Il livra, dit-on, vingt-neuf batailles pendant son règne
2. Prise d'Huesca et de Tudela, en 1114, avec le secours de Rolrou, comte du Perche et d'autres ISormands. Okdeu. Vit., 1. xui. Pagi, Crit. in Ijaiiox., ann. 1114, c. 15.
5. Gelasius, ep. serv. serv. Dei, exercilui Christianorum civitatem Csesaraugustanam obsidenti.... et quoniam et vos ipsos et veslra extremis objicere periculis decrevistis, si quis vestrum, accepta de jieccatis suis pœnitentia, in expcditione liac morluus fuerit, nos cuni SS. meritis et totius Ecclesise catliolicse precibus e suorum vinculis peccatorum absolvimus. Ep. VI, ap. Uaron., et Colett.
4. 10 décembre 1118. — Voir, pour le rapprochement et la fixation des dates, Pagi, CrU. in Baron., ann. 1118, 1. c.
5. Divina favente clementia, vestris precibus et fortium virorum audacia.... Epist. Petr. Cœsaraiig. episcop. encijclica. îbid.
dévouement des Espagnols à ia cause du Christ, (jue le bruit courut, en France, qu'il songeait à franchir lui-même les Pyrénées ^ Mais il n'en fut i.o p^m'^ oéiase
à (lluny.
rien : après avoir convoqué les évéques de rrance et d'Allemagne à un concile qui devait se tenir à Reims, au printemps de Tannée 1119, le saint-père se rendit, par le Puy, Lyon et Màcon, à Cluny, la grande abbaye française, qui, comme le Mont-Cassin en Italie, était considérée comme la forteresse et le refuge naturel de la papauté. Gélase y reçut une hospitalité digne du premier des monastères d'outre-monts, et il y vit affluer les offrandes des prélats et de la plupart des seigneurs principaux du pays". Les deux grands personnages ecclésiastiques du temps, l'archevêque de Vienne et Conon de Palestrine, s'y trouvèrent réunis, l'un mandé par le pape% l'autre accouru spontanément auprès du pontife, bien que, au sein de l'Allemagne comme en France, l'infatigable champion de la cause de l'Eglise eût à soutenir des luttes souvent heureuses, mais toujours acharnées contre un ennemi dont la soumission n'élait jamais qu'apparente.
1. Accepit a quibusdam papam longius discessissc et versus Hispanias ire proposuisse. Eadm., Ilist. nov., 1. v.
2. In quojuxta loci potentiam.... et rcceptus est pariter et bénigne tractatus.... Sed et reges et principes fanquain si Petrum viserint, tam per se, quam per nuntios eum non parvis muneribus sedulo frequcntabant. Pand. Pis., 1. c. — La Chron. Urspcrg. et Fleury parlent d'un concile tenu par Gélase à Vienne; mais Pagi a démontré qu'il n'y en eut pas. Ann. 1119, cl. 2.
ô. Episl. Calixl. in Chron. Urspcrg, ann. 1110.
Le cardinal Conon venait tout récemment de se signaler, dans le pays de Metz, par des prodiges d'habileté, de courage et d'activité. Ce diocèse était, depuis longtemps, opprimé, déshonoré par les violences d'Albéron, parent de l'empereur \ lequel avait fini par usurper l'autorité épiscopale, qu'un courageux archidiacre nommé Albérius osait seul lui disputer. Naturellement, l'intrus finit par triompher, et l'archidiacre, dont la tête avait été mise à prix par l'empereur, dut aller, à travers mille périls, chercher un refuge à Rome. Là, le pape, bien informé, donna Tordre au cai'dinal Conon de retourner, comme légat, au delà des Alpes, pour porter remède à une telle situation. Conon réussit à franchir heureusement les passages alpins, en (rompant la surveillance des satellites impériaux; et, déguisé en écrivain public, il s'en alla, portant suspendus à l'épaule les instruments de cette profession, jusqu'à la cité de Reims^ 11 s'y fit connaître, convoqua un synode et proclama la déposition d'Albéron. Sans perdre un instant, le légat courut ensuite chercher, en un coin désert de la frontière diocésaine, un pieux abbé nommé Théotger, qu'il fit élire évèque. Ce Théotger, qui venait de la Forêt-Noire, avait pour-
1. Impcriali prosapia, sedmoribus longe ignobilis. .1////. Bond., 1. Lxxni, n. 5,
2. Scriptoris assumpto liabitu, cujus artis iustrumeiila ex hiiineris pendcntia gerebal. Ibid.
LES PRÉDÉCESSEURS DE GALIXTE II. bo»
tant une ijinoble origine : il était fils et petit-fils de prêtre, mais renommé par d'éclatantes vertus. Eli vain l'humble prêtre fit-il connaître la tache imprimée à sa naissance, pour éviter l'épiscopat ; Conon usa de ses pleins pouvoirs et força Théotger à accepter, sous peine d'excommunication. Le légat n'admettait pas, on l'a vu plus haut à propos de saint Godefroy d'Amiens, qu'un moine préférât les douceurs de la solitude au fardeau de l'épiscopat : « Nous t'ordonnons, écrivait-il à Théotger, « d'accepter sans aucune résistance la lâche difficile « de gouverner la sainte Eglise de Metz. Dresse-toi « comme un mur devant la maison d'Israël, el « apprête-toi à soutenir l'Eglise du Christ contre la « fureur déchaînée des flots qui la menacent, à « l'exemple de ces vénérables pasteurs des anciens « jours, qui ne craignaient jamais de s'exposer à la c< mort pour défendre l'Eglise de Jésus-Christ \ » Cette affaire terminée % Conon, dont l'énergie ne
1. Commonemus el pnccipimus quatenus injunctum tihi onus.... subire non subterfugias.... et Ecclesiam Christi inter flantcs et immanissima rabie fluctuantes procellas nutantem, etc.... Nougart., Cad. diploni. Aleman., t. II, n. 83.
