Chron. Urspnrj., '119. — Cod. Udalr
3. 26 juillet 1118. Ces dates ont été fixées avec sagacité par Stentzel (t. n, p. 523), qui a rectilié Terreur où étaient tombés Pagi et la plupart des liistoriens, en reportant ces conciles à l'an 1119.
4. Gervais (t. l-', p. 248), croit que ce dernier décrel ne lut pas rendu en effet, mais que le bruit en courut et suffit pour ramener l'empereur. Voici comment s'explique la chronique d'Auersptrg : Alle- I am qwxiur synoduin in FrUeslar eadein pro causa iiidixi/ C/iniio, qua et habita, cadem quant j)riiis cxcommunicalionem cunfirmavit. Impcralor, Jus auditis, insuper etiam quod ptincipum coiisaisus gcneralr vel cu/ l'île colloquium non midlo posl aiud ]Viuii:ihuiq insliluoc
55G LtS PRÉDÉCESSEURS DE CALIXTE II.
A la nouvelle de cette résolution menaçante, Henri comprit qu'il était urgent de renoncer aux manœuvres secondaires qui le retenaient en Italie. Il y laissa donc l'impératrice, avec une armée allemande, et, franchissant les Alpes, il parut à l'improviste sur les bords du Rhin, en novembre 11 18 ^
Immédiatement la guerre recommença avec de nouvelles fureurs.
Le légat Conon n'avait pas attendu l'arrivée de l'empereur pour agir : se transportant, avec la rapidité de la foudre % partout où les besoins de l'Eglise le réclamaient, il était le 5 novembre à Rouen où il trouvait réunis en concile le roi Henri d'Angleterre, l'archevêque de Cantorbéry, avec les évoques et les abbés de Normandie. Le cardinal exposa, avec la vive éloquence qui lui était familière, les tribulations de l'Église, l'usurpation de Rurdin et les indignes persécutions de l'empereur contre Pascal H et contre les catholiques orthodoxes. Il leur annonça la prochaine arrivée du pape légitime en France, et somma l'Eglise de Normandie d'assister
prcposuisset, ubi ipse aut prœscns ad (indientiani exhihcri aut abscns re(/no dcponi. Ann. 1119.
Gcrvais prétend on outre que les princes laïques ligués contre Henri s'étaient détachés d( s prélats, vers cette époque, et qu\m rapprochement s'était opéré entre eux et les chefs du parti impérial ; mais il ne cite aucune preuve de cette double supposition.
1. Efl'eratus animo..,.se niniis insperatus exliibuit. Chron. Ursp., 1. c.
2. Qui instar fulgoris coruscantis abiens et redicns. Baron., ann. 1H8, c. 20.
le ponlife exilé, par des prières el surloul pai' des subsides*. Il ne paraît pas que Henri d'Angleterre, quoique beau-frère de l'empereur, ait cru devoir mettre aucun obstacle à ce qui se préparait contre son gendre. Quant aux autres évoques de France, c'était à qui prêterait son concours au souverain |)ontife. Conon reyut les encouragements du noble llildebert : le saint évêque du Mans l'appelait le représentant du saint-siége « en Orient comme en Occident » ; il Texbortait à persévérer, comme par le passé, dans son intrépidité, à braver tous les dangers, à rester désintéressé au milieu des séductions de toutes sortes, des offres d'argent qui, beureusement, ne pouvaient « ternir l'or pur d'une telle conscience » : « Vous êtes, disait le « grand évêque, de ceux à qui Satan viendra souc( vent dire : Je te damier ai tout ce que tu vois, si « tu te prosternes pour m' adorer ; mais je vous « connais bien, vous êtes aussi de ceux qui ré- « pondent toujours au tentateur : « Retire-toi^ « Satan! retire-toi, Satan! !^)y
llildebert,
évêque du Mans,
félicite
et encourage
Concn de Palestrine.
1. Eloquentissimo sermone utpote latiali fonte a pueritia inebriatus, querimoniam lecit de imperatore.... calholicorum diro persecutore.... de multimodo in Tuscise partibus Ecclesiœ tribulatione.... subsidium peliit orationum magisquepecuniarum. Obder. Vital,!. XII, p. 82G. Voy. pour les dates Pagi, ann. 1118, c. 14.
2. Prîsnestino Episcopo C. card. et summi pontificis par Orientem et Occidentem legato.... Ecclesite negotia quse pariter inter minas intrepidus, et integer inter munera capitis discrimine peregisti.... Persévères, oro, nec patiaris ut illud purissimum conscientiie tute argentum cujuslibetmuneris scoria decoloret. Venturus est SaUianas.... sed
De Rouen, Conon courut rejoindre le pape Gélase à Cluny; mais les deux anciens rivaux n'eurent guère le temps de jouir de leur réunion et de * mettre en commun leur zèle pour la défense de l'Eglise. Le pape rivalisait maintenant de résolution avec Conon et méditait de vastes desseins pour continuer la lutte*; mais, accablé par l'âge, par les infirmités, par les fatigues d'un long voyage, il fut bientôt atteint d'une maladie mortelle ^ Au sein de ce grand monastère de Cluny, qui lui servait d'asile, tout lui rappelait qu'il était moine ^; et il voulut mourir en religieux, étendu par terre, sur la cendre*.
Ce fut autour de ce lit funèbre que le moribond convoqua les cardinaux qui l'avaient accompagné ; il leur désigna pour son successeur le légat Conon qui, depuis la chute de Pascal, dirigeait la
si bene novi te..., etc. Episf. 1Iii,deb., t. II, n. 16, cd. Beaug-end., p. 99. La date de cette lettre est incertaine : l'intitulé pourrait indiquer l'époque où Conon revint d'Orient (en 1114). Nous avons cru pouvoir la placer au moment où Conon se trouvant à Rouen, était le plus rapproché de Ilildcbcrt du Mans.
1. Mulla novis sœculis nova et inaudita proponentem facluium. Eadmer, Ilist. nov., 1. v, p, 95.
2. Subita passione, quam Gra^ci pleuresim vocant. Pandulph. Pisax. op. Baron. 1119.