alors le port où la barque agitée de Saint-Pierre trouvait toujours un asile assuré.
L'état général de ce royaume était alors satisfaisant. En effet, les troubles suscités, dans un petit nombre de villes du Nord, par l'institution des communes, les luttes entreprises par le roi Louis le Tiros contre ses grands vassaux, — luttes où les nouvelles communes, conduites à la bataille par des évoques et des abbés, apportaient à la royauté un secours efficace^; — enfin, la guerre de Louis de France contre le roi d'Angleterre, et sa défaite à Brenneville, malgré le fâcheux retentissement qu'elle avait eu% n'avaient point porté d'atteinte sérieuse à la liberté et à l'action salutaire de l'Eglise. Mais celle-ci pleurait une perte immense, celle d'Yves de Chartres % l'une des lumières du clergé de France, l'ami de Pascal II, et que de nombreuses sympathies unissaient à Gélase. Il avait été suivi de près dans la tombe par son ami et son conseiller fidèle, Robert d'Arbrissel*, le fondateur de Fontevrault, et par Bernard de Tiron '. Ces deux rivaux de sainteté féconde et