Vif. S. Norbert, c. 4. ap. Dolland. Ad. SS. Jun., t. I
2. Beaucoup d'autres évêques, clercs et religieux d'autres ordres, fncnt chorus avec ces plaintes, et il en résulta un très-grand bruit dans le concile. Cuin vocifcrationc clamores fcccrviit.... cliiiijuc pcrstrepcntcs, acerba qiiœ riuninaveranl cvomiicrunl, dit Ordéric Vital, qui était moine d'une abbaye soumise à Cluny, et très-gr;ind partisan de l'abbé Pons.
:,9'2 LES PRÉDÉCESSEURS DE CALIXTE 11 maisons il termina en disant : « L'Eglise de Cluny « n'est soumise qu'à la seule Eglise romaine, c'est « un propre du pape.... Parce que nous défendons « vigoureusement ce que les fidèles nous ont donné c( pour l'iimour de Dieu, on nous appelle envahis- « seurs, et nous subissons injustement toutes sortes « d'opprobres. Je n'ai point à m'en occuper beau- « coup. C'est l'affaire du seigneur pape : qu'il dé- « fende son Église, si cela lui convient ^ »
Après unjour d'examen , le cardinal Jean deCréma prononça, au nom de Galixte, le jugement qui rappelait la fondation de Cluny, faite par Gérard de Roussillon, à la condition expresse qu'elle ne relèverait jamais que de Rome, et qui ordonnait, par l'autorité de Dieu, à tous les fils de l'Église de maintenir la grande abbaye en paix, dans son antique liberté et dans toutes ses exemptions et possessions \
Beaucoup d'autres plaintes et contestations furent portées devant le concile et jugées par lui d'après le rapport de quatre évéques français, Gérard d'Angoulême, Hatton de Viviers, Geoffroy de Chartres
1. Modesta voce et tranquilla elocutione querulosos impelitores compressit. Ib/tl.
2. Cluniacensis Ecclesia soli Ronianaj Ecclesi?e subdita est et papa; propria.... Nimia de his ad me sollicitudo non pertinet. Ecclesiam suam dominus papa defendat si vult. Ibid.
3. Romana ouctoritas Clnnidccnsluni privilégia corroborât, cl in virlute Dei otniiibus Ecclcsiœ /iliis inipcral, ne quis, etc. Ibid. Orderic ajoute que plusieurs prélats furent très-mécontents de ce décret, çiianivis aperfe coiifradiccrc jussionibus papœ non andcrenl.
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et Giiillauine de Ciiàloiis, qui passaiciil pour des
niiiiees de la parole ^ La vénérable assemblée fut iiiideyatdo,
diicliessc
surtout attentive et intéressée lorsque Ilildegarde, .lAquiiaim,
duchesse d'Aquitaine et comtesse de Poitiers, s'a- (icvamioconcii^
(1.; «rravos sii.jols
vancant du milieu de l'enceinte, accompao^née de •'•- p'^'^'e
^ . . contre
ses suivantes, y éleva la voix pour se plaindre avec ^on mari. éloquence" de l'infidélité de son mari, le duc Guillaume, qui l'avait abandonnée pour vivre avec Malberge, vicomtesse deChàtellerault. C'était ce même duc d'Aquitaine qui, ayant repentir d'actes de violence contre les prélats du concile de Poitiers, en j 100, était allé expier ses torts à la croisade. Ce saint pèlerinage n'avait point toutefois amené de réforme dans les mœurs du guerrier. Il aimait avec tant de passion cette vicomtesse, qu'il portait toujours attaché à son écu le portrait delà dame, afin de l'avoir toujours présente dans les combats : et, comme le légat Gérard d'Angoulême l'avait excommunié à cause de cet adultère public, se moquant du prélat qui était chauve, il disait : « Vous ramè- « nerez avec le peigne des cheveux sur votre front, c( avant que je quitte mon amie la vicomtesse\ »