Par une seconde lettre, Conon redoubla ses menaces, mais il permit à Théotger de garder la direction de son abbaye jubqu'à ce qu'il eût trouvé un successeur convenable.
'2. La nomination de Théotger fut proclamée solennellement au concile de Cologne en mai 1118; mais les impérialistes, maîtres de Metz, lui en fermèrent les portes. Il accompagna Calixto II au concile de Reims, en 1110, puis à Auxcrre et à Cluny, où il rest.» quatre mois et où il mourut en 1120. Tri/h. Chron. Jliisau<j., aim.
faiblissait jamais cf. dont le corps était de fer, alla rejoindre, sur le Rhin, les princes ligués pour la défense de l'Église et de leurs propres libertés. Ceux-ci étaient trop habiles pour n'avoir pas tiré parti du séjour prolongé de rempereur en Italie. D'un autre côté, Frédéric de Hohenslaufen, le neveu et le principal lieulenant de Henri V, n'était pas de force, malgré son grand courage, à lutter avec succès conlre l'alliance formidable des princes séculiers et ecclésiastiques que dirigeaient le duc Lothaire et les deux archevêques Adalbert de Mayence et Frédéric de Cologne. A ces puissants personnages venaient d'ailleurs de s'adjoindre l'archevêque de Magdebourg et Conrad de Saltzbourg, récemment sorti de la retraite où il avait dû se cacher à la suite de sa courageuse protestation contre la captivité du pape, en 1111 \
Malgré tout, cependant, la guerre se poursuivit, '"^aîiimanlr' clc 1116 à 1117, avcc uuc auimosité qui produisit ^* HlJI^lfv^"' d'affreux ravages contre les églises et les monastères \ Le nouveau duc de Franconie, Conrad de Hohenstaufen, le frère du duc Frédéric de Souabe, se signala surtout par les violences dont il usa pour fonder son autorité dans cette province.
i. Voir plus haut.
2. Annal. Sax. 1116-1117. Nous devons renvoyer, pour le délail (les combats et des négociations de ces deux années, au savant ouvrage de Gervais [Histoire de Henri V, 1. 1", sect. V), qui a approfondi et restauré celte époque de l'hisloiro d'Allemagne.
La guerre recommence
En dehors de ces deux princes, ses neveux, Henri V n'avait guère pour partisans déclarés que le comte palatin Godefroy et, parmi les princes laïques, un petit nombre d'évéques S tel qulïartwig de Ratisijonne, lequel mandait à l'empereur, avec une basse servilité, qu'il devait compter sur lui non pas comme sur un évêque, mais comme sur un véritable domeslique\ A la différence des populations indépendantes des petites républiques municipales de rilalie, la bourgeoisie de la plupart des villes, surtout dans la vallée du haut Rhin, de Brde à Mayence, était dévouée à la cause de Henri Y,
1. Gervais, I, p. 228, n° 1, les énumère : le duc Wclf de l^avière paraît être resté neutre pendant cette période de la lutte. Les chapitres de Spire, de Wurtzbourg, de iJamberg étaient en majorité impérialistes : le saint évêque Otton de Bamberg, placé au milieu de la Franconie où dominait le neveu de l'empereur, garda une réserve qui excita le vif mécontentement du primat- Adalbert, qu'il avait sacré, au commencement de l'insurrection. V, Ceci, i'clalr., n°' 284, 285, 286, 289, 290 et 291.
2. Domino suc Romano Imper. Aug. llenrico suus omnimodo D. non episcopale, sed servile obsequium in omnibus. Cod. Vdah .^ n° 280.
Cette initiale B indique l'un des quatre évéques suivants : Burkhard de llalberstadt [\ 11 18) ; Bruno de Spire, vice-chancelier jusqu'en 1110; Bruno de Strasbourg, vice-chancelier de 1117 à 1123; ou enfln Burcard de Bàle, à qui Henri avait livré l'abbaye dePl'el'fen.
D'api es le passage suivant de la lettre : « Ubicunique possum in villis, civitatibus et oppidis fautores vobis adquero, ita ut nuper meo labore et consilio conjuraverint omnes a \Vermatia usque ad Argentinajiî vobis terram illam et omnes homines relincrc atque tueri », on peut croire que ce devait être un évêque de la vallée du Rhin, et on voit quel intérêt les impérialistes attachaient à conquérir des partisans dans les villes.
comme elle l'avait été à celle de son père. Mais, en revanche, la plus grande partie de la noblesse cumbaltaitpour l'Eglise et pour la liberté ^
Sous la direction du duc Lothaire et de l'archevêque Adalbert, qui réussirent à dompter et à contenir les diverses cités, les moines, de leur côté, formaient, comme autrefois, un foyer permanent de résistance contre les césariens. A Limbourg, les religieux virent même leur vie menacée \ Ceux des deux abbayes impériales^ de Lorscli etdeFulda se révoltèrent contre les abbés que l'empereur leur avait imposés malgré d'énergiques protestations*.